Deux ans avant l’élection présidentielle, la condamnation judiciaire de Marine Le Pen fait monter la température politique. Le RN rassemble ses soutiens à Paris, une partie de la gauche contre-manifeste dans la capitale, et le bloc central est convié à Saint-Denis par Gabriel Attal, dimanche 6 avril. Avant son rassemblement, le RN s’est lancé dans une vaste offensive, dénonçant avec véhémence les “juges tyrans”, selon Jean-Philippe Tanguy, député RN. “Il n’est ni sain ni souhaitable” d’organiser un rassemblement pour protester contre une décision de justice, a estimé François Bayrou dans une interview au Parisien.
Un rassemblement de soutien à Marine Le Pen. Dimanche à 15 heures place Vauban, la leader du RN prendra la parole à l’occasion du rassemblement à Paris. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, également condamné, doit aussi s’exprimer, tout comme le président du parti Jordan Bardella et celui du parti allié UDR Eric Ciotti. Avec un mot d’ordre : “sauvons la démocratie”.
Contre-manifestation de la gauche. Ce meeting du RN est “en réalité en opposition à la justice et contraire à l’Etat de droit”, a accusé Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Ecologistes, à l’initiative d’un appel au rassemblement, au même moment, place de la République à Paris. Marine Tondelier a jugé “normal” de se mobiliser “quand la République est menacée”, et “comprendrait mal que certains passent le week-end à se contorsionner (…) pour ne pas être là” pour ce rassemblement, auquel se sont joints La France insoumise et Générations, mais pas le PS ni le PCF.
Dans le “bloc central”, la mobilisation du RN change le ton du meeting prévu depuis plusieurs mois par Renaissance, dimanche à la Cité du Cinéma de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), premier évènement de l’ère ouverte par la prise de contrôle du parti macroniste par Gabriel Attal. Le jeune ex-Premier ministre a battu le rappel après l’annonce du rassemblement du RN, au nom de “l’Etat de droit” et de la défense de “la démocratie et nos valeurs”.