Muriel Roccaserra est morte ce samedi à Castets, entourée de sa famille et de quelques amis. Atteinte de la maladie de Crohn, Muriel avait déjà combattu quatre cancers. À seulement 37 ans, une nouvelle tumeur, incurable, venait de lui être diagnostiquée.
Elle n’aura pas eu le temps ni la force physique d’aller mourir en Belgique. Muriel est morte ce samedi à Castets, entourée de sa famille et de quelques amis. Elle avait 37 ans.
En février dernier, sur “ici Gascogne”, son témoignage nous avait tous ému. Atteinte de la maladie de Crohn, Muriel avait déjà combattu quatre cancers. À seulement 37 ans, une nouvelle tumeur, incurable, venait de lui être diagnostiquée. Cette habitante de Castets dans les Landes avait alors décidé d’aller en Belgique pour mourir dans la dignité.
Le dossier avait été accepté, mais la maladie a été plus rapide. “Elle aimait accomplir les choses jusqu’au bout, témoigne sa sœur Sandrine. Ce qui n’a pas été le cas ici. Ça a été compliqué à accepter. Elle s’est fragilisée rapidement, du coup, elle n’a pas eu la force de faire le voyage. Ce voyage si long. Je le déplore puisque son combat, c’était de mourir dans la dignité. Ça rajoute de la souffrance et on n’a pas besoin de ça.” Dans cette douloureuse épreuve, Sandrine reconnait qu’ils “ont été très bien encadrés par le service des soins palliatifs de Dax et par Santé services à Castets. Ils ont tout fait pour qu’elle s’éteigne rapidement comme elle le souhaitait”.
Muriel et sa sœur Sandrine –
Sandrine Buoro
Le côlon, la vésicule biliaire, le rectum, le foie puis le pancréas : depuis ses 11 ans, Muriel Roccaserra, s’est battue contre la maladie. À partir de janvier 2025, elle décide de se battre pour mourir dignement. “Ça serait tellement un bonheur pour moi de partir en me disant que j’ai pu aider à faire valider cette loi sur la fin de vie”, confiait Muriel en février.
Un combat qui a forcé l’admiration de sa sœur. “C’est un beau combat et elle va laisser des traces aux quatre coins de la France, du monde aussi parce que son témoignage est allé au-delà des frontières. On lui a promis de continuer son combat. C’est grâce à des personnes malades comme ma sœur que les choses avancent et peut-être que les personnes réfractaires au droit à mourir dans la dignité vont enfin valider cette loi.” Sandrine insiste. “Ce n’est pas un suicide assisté. Pour ma sœur, il y avait tout : les courriers des médecins qui précisaient qu’il n’y avait plus rien à faire, que c’était incurable, un dossier porté par ma sœur qui supplie à partir dans la dignité rapidement. Il y avait tout. Certes, il faudra trier des dossiers, ça va prendre du temps oui, mais s’il vous plait il faut voter cette loi. Il faut que les gens puissent partir dans la dignité comme ils le souhaitent.”
Un projet de loi a été adopté en Conseil des ministres au mois d’avril 2024. Mais la dissolution de l’Assemblée nationale au mois de juin a interrompu l’examen du projet. Depuis, les discussions sont à l’arrêt, mais devraient reprendre au Parlement dès le 12 mai prochain. Avec l’étude de deux propositions de loi : une sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir.
À lire aussi
