Eddie Jones, sélectionneur du Japon, est aussi consultant pour PlanetRugby. Et son point de vue sur le XV de France et Fabien Galthié est très élogieux.
Eddie Jones est d’humeur oenophile, ces jours-ci. Le sélectionneur du Japon, ex-patron de l’Australie et l’Angleterre, continue d’analyser le rugby international sur PlanetRugby. Et il s’est particulièrement arrêté sur ce qu’il décrit comme “la performance de la saison”, à savoir le succès tricolore à Dublin (27-42).
La blessure de Dupont était un incident malheureux
“La France m’a rappelé un verre de millésime de Bordeaux. Une attaque forte en bouche, qui s’améliore au fur et à mesure de la dégustation, et une merveille jusqu’à la dernière goutte.” Dans son analyse, après cette analogie, il rappelle l’impact du forfait de James Lowe, “le jeu au pied le plus long dans le monde et un côté facteur X en attaque” : “sa perte est un coup de massue pour eux, Simon Easterby n’aurait pas pu perdre plus important joueur”. Mais n’appuie pas sur la polémique de la blessure d’Antoine Dupont. “C’était un incident rugbystique malheureux et bien que je comprends l’immense frustration de perdre un grand joueur, que ce soit pour son équipe ou pour le jeu en général, on doit accepter que le rugby est fait de grands joueurs costauds qui se rentrent dedans dans des petits espaces. Les blessures arrivent…”
Je tire mon chapeau à Galthié
Eddie Jones, en observateur avisé, a particulièrement apprécié l’analyse de l’Irlande faite par le staff du XV de France : “La façon dont les Français ont attaqué était une masterclass de coaching. Je dois tirer mon chapeau à Fabien Galthié pour cette précision.” Déjà, il s’agit de composition du banc. Selon le technicien australien, le choix du 7-1 a été fait en raison de la grande profondeur de l’effectif tricolore, et par nécessité de frapper un grand coup une fois que les jambes fatiguaient, dans le deuxième acte. Ça n’a pas manqué, avec un départ canon des Irlandais (comme on peut le voir en Champions Cup avec le Leinster) et une baisse de régime progressive mais indéniable.
Aussi, Eddie Jones a apprécié la stratégie de ces passes au cordeau, souvent courtes, pour exploiter au mieux la puissance des avants français, “un aspect que la défense irlandaise a souvent du mal à gérer”, précise-t-il, nous rappelant les démonstrations de force rochelaises face au Leinster. “Cela permet d’éviter les épaules fortes mais ça demande une grande technique de la part de tous les avants et une vraie confiance collective pour réaliser ça sous pression. Jean-Baptiste Gros fut un homme clé dans cette opération.”
Enfin, la défense française fut la fondation évidente de cette prouesse tricolore. “Les quinze premières minutes étaient un chef-d’oeuvre de précision : la France a réalisé les 38 premiers plaquages de la partie sans en rater aucun […] On a vu à quel point la pression a affecté la performance de Sam Prendergast. Il s’est éloigné de plus en plus des zones de contact. Cela a eu une incidence sur les sorties de camp irlandaises, d’autant plus que James Lowe manquait à l’appel…”