Joan Estévez a 39 ans. Son nom de soldat : Espinosa.

Guerre en Ukraine, jour 1 135.

Un mercenaire catalan se confie. Ce mercredi, nos confrères d’El Periodico ont publié le témoignage glaçant d’un mercenaire originaire du Vall d’Aran, près de Lleida (Catalogne, Espagne), et passé par la Légion étrangère française. Pendant 6 mois en 2023, Joan Estévez est allé combattre en Ukraine. Engagé en tant que sniper dans les rangs de la légion internationale ukrainienne (49e bataillon d’infanterie des Carpates Sitch), il occupait le rang de 1er Sergent et avait une dizaine d’hommes sous son commandement dans le Donbass. À son actif, il compte “huit pertes (russes) confirmées dont je suis sûr : je tire et je vois l’ennemi tomber. Le reste sont des combats chauds où vous voyez des Russes tomber mais vous ne savez pas si c’est vous ou un coéquipier les a touchés”.

“Du plus au moins”

Au début, il touchait 3 500 euros par mois. Et puis, “c’est passé du plus au moins. Ensuite, ils ont mis une clause : le salaire fixe était de 1 500 euros et l’autre moitié était payée pour se trouver en zone dangereuse. Au début, on était payé simplement pour être en deuxième ligne, qui était déjà considérée comme une zone de combat. Ensuite, une autre clause a été ajoutée, selon laquelle vous n’étiez payé que si vous étiez en première ligne. Il y a eu des soldats qui ont dû soudoyer le commandant pour qu’il les envoie au front et collecter plus d’argent”.

De l’Ukraine, il est revenu traumatisé, après avoir perdu 18 amis. Un brin amer aussi à cause du “traitement réservé par les Ukrainiens aux personnes qui sont allées là-bas pour mourir pour eux. Ils préfèrent que les étrangers meurent à leur place. Et ce n’est pas bon. Dans mon cas, en raison de mon niveau de formation, je n’ai jamais été exposé à une mission suicide, mais des personnes non formées l’ont été”.

Joan Estévez, mercenario español en Ucrania: “Cobraba 3.500 euros; maté al menos a ocho rusos” https://t.co/5T5NWozkaK

— El Periódico de España (@ElPeriodico_Esp) April 2, 2025

Retournera-t-il un jour en Ukraine ? “Pour le moment, je ne le pense pas. J’ai souffert de stress post-traumatique, mais ce n’est pas pour cela que je veux décider si je veux rester là-dedans. À ce niveau, ce métier ne peut être compatible avec la vie de famille. Je suis divorcé mais j’ai un enfant”.