« Nous avons devant nous au moins une décennie de croissance »->https://www.lerevenu.com/les-grands-entretiens/nous-avons-devant-nous-au-moins-une-decennie-de-croissance-dans-la-defense/], s’enthousiasmait récemment Patrice Caine, président de Thales, dans un entretien récent. Pour les capitalistes, la guerre c’est d’abord un marché très prometteur pour les profits. Les actionnaires de l’entreprise se réjouissent des tensions internationales provoquées par le retournement de Trump sur l’Europe, la guerre de Poutine en Ukraine et l’augmentation colossale des investissements militaires dans les pays européens. L’explosion des dépenses militaires a fait grimper les actions de Thales de près de 78% en l’espace de deux mois, leur permettant d’atteindre aujourd’hui des valeurs records.
Mais l’entreprise ne se contente pas d’attendre passivement la montée des tensions internationales. Elle entend au contraire peser activement sur les gouvernements afin qu’ils augmentent toujours plus drastiquement les dépenses militaires de leurs pays respectifs. Le Financial Times note ainsi que « Thales interpelle les gouvernements européens sur leurs engagements en matière de défense », son PDG assurant que son entreprise est prête à couvrir les commandes de tous types d’équipements de défense.
L’entreprise voit en effet dans la hausse du nombre de carnages à l’échelle mondiale une juteuse opportunité commerciale. Le cas de l’occupation palestinienne illustre dramatiquement cette logique. Thales contribue activement à la colonisation de la Palestine par Israël et au génocide de la population gazaouie. Une enquête menée par le média Disclose souligne à ce titre que Thales a vendu à Israël des systèmes de communication pour des drones Heron TP qui accompagnent systématiquement les forces spéciales et l’infanterie israélienne.
« Entre la situation géopolitique, l’environnement économique et politique, nous n’avons jamais eu autant d’opportunités de développement » se frotte les mains le PDG de Thales. Alors que Thales produit des équipements pour les Rafale, les nouvelles commandes promises par Macron et les potentielles ventes à l’étranger vont faire les beaux jours des actionnaires profiteurs de guerre. Le mois dernier, l’entreprise a annoncé la hausse de ses bénéfices en 2024, dégageant un bénéfice net d’1,4 milliard d’euros. Pour les prochaines années, le carnet de commande déborde. D’après le Wall Street Journal, les commandes du groupe sont en augmentation de 9% pour atteindre une valeur totale record de 51 milliards d’euros !
Alors que pour les travailleurs, la marche à la guerre promet la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, la casse des services publics, de la sécurité sociale, les actionnaires et les patrons de l’armement remplissent leurs comptes en banque. Dans tous les pays, ce sont les travailleurs et les classes populaires qui payent le coût de la militarisation, et ce sont leurs enfants qui mourront demain par les armes produites sur leur dos. Nous n’avons rien à gagner de la réussite des “champions” français de la mort que sont les Thales ou les Dassault. Nous ne donnerons pas une vie, pas un euro pour leurs guerres !