Comment êtes-vous arrivé dans ce projet international, tourné en Grèce, sur l’aéroport désaffecté d’Ellinikon, et qui mêle plusieurs trames narratives : une française, une italienne, une allemande et une afghane ?
Jonathan Zaccaï : Je pense que mon rôle dans la série Le Bureau des légendes, qui a eu une audience internationale, n’y est pas étranger. J’y interprétais un agent de la DGSE, Raymond Sisteron, qui supervisait un agent clandestin, nommé Cyclone. Il y a une forme de continuité avec le rôle de Gilles, le responsable de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul, chargé, à ce titre, d’organiser l’évacuation, en urgence, des ressortissants français et des Afghans qui ont pu obtenir un visa. Dans mon esprit, Gilles aurait très bien pu être, dans sa vie d’avant, un agent de la DGSE. Il n’y a que le prénom qui change. Pour le casting, on m’a demandé de passer des essais en anglais, comme la série était tournée dans cette langue. Il faut croire que mon niveau n’était pas trop nul, puisque j’ai joué dans les six épisodes. Avec les autres comédiens francophones, nous nous sommes doublés, ensuite, pour la diffusion sur France 2.
À quel point la série est-elle documentée et relate des faits réels ?
C’est difficile à dire. Kaboul est une fiction écrite par Olivier Demangel et Thomas Finkielkraut, et inspirée des événements d’août 2021. Je ne peux pas vous donner un pourcentage de véracité, mais pour me préparer à ce tournage, j’ai lu le livre de l’ancien ambassadeur de France à Kaboul, David Martinon – Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul –, celui du commandant Mohamed Bida – 13 jours, 13 nuits dans l’enfer de Kaboul –, et regardé un certain nombre de documentaires, afin de m’imprégner de la situation. Mon personnage, Gilles, est bien sûr inspiré de Mohamed Bida. D’ailleurs, le polo rouge que je porte souvent dans la série est un clin d’oeil, ou plutôt un hommage, à une photo emblématique de lui prise pendant l’évacuation.
Qu’aviez-vous en tête en jouant ce personnage qui a sauvé la vie de tant de gens (dans un cadre plus large, l’opération, dite Apagan, a concerné 3 000 personnes, dont 2600 Afghans) ?
Je me disais que, quelle que soit la situation, Gilles était dans le contrôle. C’est quelqu’un d’ordinaire qui fait des choses extraordinaires. Sur le tournage, près d’Athènes, nous avons connu des chaleurs très fortes, et c’était difficile de travailler dans ces conditions. Mais quand on se posait deux secondes, on se disait que c’étaient les conditions qu’avaient connues les protagonistes dans la réalité. Ça nous faisait relativiser tout de suite…
Vos prochains projets sont-ils dans la même veine ?
Non. Là, je viens d’incarner un maire collabo sous Vichy dans Résistantes, un unitaire pour France 2, tourné à Carpentras et dans les environs. J’alterne. Un coup, un héros. Un coup, un salaud. C’est un bon équilibre, non ?
Kaboul, lundi 31 mars à 21h10 sur France 2