En Estonie, tout ça, c’est interdit. On ne peut pas afficher des symboles soviétiques, mettre des drapeaux rouges à l’extérieur. Si vous en avez à la maison, ça va, mais à l’extérieur, c’est pas possible. Mais bon, personne ne peut savoir ce que vous avez au fond de votre cœur ! “

L’Estonie, c’est le plus petit des trois pays baltes. A peine plus d’un million d’habitants. Au nord, la mer baltique. A l’est, une vaste frontière avec la Russie, étendue sur plus de 300 kilomètres.

Jusqu’en 1991, les Estoniens étaient des citoyens de l’Union soviétique. Depuis la chute de l’URSS, ils ont gagné leur indépendance, mais une partie de la population reste russophone. Le poids du passé soviétique est encore omniprésent dans les mémoires, même si l’Estonie a rejoint l’Union européenne en 2004.

Cela fait des mois que l’Estonie s’inquiète d’une possible guerre que pourrait lancer Vladimir Poutine, comme en Ukraine.
Les Estoniens s’y préparent, plus ou moins à reculons. Ils construisent des bunkers, ils augmentent le budget défense. Mais beaucoup se sentent déchirés, car ils ont de la famille en Russie, ou y sont nés. Alors s’armer face à Moscou est douloureux. C’est difficile de choisir son camp.

“Un tiers de la population est russophone. C’est très difficile pour ces russophones de ne pas être pro-Russes. Si Poutine arrivait, ce serait l’armée russe qui arriverait. Quand elle comprend que celui-là est russophone, elle dirait : “alors, tu viens avec nous ?”

“L’Estonie, entre héritage soviétique et peur du voisin russe”, reportage signé Antoine Giniaux

Il a pris le train jusqu’à Narva, la ville qui porte le nom du fleuve frontière. Et avec le micro d’Interception, il nous emmène d’abord à la rencontre d’Estoniennes de la Ligue de Défense. C’est une organisation de 40 000 bénévoles. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à la rejoindre, elles sont sur le pied de guerre.

Réalisation : Maria Pasquet

Production : Sophie Parmentier

Attachée de production : Martine Meyssonnier

Mixage : Manon Houssin