Comment vous êtes-vous retrouvé à Celje ?
L’été dernier, après la rétrogradation de Bordeaux, je devais signer à Almere aux Pays-Bas. J’étais sur la route vers mon nouveau club quand j’ai reçu un appel d’Albert Riera me disant qu’il voulait que je vienne. Je lui ai répondu que je m’étais déjà engagé verbalement et que je ne pouvais pas revenir sur ma parole. Il m’a envoyé des messages en novembre, en décembre. À Almere, on ne gagnait pas de matchs (NDLR : une victoire en 17 journées), je ne prenais pas trop de plaisir. J’en ai parlé avec mes agents, mes parents, puis j’ai pris la décision d’aller à Celje.
Aller jouer et vivre en Slovénie à 22 ans, c’est une décision facile à prendre ?
La Slovénie ou les Pays-Bas, ça ne change pas grand-chose : c’est la première fois que je partais dans un autre pays pour jouer au foot. Dans tous les cas, c’est une aventure. Je ne pensais pas forcément partir à l’étranger, mais je disais qu’il me fallait peut-être un déclic dans ma jeune carrière. Être un joueur banal de Ligue 2, c’est bien, mais je voulais voir autre chose, m’imposer ailleurs pour éventuellement revenir encore meilleur en France. C’était le bon moment.
Et la vie sur place ressemble à quoi ?
Les paysages slovènes rappellent un peu ceux de l’Ariège, d’où je viens, avec beaucoup de campagnes, de verdure et de fermes. Il y a deux ou trois grandes villes donc de quoi visiter, passer du bon temps. Ce n’est pas si différent de la France, c’est plus petit que Bordeaux avec moins de choses à faire mais ça me suffit. Après, autant ils parlent beaucoup anglais aux Pays-Bas, autant ici c’est rare. Donc au quotidien, ce n’est pas toujours pratique.
Vous aviez croisé Albert Riera l’été dernier aux Girondins, après votre retour de prêt à Quevilly-Rouen. Il vous avait fait bonne impression ?
On a fait quelques entraînements à Bordeaux et en stage. J’aime les entraîneurs qui veulent que leur équipe joue au ballon, repartent de l’arrière et donnent un rôle important aux joueurs comme moi, numéro 10 ou ailier, créateur. J’avais besoin de me sentir important. Avec lui, tout est dans les détails : comment me placer sur une touche, comment jouer un engagement. Il était ailier et gaucher lui aussi, donc il me donne des conseils. On joue à trois derrière en essayant d’avoir le surnombre au milieu pour attaquer la ligne défensive le plus vite possible. Ici, Albert Riera, c’est quelqu’un. Il est à la tête de la première équipe slovène de l’histoire à atteindre les quarts de finale d’une coupe d’Europe.
Celje est cinquième et irrégulier en championnat, mais qualifié pour les quarts de finale de la Ligue Conférence face à la Fiorentina les 10 et 17 avril prochains. Excitant ?
Des matchs comme ça, on n’en joue pas tous les ans ! Enfin, moi, ce sera la première fois (sourire). On est hyper impatients, ce sera du bon stress. Très peu de gens voyaient Celje aller aussi loin. Mais on ne se prend pas la tête, on joue match après match. Si on en est là, c’est qu’on le mérite. C’est magnifique pour tout le monde. La preuve : d’habitude il y a environ 5 000 personnes au stade, cette fois ce sera 15 000.
Vous êtes prêté avec option d’achat. Comment envisagez-vous la suite ?
Je ne me pose pas trop de questions, je donne le meilleur de moi même et je verrai comment ça se passe en fin de saison. A partir de 60 ou 70 % de matchs joués, l’option d’achat sera automatiquement levée. C’est bien parti. Même si je ne me vois pas faire toute ma vie ici, mais un petit moment, pourquoi pas !
Un œil sur les Girondins
Arrivé aux Girondins à 15 ans, Logan Delaurier-Chaubet (prêté à Quevilly-Rouen en L2 la saison dernière) a quitté le club comme quasiment tous ses camarades l’été dernier après la perte du statut professionnel. Il a gardé contact avec Emeric Depussay, de la même génération, et Jean Grillot. « Je regarde ce qu’ils font. C’est un club important qui a énormément compté pour moi, qui m’a fait grandir. C’est grâce aux Girondins que j’ai pu lancer ma carrière. Ça fait bizarre de les voir en N2 mais je suis sûr qu’ils vont revenir au plus haut niveau dans quelques années. »