
Au procès de l’attentat de Lyon, le calcul politique d’un djihadiste intégral : « Le RN au pouvoir, ils vont faire n’importe quoi, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver »
by Cadnat

Au procès de l’attentat de Lyon, le calcul politique d’un djihadiste intégral : « Le RN au pouvoir, ils vont faire n’importe quoi, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver »
by Cadnat
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Extrait de l’article:
*Cette volonté de « semer la division dans le camp de l’ennemi », il l’avait aussi développée devant l’enquêtrice de personnalité qui lui a rendu visite en détention : « La meilleure chose à faire, c’est d’avoir l’extrême droite au pouvoir en France, en Autriche et en Italie, car ils ne vont jamais s’entendre. Le RN au pouvoir, ils vont faire n’importe quoi, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver. » L’expert psychologue a été destinataire du même récit (« Il espère que les partis nationalistes gagnent en Europe pour se faire la guerre ») et a relevé le « narcissisme » de cet accusé qui lui avait lancé : « Grâce à moi, le RN a gagné ! »*
Je dis peut être d’énormes conneries mais c’était pas déjà le calcul de Daesh, qui comptaient sur un cercle vicieux d’Islamophobie pour marginaliser encore plus les Musulmans en Europe et les inciter à rejoindre leur rang ?
En même temps même merde d’extrême droite.
Juste un pan qui se revendique de la chrétienté et l’autre de l’islam. Mais au fond c’est les mêmes visions réactionnaires et les mêmes idées de hiérarchisation des êtres humains. Ils sont juste pas d’accord sur la hiérarchisation en question.
Ultras dingos. On a pas le même maillot mais on a la même passion
C’est clair, malgré leurs discours opposés en apparence, l’ED et les extrémismes religieux partagent le meme objectif : provoquer la guerre, créer le chaos, attiser les haines, pour déclencher une forme d’effondrement ou de confrontation globale.
Ils veulent un « clash » final purificateur, où leur vision du monde sortirait victorieuse. Chacun pense que ce sera l’occasion d’imposer son ordre, sa vérité, sa domination.
Ce qui est flippant, c’est qu’ils s’alimentent mutuellement…
Ça n’a aucun sens, c’est l’extrême gauche qui soutient les djihadistes et réciproquement… (/s)
On dirait ceux qui ne votent pas mais lisent begaudeau, Mona Chollet, et Edgar Morin pour t’expliquer que l’arrivée au pouvoir du RN serait la meilleure démonstration pour les gens que le fascisme ne fonctionne pas et autant arriver à ce moment de vérité.
Ouais on voit les lecteurs là entre me courrier international et vos gesticulations pour ne pas voter de manière cohérente .vous inquiétez pas
*Par Soren Seelow*
C’est le procès d’un homme mutique et singulier. Depuis le premier jour d’audience, lundi 31 mars, Mohamed Medjdoub n’a pas desserré les dents, pas même pour confirmer son identité. Il n’a pas fait valoir son droit au silence, non, il n’a rien dit, sans un regard pour la cour, les yeux fixement plantés sur le mur en face de lui. Tout juste a-t-il, à l’occasion, esquissé un sourire, satisfait ou moqueur. Un bloc de radicalité, parfaitement étanche à l’institution judiciaire.
Pour tenter de cerner la personnalité de cet ancien étudiant en informatique algérien, sympathisant de l’organisation Etat islamique (EI), qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité devant la cour d’assises spéciale de Paris pour un attentat à la bombe qui avait fait 15 blessés devant une boulangerie lyonnaise, le 24 mai 2019, il a fallu s’en remettre à ses proches, aux enquêteurs et aux experts qui se sont succédé à la barre durant trois jours.
« J’ai rarement vu, sinon jamais, un engagement aussi total dans la démarche radicale, a souligné, lundi, le psychiatre Daniel Zagury, pourtant rompu à l’exercice. C’est un véritable dictionnaire de la radicalité. Il n’exprime aucun affect, il est ce qu’il doit être, dans une adhésion totale à l’islam. Il est dans un rapport de sacralité à lui-même, car il ne s’appartient plus. Il est désormais libéré des conflits humains fondamentaux, apaisé, dans la certitude d’être dans le vrai. »
#« Grâce à moi, le RN a gagné »
Comment interpréter son attitude à ce procès ?, lui demande l’avocat général, Nicolas Braconnay. « Il est dans une condescendance méprisante. Il est un représentant de la loi divine, donc les tribunaux, la loi, tout ça… » Est-il dangereux ?, s’enquiert le magistrat. « Je pense qu’on n’a pas besoin d’un psychiatre pour savoir qu’il est dangereux. Il est d’ailleurs totalement illusoire de lui proposer une thérapie, il aurait raison du thérapeute », sourit l’expert.
C’est tout le paradoxe de ce djihadiste intégral : malgré sa « détermination absolue », selon les mots de Daniel Zagury, Mohamed Medjdoub a toujours assuré que sa bombe, composée de TATP – un explosif artisanal – et de plus de 270 projectiles métalliques confinés dans un tube de chips de la marque Pringles, n’avait pas pour but de faire des morts. Il entendait seulement créer une « panique » afin de faire élire le Rassemblement national (RN) aux élections européennes, qui se tenaient deux jours plus tard, car « pour affaiblir les ennemis, il faut les séparer, et il n’y a rien de mieux que les nationalistes pour ça ».
Cette volonté de « semer la division dans le camp de l’ennemi », il l’avait aussi développée devant l’enquêtrice de personnalité qui lui a rendu visite en détention : « La meilleure chose à faire, c’est d’avoir l’extrême droite au pouvoir en France, en Autriche et en Italie, car ils ne vont jamais s’entendre. Le RN au pouvoir, ils vont faire n’importe quoi, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver. » L’expert psychologue a été destinataire du même récit (« Il espère que les partis nationalistes gagnent en Europe pour se faire la guerre ») et a relevé le « narcissisme » de cet accusé qui lui avait lancé : « Grâce à moi, le RN a gagné ! »
#« Grandiosité »
L’attitude bravache, le projet unique et la personnalité à part de cet Algérien de 29 ans, décrit comme « particulièrement intelligent et organisé », ont aussi surpris les enquêteurs. « Il y a quelque chose d’inhabituel [dans ce dossier], c’est qu’on a fait sa connaissance en garde à vue. D’habitude, les terroristes, on fait leur connaissance à l’institut médico-légal… », a fait remarquer, mardi, le policier de la sous-direction antiterroriste qui a mené l’enquête de flagrance.
Lire aussi (2019) :
Explosion à Lyon : la vaste traque du poseur de bombe
Durant sa garde à vue, Mohamed Medjdoub avait affirmé, de façon surprenante, avoir fait exprès d’être interpellé : « Vous m’avez attrapé grâce à moi et vous allez voir, je peux faire bien pire. Ma cause supplantera votre système démocratique », avait-il lancé. L’enquêteur s’autorise un brin d’ironie : « Vouloir renverser le système avec une boîte de Pringles, c’était assez ambitieux. Il est celui que je connais qui revendique le plus son appartenance à l’EI, alors qu’il est celui dont les actes sont le moins en rapport avec ce que demande l’EI. Il dit qu’il a voulu faire une bombe inoffensive. Il est un combattant zélé et un exécutant raté. »
« Autocentré » et pénétré par sa « grandiosité », selon l’expert psychologue, Mohamed Medjdoub assume son « mépris pour les mécréants » et est allé jusqu’à décrire ses propres parents comme des « ignorants », a rapporté Daniel Zagury. Interrogé par ce dernier sur l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, il lui avait répondu : « Si j’avais pu le faire, je l’aurais fait, ils ont insulté mon prophète. Ma propre mère, si elle avait fait ça, je la tue… »
#Le silence et le déni
Sa mère, justement, est le premier membre de sa famille à s’être présentée à la barre, mercredi, suivie par les deux sœurs de l’accusé, son frère, son père ainsi qu’une tante. Et on a fini par comprendre que le silence impénétrable de Mohamed Medjdoub était, peut-être, l’héritage d’une dynamique familiale faite de sujets tabous, de petites lâchetés et imprégnée par un déni tenace.
Le père, qui était expert judiciaire en Algérie, et la mère, qui était ingénieure en génie civil, ont quitté leur pays en 2015 pour fuir la « corruption » et surtout offrir un meilleur avenir à leurs enfants en France. Au prix de nombreux sacrifices et de leur propre déclassement social, ils sont parvenus à leur objectif pour trois d’entre eux : la fille aînée est architecte, un fils interne en biologie médicale et la petite dernière ambitionne de devenir commissaire aux comptes. Le quatrième, lui, est devenu terroriste, et personne n’arrive véritablement à y croire.
Aucun n’avait vu venir le basculement idéologique de Mohamed Medjdoub. Aucun ne l’a encore compris, six ans après les faits. Aucun n’a tenté d’en parler avec lui depuis son incarcération. Le sujet semble même être devenu un gigantesque tabou au sein de la famille : si les parents et le frère ont rapidement admis que Mohamed Medjdoub était bien le poseur de bombe, ce qu’il a lui-même reconnu tout au long de l’instruction, ses deux sœurs sont restées enfermées dans le déni jusqu’à leur déposition.
#« Ils savaient mes parents ? »
« Vous n’avez jamais parlé des faits avec notre frère depuis qu’il est en détention ? », a demandé le président, Jean-Christophe Hullin, à la sœur aînée, âgée de 33 ans, qui venait de déclarer qu’elle ne comprenait pas ce qu’elle faisait à la barre.
– Non.
– Pourquoi ?
– Ce n’est pas mon travail…
– Votre frère a reconnu, depuis maintenant près de six ans, sa participation à cet attentat, le fait d’avoir prêté allégeance à l’EI et a dit être prêt à recommencer s’il sortait de prison… », l’informe le magistrat.
La grande sœur semble réaliser, pour la première fois, que son frère est bien l’auteur de l’attentat. Elle s’effondre en larmes. « J’avais toujours, dans un coin de ma tête, l’idée que c’était pas lui », murmure-t-elle.
« – Peut-être vos parents ont-ils cherché à vous protéger ?, suggère le président.
– Ils savaient mes parents ? »
Après chaque déposition d’un membre de sa famille, le président a demandé à l’accusé s’il souhaitait réagir. « Vous voulez dire quelque chose à votre mère ? », « à votre sœur ? », « à votre père ? », « à votre frère ? », « à votre tante ? ». Le visage figé, sans même détourner le regard, Mohamed Medjdoub a répondu par un silence glacial, celui qu’il observe depuis le début de son procès et qui semble détruire sa famille comme un lent poison.
Bah c’est pas aussi un peu parce qu’ils ont pas mal de combats en commun avec l’ED ?
Moi je propose un truc : On prend un coin de planète paumé et désertique, quelque part en Sibérie. On y amène tous les tarés d’extrême droite : Fafs européens, patriotes dégénérés, islamistes, juifs extrémistes, et on leur fournit plein de matos militaire et on les laisse régler leurs haines entre eux, pendant que le reste du monde continue de vivre sa vie tranquillos sans eux.
maintenant même les intégristes sont plus intelligents que les électeur RN?
Les extrémistes savent que la droite et les mesures qui s’ensuivent sont des machines à fabriquer des rejetés de la République qui trouvent du confort ailleurs
Les extrêmes (droites) se rejoignent? : D
Ils jouent presque avec les mêmes cartes, ça ne m’étonne pas du tout
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