« Je ne suis jamais troublé par la démocratie », a lancé mardi Gabriel Attal, mettant en garde contre le « sentiment » d’un « monde politique qui se regarde le nombril », après la réaction de François Bayrou à la condamnation de Marine Le Pen. Le premier ministre avait fait savoir lundi, par son entourage, qu’il avait été « troublé par l’énoncé du jugement » de cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat contre la cheffe du Rassemblement national.
« Moi, je ne suis jamais troublé par la démocratie », a déclaré M. Attal, chef des députés Ensemble, devant la presse à l’Assemblée. « Prenons garde à ne pas donner aux Français le sentiment d’un monde politique qui se regarde le nombril et qui ne se préoccupe que de ses affaires. Moi, je me bats avec mon groupe pour que tout le temps dont nous disposons au Parlement, on le consacre à discuter de textes qui répondent aux véritables problématiques et aux vrais problèmes des Français dans leur quotidien », a ajouté l’ex-premier ministre.
Un « responsable politique au niveau national » se « doit de respecter les décisions qui sont prises par la justice, sans chercher à les relativiser, en atténuer la portée ou en détourner les fondements », a-t-il également déclaré. « Les débats prennent une tournure qui m’inquiète et qui, je crois, inquiète des millions de Français, quelles que soient leurs orientations politiques. »
Le secrétaire général de Renaissance a accusé le RN de « multiplier les outrances » et d’« embraser le débat public », et critiqué le meeting de soutien à Mme Le Pen prévu dimanche à Paris, « avant tout un meeting contre l’indépendance de la justice ». Le même jour, M. Attal organise un grand meeting à Saint-Denis, où s’exprimeront François Bayrou et Edouard Philippe. « Un rassemblement de ceux qui défendent la démocratie » et « l’Etat de droit », a-t-il dit.