Alors que les États-Unis réclament une hausse drastique des budgets militaires, les alliés européens peinent à suivre, menaçant la cohésion de l’Alliance.
L’administration américaine exige désormais que les membres de l’Otan consacrent au moins 5 % de leur PIB à leur défense, un seuil bien au-delà des engagements actuels. Cette demande, formulée dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, place les pays européens dans une position délicate, tant sur le plan budgétaire que politique.
Si certains États, comme la Pologne ou les pays baltes, se rapprochent de cet objectif, la majorité des alliés restent loin du compte. La Belgique, l’Espagne ou l’Italie, par exemple, plafonnent autour de 2 %, un niveau déjà difficile à atteindre. Les États-Unis, eux, investissent 3,4 % de leur PIB dans leur armée, mais estiment que leurs partenaires doivent faire davantage pour garantir une sécurité collective crédible.
Les implications économiques d’une telle augmentation sont lourdes. Selon des experts, un effort massif sur les dépenses militaires pourrait déséquilibrer les finances publiques de plusieurs nations déjà endettées, tout en provoquant des tensions inflationnistes. Pour certains gouvernements, cette priorité budgétaire entre également en conflit avec d’autres besoins sociaux, rendant l’objectif politiquement inatteignable à court terme.
Face à ces divergences, des négociations sont en cours pour trouver un compromis. Certains évoquent un objectif intermédiaire, autour de 3,5 %, avant d’envisager une progression vers les 5 %. Toutefois, la question du calendrier et de la flexibilité dans le calcul des dépenses divise toujours les alliés.
Alors que le sommet de l’Otan approche, la pression monte pour parvenir à un accord. Sans concessions mutuelles, le risque d’une fracture au sein de l’Alliance se profile, remettant en cause son unité face aux défis sécuritaires actuels.