La farce des nems est mystérieuse, est-ce du porc, du poulet, de la crevette, un medley au mille saveurs, péché dans le syphon de la plonge ?
Je ne saurais dire et ne veux pas savoir, j’aime le mystère.
Quand je glisse ma VHS des meilleurs tours de Sylvain Mirouff dans mon magnétoscope, c’est pour m’ébaudir devant la magie, pas pour qu’il m’explique ses trucs.
Un ban-bao s’est perdu dans le plat des rochers coco, hmmm… Le chef est facétieux ou peut-être la clientèle peu urbaine, certainement les deux.
Arrivé au comptoir pour payer, la menue petite asiatique qui ne semble voir la lumière que sous les néons blafards de ce temple de la médiocrité, me fait remarquer que je n’ai pas fini mon “beignet vapeur” aux rognures d’ongles et que jécope d’une amende de 5€ pour avoir tenté d’échapper à la diarrhée explosive qu’il promettait.
Son ton est aigre et sa voix porte dans cette salle aux relents de lattrines autoroutières.
Les autres aventuriers gastrologiques présents, se figent et m’observent avec mépris.
Je me sens humilié.
C’est si bon que je sens poindre une semi-molle.
Leurs regards pleins de jugement semblent demander :
“mais t’es qui, toi, pour penser pouvoir échapper aux crampes abdominales et à la déshydratation sévère ?”
Avant qu’elle ait pû finir de griffoner mon ticket de caisse sur un talon de papier gras, je saisis la dépouille flasque et froide qui trône dans mon assiette et l’enfourne avec une gourmandise coupable, mais non dissimulée.
La graisse figée et la consistance de méduse crevée me donnent des hauts le cœur plus violents que ceux ressentis devant Yann Moix s’autosuçant en direct sur cnews.
Sah, quel plaisir.
Je suis maintenant bien dur.
Mon érection flagrante attire à nouveau les regards sur moi.
Ils sont, cette fois, complices et envieux,
ce sont les regards de ceux qui ont hâte, eux aussi, de se faire publiquement cracher à la gueule après s’être régalé d’aliments qu’on ne donnerait même pas à un chien galeux.
Ô honte délectable !
Ô humiliation tu me brûles la nuque,
tel le souffle de tonton Michel lorsqu’il me rendait visite, tard le soir, dans mon lit d’enfant.
Tremblant, le prépuce vaguement gluant, je tends ma carte bleue.
Ma Maîtresse du jour me l’arrache des mains et, avec une délectation flagrante, m’annonce de sa voix aiguë et nasillarde:
“59,99 plus 5 euros d’amende, 65 euros.
Merci de laisser un pourboire”
C’en est trop, je me souille copieusement dans un couinement timide qui m’échappe.
Ma tortionnaire sourit, son but est atteint, je ne suis plus qu’une flaque, indigne, d’ignomine et d’opprobre.
Je suis sa рuте.
Je passe enfin la porte, la poignée est grasse, comme pour m’offrir une dernière humiliation, la petite cerise véreuse sur le gâteau avarié, le soucis du détail.
Enfin la lumière du soleil m’aveugle, j’ai l’impression de naître à nouveau.
Je reviendrai.
Quelle épopée
Je me sens un peu souillé après cette lecture, mais j’ai l’impression que c’était le but. Merci, je te hais.
Bravo tout de même pour avoir rendu si lyrique ta prose vu le sujet.
Grandiose.
Lien vers l’avis ou ce n’est pas arrivé.
Haut vote pour le style, tout de même.
Vous roucoulez, monsieur. Vous broyez la langue de Molière.
Quel poète !
J’ai jouis. Deux fois.
Magnifique !
Du grand art!
On dirait un texte de cet auteur muricain, Charles Bukowski.
Pour les plus observateurs, les rouleaux de PQ sont clairement mis à disposition par le restaurateur lui même et ce afin de rendre l’expérience du tout-ce-que-tu-peux-manger la plus inoubliable possible.
On les aperçoit (les rouleaux) dans l’image du haut, sous le buffet, à droite. Du triple épaisseur comme il se doit.
D’ailleurs le client mystère n’en a pas pris pour son inspection des communs (c.f. Image du bas).
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La farce des nems est mystérieuse, est-ce du porc, du poulet, de la crevette, un medley au mille saveurs, péché dans le syphon de la plonge ?
Je ne saurais dire et ne veux pas savoir, j’aime le mystère.
Quand je glisse ma VHS des meilleurs tours de Sylvain Mirouff dans mon magnétoscope, c’est pour m’ébaudir devant la magie, pas pour qu’il m’explique ses trucs.
Un ban-bao s’est perdu dans le plat des rochers coco, hmmm… Le chef est facétieux ou peut-être la clientèle peu urbaine, certainement les deux.
Arrivé au comptoir pour payer, la menue petite asiatique qui ne semble voir la lumière que sous les néons blafards de ce temple de la médiocrité, me fait remarquer que je n’ai pas fini mon “beignet vapeur” aux rognures d’ongles et que jécope d’une amende de 5€ pour avoir tenté d’échapper à la diarrhée explosive qu’il promettait.
Son ton est aigre et sa voix porte dans cette salle aux relents de lattrines autoroutières.
Les autres aventuriers gastrologiques présents, se figent et m’observent avec mépris.
Je me sens humilié.
C’est si bon que je sens poindre une semi-molle.
Leurs regards pleins de jugement semblent demander :
“mais t’es qui, toi, pour penser pouvoir échapper aux crampes abdominales et à la déshydratation sévère ?”
Avant qu’elle ait pû finir de griffoner mon ticket de caisse sur un talon de papier gras, je saisis la dépouille flasque et froide qui trône dans mon assiette et l’enfourne avec une gourmandise coupable, mais non dissimulée.
La graisse figée et la consistance de méduse crevée me donnent des hauts le cœur plus violents que ceux ressentis devant Yann Moix s’autosuçant en direct sur cnews.
Sah, quel plaisir.
Je suis maintenant bien dur.
Mon érection flagrante attire à nouveau les regards sur moi.
Ils sont, cette fois, complices et envieux,
ce sont les regards de ceux qui ont hâte, eux aussi, de se faire publiquement cracher à la gueule après s’être régalé d’aliments qu’on ne donnerait même pas à un chien galeux.
Ô honte délectable !
Ô humiliation tu me brûles la nuque,
tel le souffle de tonton Michel lorsqu’il me rendait visite, tard le soir, dans mon lit d’enfant.
Tremblant, le prépuce vaguement gluant, je tends ma carte bleue.
Ma Maîtresse du jour me l’arrache des mains et, avec une délectation flagrante, m’annonce de sa voix aiguë et nasillarde:
“59,99 plus 5 euros d’amende, 65 euros.
Merci de laisser un pourboire”
C’en est trop, je me souille copieusement dans un couinement timide qui m’échappe.
Ma tortionnaire sourit, son but est atteint, je ne suis plus qu’une flaque, indigne, d’ignomine et d’opprobre.
Je suis sa рuте.
Je passe enfin la porte, la poignée est grasse, comme pour m’offrir une dernière humiliation, la petite cerise véreuse sur le gâteau avarié, le soucis du détail.
Enfin la lumière du soleil m’aveugle, j’ai l’impression de naître à nouveau.
Je reviendrai.
Quelle épopée
Je me sens un peu souillé après cette lecture, mais j’ai l’impression que c’était le but. Merci, je te hais.
Bravo tout de même pour avoir rendu si lyrique ta prose vu le sujet.
Grandiose.
Lien vers l’avis ou ce n’est pas arrivé.
Haut vote pour le style, tout de même.
Vous roucoulez, monsieur. Vous broyez la langue de Molière.
Quel poète !
J’ai jouis. Deux fois.
Magnifique !
Du grand art!
On dirait un texte de cet auteur muricain, Charles Bukowski.
Pour les plus observateurs, les rouleaux de PQ sont clairement mis à disposition par le restaurateur lui même et ce afin de rendre l’expérience du tout-ce-que-tu-peux-manger la plus inoubliable possible.
On les aperçoit (les rouleaux) dans l’image du haut, sous le buffet, à droite. Du triple épaisseur comme il se doit.
D’ailleurs le client mystère n’en a pas pris pour son inspection des communs (c.f. Image du bas).
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