Avec l’affaire de Bétharram, le silence gêné de la bourgeoisie : « C’est le sujet du moment. J’espère que cela va s’estomper, cela fait du mal à notre région »

by lieding

13 comments
  1. C’est un truc assez classique pour les faits divers.
    J’ai pas tout l’article, mais du début je peut dire que ça concerne généralement tout le monde.
    J’ai des amis qui habitaient dans le village où une famille a été tué mystérieusement y’a quelques années et c’était le sujet de conversation pendant des mois et même des années.
    Si tu parle de Milwaukee a un américain il pense forcément à Dahmer, c’est la même chose.

  2. Avec tous les sujets du moment concernant la bourgeoisie depuis des années, ils n’ont pas dû avoir beaucoup l’occasion de sortir du silence 😀

  3. Ça fait du mal à la région ? Bah fallait ptet pas jouer le jeu des culs benis tortionnaires pendant 60 ans alors !! Vu ce qui s’est passé dans cet établissement pendant des décennies ça devait être un secret de polichinelle. Je pense même que tous ces cons trouvaient ça très bien de faire de la discipline moyenâgeuse avec les gamins “difficile” pendant que le personnel évitait soigneusement de violer ou mutiler les enfants de notables.

  4. Les belles œillères et univers parallèle :

    > […] La bourgeoisie du Sud-Ouest n’aime guère s’épancher sur le dossier Bétharram. Les langues se délient péniblement pour évoquer ces plus de 150 anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram qui ont dénoncé des violences physiques, des agressions sexuelles et des viols. Jusque-là, l’établissement des Pyrénées-Atlantiques était une institution intouchable, avec une réputation établie, autant pour son taux de réussite au baccalauréat que pour sa rigueur et sa capacité à « redresser » les enfants jugés trop turbulents. Beaucoup venaient de très bonnes familles. De Pau à Bordeaux, en passant par le Pays basque, des notables de toute la région y ont envoyé leurs enfants, autant pour construire leurs réseaux que pour les confronter à une éducation à la dure.

    > […] Avec le recul, Jean-Rémy Arruyer, cartographe, analyse les liens entre l’institution catholique et le milieu bourgeois comme « un jeu social ». Ce sexagénaire a été pensionnaire à Bétharram de 1973 à 1980, du CM2 à la 1ʳᵉ, et fait partie de la centaine de plaignants. Il y a subi des agressions sexuelles et mettra près de quarante ans à en parler à ses proches. Le jeune Jean-Rémy n’a jamais été un enfant turbulent, il collectionnait au contraire les prix d’excellence. « Cela correspondait aux bonnes valeurs d’un entre-soi bourgeois : tu avais une maison, deux voitures, tu allais à la messe et au ski le week-end, et tu avais ton fils à Bétharram », analyse-t-il.

    > […] « Quand on est proche de ses enfants, ils parlent, ils vous racontent tout, soutient le père de Matthieu. Pour ceux qui ont subi des violences et qui n’ont pas osé parler, il y a sans doute un problème de lien avec leurs parents. » Une rhétorique identique à celle de François Bayrou.

    > […] En 2025, la levée de boucliers est moins manifeste. […] Certains mettent en doute des témoignages d’anciens élèves, ou du moins la réalité de leur nombre. Au fil des conversations, les mêmes phrases reviennent : « Pourquoi tous ces gens se réveillent-ils cinquante ans après les faits ? » « Et si tout cela n’était qu’une grotesque instrumentalisation politique pour faire tomber François Bayrou ? » « C’est toujours les catholiques qui en prennent plein la figure », râle Hélène. Ces prochains jours, elle doit organiser un déjeuner pour une association chrétienne au service de personnes en situation de précarité. En guise de soutien, elle a décidé de réserver dans un restaurant de Lestelle-Bétharram, où est installé le collège-lycée, car elle a lu dans la presse que « cette polémique impactait beaucoup le village ».

  5. Si la bourgeoisie de la région est complice d’organisations de viols d’enfants, j’espère que ça causera un peu plus que de la gêne et que la tâche sur la région et le milieu sera durable.

  6. “J’espère que cela va s’estomper”

    Régler le problème des adultes supposés guider de futurs adultes qui a la place violent l’innocence et ont des pratiques de violences physiques qui n’ont plus place dans notre société ce serait pas mieux ?

    Je pense que c’est sans doute le pire aspect de la séparation de l’état et l’église, on est totalement impuissants face à ces pratiques.

  7. Qu’ils ne rêvent pas trop. Après les scandales de pédophilie, de harcèlement dans les institutions religieuses et de l’abbé Pierre, Bétharram semble démarrer toute une série de nouveaux abus dans l’enseignement catholique.

    Ça ne va pas s’estomper, ce n’est qu’un début. Il suffit de gratter.

    On va encore découvrir des horreurs dans le scoutisme, les associations charismatiques et les monastères, entre autres.

  8. >Quand on est proche de ses enfants, ils parlent, ils vous racontent tout, soutient le père de Matthieu. Pour ceux qui ont subi des violences et qui n’ont pas osé parler, il y a sans doute un problème de lien avec leurs parents.

    J’ai jamais côtoyé ce genre de milieu donc peut-être que je loupe quelque chose, mais envoyer ses enfants dans un internat qui est connu pour les traiter à la dure, c’est pas déjà un signe qu’on a des problèmes de lien entre les enfants et les parents ?

    Mais aussi, si j’essayais de me mettre dans la peau d’un mec qui cherche à violenter des gamins, je crois que mes cibles prioritaires seraient ceux qui ont des problèmes de communication avec leur parents. Justement parce qu’ils ont moins de chances d’en parler à leurs parents.

  9. Quand l’alarme à incendie sonne, il faut retirer la sonnerie pour éliminer le problème.

    Voilà la logique

  10. Ah, ces [pauvres bourgeois](https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/4096265-20240614-intellectuels-francais-rue-bac-accuses-pedocriminalite). Oui, vivement que toutes ces affaires de pedohilie qui les « touche » soient vite vite enterrées.

    Y’a pas une affaire de [femmes voilées](https://www.lemonde.fr/sport/article/2024/10/28/l-interdiction-du-port-du-voile-dans-le-sport-en-france-est-consideree-comme-discriminatoire-par-des-experts-de-l-onu_6363188_3242.html) pour changer de sujet là ? /s

  11. Il est toujours marrant de voir comment des “modérés”, des centristes comme au Monde (bref, pas des marxistes) n’ont pas de problème pour employer le vocabulaire de “bourgeoisie” pour parler au niveau local, “provincial” (“la petite bourgeoisie de province”), et pas en des termes complaisants, mais le faire au niveau national, de la gouvernance du pays, au niveau parisien… C’est tout de suite plus compliqué.

    C’est en quelque sorte raccord avec la vieille ville étymologie rendue désuète au XIXe siècle (les habitants des bourgs), et comment inconsciemment ou non on oppose en France la capitale et le reste du pays (Paris n’est pas un vulgaire “bourg”, mais plutôt le théâtre d’une élite “mondialisée”). C’est toujours marrant.

  12. J’ai toujours pensé que les religieux avaient des gros problèmes sociaux culturels et sexuels

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