TL;PL : le développement des sondages via internet aboutit à des panels de mauvaise qualité, incluant une surestimation des positions radicales.
>Derrière la communication des instituts de sondage, qui n’ont d’instituts que le nom et sont des sociétés d’études marketing dont l’activité principale est de répondre aux commandes des entreprises sur leur stratégie et plus encore sur leur image, se cache un système particulièrement opaque : le recours à des panels de consommateurs, recrutés sur Internet, sans véritable contrôle ni régulation, en échange d’une rémunération modique, pour donner leurs opinions sur tous les sujets imaginables. Des outils devenus déterminants aussi bien dans la conduite des politiques publiques par les Etats que dans la bataille des campagnes électorales, et notamment celle de l’élection présidentielle.
>
>Officiellement, ces bases de données, appelées « access panels » dans le jargon des sondeurs, offrent qualité et fiabilité. Dans la réalité, soulignent les experts en sondages qui ne sont pas sous contrat avec les instituts, ces études, peu transparentes, présentent surtout l’intérêt d’être moins coûteuses dans une période et un secteur où la concurrence sur les prix est extrêmement forte. Des individus peuvent en effet s’inscrire sur chacune de ces bases en donnant simplement un e-mail, une adresse (non vérifiée) et des indications (pas vérifiées elles non plus) sur leur vie, leurs goûts, leurs revenus. Ils peuvent répondre honnêtement, ou pas, prendre leur temps et soupeser leurs opinions.
>
>Mais ils peuvent aussi cliquer rapidement, inventer leurs réponses et remplir les questionnaires en espérant gagner davantage de points, qu’ils convertissent ensuite en bons d’achat sur des sites commerciaux – personne n’ira le leur reprocher. Ils peuvent compléter un questionnaire par an ou bien des dizaines. Rien n’est prévu, non plus, pour empêcher les inscriptions sur plusieurs panels avec la même adresse électronique, et encore moins avec différentes adresses.
>
>Depuis vingt ans, le recours à de tels panels n’a, de fait, cessé de se développer, au point que les 69 sondages déjà publiés pour l’élection présidentielle 2022 ont, jusqu’à présent, tous été conduits de cette manière, en ligne.
1 comment
TL;PL : le développement des sondages via internet aboutit à des panels de mauvaise qualité, incluant une surestimation des positions radicales.
>Derrière la communication des instituts de sondage, qui n’ont d’instituts que le nom et sont des sociétés d’études marketing dont l’activité principale est de répondre aux commandes des entreprises sur leur stratégie et plus encore sur leur image, se cache un système particulièrement opaque : le recours à des panels de consommateurs, recrutés sur Internet, sans véritable contrôle ni régulation, en échange d’une rémunération modique, pour donner leurs opinions sur tous les sujets imaginables. Des outils devenus déterminants aussi bien dans la conduite des politiques publiques par les Etats que dans la bataille des campagnes électorales, et notamment celle de l’élection présidentielle.
>
>Officiellement, ces bases de données, appelées « access panels » dans le jargon des sondeurs, offrent qualité et fiabilité. Dans la réalité, soulignent les experts en sondages qui ne sont pas sous contrat avec les instituts, ces études, peu transparentes, présentent surtout l’intérêt d’être moins coûteuses dans une période et un secteur où la concurrence sur les prix est extrêmement forte. Des individus peuvent en effet s’inscrire sur chacune de ces bases en donnant simplement un e-mail, une adresse (non vérifiée) et des indications (pas vérifiées elles non plus) sur leur vie, leurs goûts, leurs revenus. Ils peuvent répondre honnêtement, ou pas, prendre leur temps et soupeser leurs opinions.
>
>Mais ils peuvent aussi cliquer rapidement, inventer leurs réponses et remplir les questionnaires en espérant gagner davantage de points, qu’ils convertissent ensuite en bons d’achat sur des sites commerciaux – personne n’ira le leur reprocher. Ils peuvent compléter un questionnaire par an ou bien des dizaines. Rien n’est prévu, non plus, pour empêcher les inscriptions sur plusieurs panels avec la même adresse électronique, et encore moins avec différentes adresses.
>
>Depuis vingt ans, le recours à de tels panels n’a, de fait, cessé de se développer, au point que les 69 sondages déjà publiés pour l’élection présidentielle 2022 ont, jusqu’à présent, tous été conduits de cette manière, en ligne.