La géothermie pourrait couvrir plus de la moitié des besoins thermiques de l’Ile-de-France

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  1. La question de la dépendance énergétique est d’actualité avec la hausse des prix de l’énergie fin 2021 et le conflit en Ukraine . Une partie de la solution pour se rapprocher d’une certaine indépendance énergétique pourrait se trouver sous les pieds des Franciliens.

    Grâce à sa large nappe d’eau chaude peu profonde dite « du dogger », emprisonnée entre deux couches d’argile, l’Ile-de-France dispose d’une source d’énergie locale et presque entièrement décarbonée, encore insuffisamment exploitée.

    Après un an et demi de travail, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et la Métropole du Grand Paris (MGP), avec l’appui de l’Ademe et en partenariat avec l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), ont identifié les zones favorables au développement de la géothermie pour réchauffer ou refroidir les bâtiments. Le potentiel calorifique du sous-sol dans les 131 communes métropolitaines y est jugé considérable.

    A l’échelle de la métropole, la géothermie pourrait, en théorie, couvrir plus de la moitié de ses besoins en chauffage, eau chaude sanitaire et climatisation, estimés à 50,94 TWh par an.

    Deux techniques seraient sollicitées : les échangeurs verticaux qui s’appuient sur la circulation d’un fluide dans des sondes et les doublets qui exploitent directement les calories des nappes. Aujourd’hui, la Métropole ne compte que 900 installations.

    **Remplacer les chaudières au gaz**

    La géothermie pourrait contribuer à remplacer les chaudières au gaz ou au fioul, tout en donnant la priorité au raccordement aux réseaux de chaleur et à leurs éventuelles extensions.

    « Le taux de couverture par géothermie est d’autant plus faible que la densité de besoin énergétique est élevée comme dans le centre de Paris où il est inférieur à 40 % et même inférieur à 20 % dans les arrondissements centraux du fait du peu de foncier disponible », explique Charles Maragna, ingénieur de recherche au BRGM.

    « Au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre de la ville, ce taux de couverture a tendance à augmenter graduellement passant de 30-50 % dans les communes limitrophes de Paris à plus de 60 % à la périphérie de la métropole », poursuit le chercheur.

    Etant donné le coût élevé des forages, il faut, pour que le projet soit rentable, pouvoir alimenter des milliers de bâtiments via un réseau de chaleur. En pratique ce sont donc les municipalités et les services publics qui exploitent ou projettent la construction d’un tel réseau. Les grandes entreprises s’y mettent aussi lors de la rénovation ou de la construction de leurs sièges. C’est le cas, par exemple du futur siège d’Engie aux portes de La Défense, à la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) dont les travaux ont débuté en 2021 et qui sera livré en 2024.

    **Soutien financier de l’Etat**

    Alimenté par 100 % d’énergies renouvelables pour ses besoins en chaud et en froid, « Le Campus » sera composé d’un mix de géothermie, de panneaux photovoltaïques installés en toiture, de chaudières à biogaz et de stockage électrique.

    « Le coût d’installation de la géothermie est estimé à 3 millions d’euros et permettra de couvrir 39 % des besoins en chaleur et 29 % des besoins de refroidissement », détaille David Allain, directeur des projets chez Engie.

    L’Ademe propose dans le cadre de son fonds chaleur une aide financière au développement des énergies renouvelables. En 2021, 350 millions d’euros ont été engagés au profit de 559 installations sur toute la France. Le budget 2022 du Fonds a été augmenté de 20 millions d’euros pour atteindre 370 millions d’euros.

    Un appel à projets soutenant l’accompagnement des études pour la création et l’extension des réseaux de chaleur et de froid dans les collectivités de moins de 50.000 habitants sera lancé dans les prochains mois par l’agence de l’environnement.

    **Bouygues, pionnier de la géothermie à Guyancourt dans les Yvelines**

    Vingt ans après sa construction en 1988, Bouygues Construction a opéré en 2008 des travaux d’envergure sur son siège Challenger situé à Guyancourt dans les Yvelines. Installation de la géothermie, remplacement de 88 % des façades par une façade double-peau à très haute performance thermique, mise en place de 25.000 m² de panneaux solaires photovoltaïques… 150 millions d’euros ont été investis dans ces travaux qui permettent désormais à Challenger de combler 100 % de ses besoins en énergie par des énergies renouvelables.

    « L’objectif de départ était de diviser par dix la consommation énergétique des bâtiments existants », rappelle Jean-Philippe Buti, directeur Ile-de-France de l’activité conseil et bas carbone chez Elan. L’objectif est largement atteint grâce aux 76 sondes géothermiques construites sur le site. Satisfait de l’expérience, Bouygues Construction utilise désormais la géothermie sur de nombreux sites franciliens comme l’hippodrome de Longchamps à Paris ou pour l’immeuble Be Issy situé au coeur d’Issy-les-Moulineaux.

  2. A voir selon les risques de tremblements de terre, la géothermie c’est très bien mais ça a aussi des inconvénients.

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