71% des étudiants en sciences infirmières déclarent que leur santé mentale s’est dégradée depuis leur entrée en formation, affirme la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières. Ces élèves infirmiers sont au nombre de 120 000, dispersés dans environ 350 établissements en France.
Un étudiant en sciences infirmières (ESI) sur cinq a déjà eu des idées suicidaires depuis le début de sa formation, et un étudiant sur dix a tenté de mettre fin à ses jours. Dans un communiqué de presse, la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) tire la sonnette d’alarme autour de la santé mentale des quelques 120 000 étudiants dispersés dans près de 350 établissements à travers toute la France.
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Selon la FNESI, 93% de ces futurs infirmiers et infirmières se disent épuisés mentalement par leur cursus universitaire. 38% des ESI ont déjà consulté un professionnel de santé mentale depuis le début de leur formation, alors qu’en 2022, cette part s’élevait à 23%. Un sur trois prend un traitement (anxiolytiques, antidépresseurs). Selon la Fédération, l’ampleur de cette souffrance puise son origine dans la crise du Covid-19, il y a cinq ans. Les étudiants en question “ont subi les conséquences : “isolement social, précarité”, avec un “système de santé brutalement fragilisé”. Etude à l’appui, elle rapporte que 71% des ESI déclarent que leur santé mentale s’est dégradée depuis leur entrée en formation, alors qu’en 2022, lors de sa précédente enquête, cette part s’élevait à 61%.
Des étudiants plongés dans une grande précarité
Une autre explication avancée est que les condition de stage “n’ont jamais été aussi dégradées”. 39% des ESI déclarent être en stage avec d’autres ESI, dans des “conditions qui impactent directement la qualité de l’encadrement”, écrit la FNESI, avec un “encadrement qui ne peut plus être personnalisé”. 61% des sondés considèrent qu’ils ne sont pas écoutés lorsqu’ils font remonter des problématiques sur leur formation et 7,5% assurent qu’ils n’ont pas de tuteur.
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La Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières évoque également la précarité des ces étudiants, indemnisés 1,03 euro de l’heure en première année, 1,71 euro de l’heure en dernière année. Or, “le montant minimal pour les indemnités de stage est de 15% du plafond horaire de la sécurité sociale, soit 4,35 euros de l’heure à ce jour. Une fois de plus, les ESI sont marginalisés”, déplore la FNESI. Elle assure ainsi qu’en 2025, plus d’un étudiant sur trois est contraint de sauter au moins un repas chaque semaine, par manque d’argent. La Fédération réclame donc l’accès au repas à un euro pour tous les étudiants.
La drogue face à la souffrance
Face au mal-être, de plus en plus d’étudiants en sciences infirmières ont recours à la drogue. Un étudiant sur cinq reconnaît avoir pris du cannabis, de la cocaïne, du LSD ou de l’ecstasy depuis le début de sa formation. En 2022, c’était un sur huit. “Je ne peux plus dormir sans un joint, le stress de la formation m’a fait augmenter ma consommation d’alcool, anxiolytiques, protoxyde d’azote, cannabis, surtout à l’approche et en sortie de stage au point où j’ai été en danger plusieurs fois”, raconte un étudiant, sous couvert d’anonymat. En 2025, pour trouver du soutien, chaque mois, plus de 100 étudiants contactent la FNESI par mail. Chaque jour, ils sont 10 à joindre la ligne téléphonique de la Fédération.