AboÉlections municipales à Genève –
Plan-les-Ouates devra continuer à gérer sa croissance
La commune vit un climat politique consensuel. Les nouveaux arrivants (UDC, LJS) espèrent renverser la table.

La Mairie de Plan-les-Ouates doit gérer une croissance démographique rapide.
Georges Cabrera
Plan-les-Ouates est ce bon élève que l’on jalouse et admire à la fois. Grâce à sa dynamique zone industrielle, la commune bénéficie d’une insolente santé financière. Son budget par habitant, avant redistribution par la péréquation, est le troisième plus élevé du canton, derrière Anières et Cologny.
Cette aisance lui permet d’être généreuse avec ses habitants. Elle offre notamment le soutien financier le plus important du canton pour les abonnements TPG. Mais cette richesse est également un atout pour rayonner bien au-delà de ses frontières grâce à ses offres culturelles et sociales.
Politiquement, Plan-les-Ouates bénéficie d’une ambiance apaisée. L’opulence a cet avantage: elle contribue à réduire les divergences politiques en limitant les choix difficiles à arbitrer. Ce qui permet au Conseil administratif de s’afficher uni, chacun voyant ses projets soutenus (ici le développement d’un centre sportif et culturel estimé à 250 millions de francs, là la création d’une pépinière).
Départ de Xavier Magnin
«Le Municipal ressent cette entente», estime Xavier Magnin, maire sur le départ. Résultat: «C’est toujours l’intérêt de la commune qui prévaut, tout le monde veut travailler dans ce sens», poursuit-il.
Son départ pourrait-il redistribuer les cartes au sein de l’Exécutif? L’ancien député n’y croit guère. Il estime avoir raccroché au bon moment et voit son successeur potentiel, Philippe Rochetin (président cantonal du Centre), réussir sans difficulté. Ce dernier assume son ambition. «Nous visons plus que la stabilité. Notre liste commune avec les Vert’libéraux constitue un bloc centriste cohérent capable de largement rassembler», vante-t-il.
Fabienne Monbaron (PLR) et Mario Rodriguez (Les Verts) briguent quant à eux un nouveau mandat. Peu de gens imaginent ces deux magistrats, bien implantés, perdre leurs sièges. Mario Rodriguez défend la dynamique d’entente: «Ce qui m’intéresse, c’est de mener les projets dans la collégialité, c’est ce que j’ai pu vivre jusqu’à présent.» Il est accompagné sur son ticket par Nathalie Ruegger (PS), qui annonce vouloir inscrire «la justice sociale et la transition écologique au cœur des décisions de la commune».
Fabienne Monbaron insiste de son côté sur la force de la continuité. «Nous avons la mémoire de ce qui a été décidé, pour quelles raisons et nous veillerons à ce que ces choix soient mis en œuvre», explique-t-elle.
Une stabilité politique sous pression
Mais cette élection pourrait être animée par l’apparition de deux nouveaux partis dans la commune: Libertés et justice sociale (LJS) avec son candidat à l’Exécutif Nicolas Lenoir, et l’UDC avec Jean-Christophe Delfim. Se disant «proche du terrain» et éloigné des «professionnels de la politique», Nicolas Lenoir insiste sur sa connaissance de la commune et sa volonté de défendre les petites entreprises locales.
L’UDC a durci le ton de la campagne en insistant fortement sur la sécurité, en particulier concernant la délinquance et la politique migratoire. À propos des centres pour requérants, contre lesquels son parti s’est mobilisé, Jean-Christophe Delfim affirme: «Nous serons attentifs à éviter tout débordement sur le voisinage.» Une tonalité offensive qui a surpris certains élus locaux habitués à une campagne plus tranquille.
L’an dernier, les autorités communales avaient justement organisé une séance publique sur les incivilités au quartier du Vélodrome. Le constat, toutefois, avait fait état d’incidents isolés, liés à un groupe restreint de jeunes.
Constante mutation
Si l’arrivée du tram 15 a renforcé les alternatives à la voiture, il ne résout pas la saturation des axes routiers, notamment la route de Saint-Julien. La commune doit gérer sa transformation. Aujourd’hui 11e ville du canton avec 12’180 habitants, Plan-les-Ouates a connu une croissance de 40% en vingt ans, un rythme qui ne ralentira pas.
Après le développement des Sciers, c’est au tour du Rolliet (première étape du vaste projet des Cherpines) de faire apparaître les engins de chantier, là où à terme 1000 nouveaux logements sont attendus. Cette expansion démographique entraîne également une augmentation de deux sièges au Conseil municipal.
De quoi ajouter une inconnue. Lors des précédentes élections, les écologistes avaient réalisé une percée notable, passant de 3 à 6 sièges pour les Verts, tandis que les Vert’libéraux obtenaient deux sièges. À qui le tour?
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