C’était le magasin le plus emblématique de Liège: le Grand Bazar aurait eu 140 ans cette année. Et il y a parfois de belles et émouvantes histoires qui ressurgissent du passé.

C’est le cas de l’extraordinaire élan de solidarité dont a bénéficié un membre du personnel et sa fille, il y a une septantaine d’années. Cette dame se prénommait Christine. “C’était aux alentours des années 1950. Ma grand-mère était femme de cour, autrement dit “Madame pipi” au self-service du Grand Bazar”, se rappelle Véronique, sa petite-fille. Elle a eu trois enfants, dont Jeanine, la petite dernière. A 2 ans à peine, elle a contracté la poliomyélite, une maladie qui attaque le système nerveux et peut entraîner des paralysies irréversibles.

A 10 ans, une lourde opération est devenue indispensable, elle a dû subir une triple greffe dans la colonne vertébrale. Une intervention très coûteuse, qui n’a pas laissé insensibles le personnel et le directeur du Grand Bazar: “Il y a eu un mouvement de solidarité comme je voudrais tant en revoir en 2025. Tout le personnel s’est mobilisé, a constitué une cagnotte, mais la somme récoltée n’était pas du tout suffisante. Le directeur du Grand Bazar de l’époque -c’était en 1953- a payé de sa poche la différence pour atteindre le montant nécessaire, ce qui a permis à ma maman d’avoir ensuite une vie merveilleuse”.

Cette bienveillance, l’ensemble du personnel du Grand Bazar en a bénéficié à l’époque: “Des excursions et des voyages étaient organisés, il y avait même une maison de repos et de convalescence. Même retraitée, ma grand-mère continuait de se rendre au Grand Bazar pour dire bonjour et boire son café. C’était sa seconde famille”.

Le Grand Bazar a fermé ses portes en 1977 et avec lui a sans doute disparu une certaine vision du monde du travail.