l’essentiel
Utilisées massivement par l’aviation russe, les bombes planantes ont longtemps représenté une menace redoutable pour l’Ukraine. Mais selon plusieurs spécialistes, Kiev serait désormais capable d’en neutraliser une grande partie.

C’est l’une armes les plus meurtrières de l’arsenal russe, face à laquelle Kiev pourrait bien avoir trouvé la parade. Depuis plusieurs mois de conflit en Ukraine, l’armée russe utilise des bombes planantes, un héritage de l’époque soviétique, conçues pour frapper des cibles à longue distance tout en limitant les coûts.

A lire aussi :
ENTRETIEN. Guerre en Ukraine : “Un échec pour la Russie…” Front figé et tranchées renforcées, pourquoi l’armée russe piétine sur le terrain

Contrairement aux bombes classiques qui tombent à la verticale, ces bombes sont équipées d’un kit UMPK. Ce dispositif leur permet de déployer des ailes après le largage pour planer sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elles sont guidées par système GPS et peuvent transporter une charge explosive allant de plusieurs centaines de kilos à plus de trois tonnes.

En théorie, ces bombes sont destinées à frapper des centres de commandement ou des dépôts de munitions, loin de la ligne de front. Mais, en Ukraine, “les Russes se sont mis à les utiliser comme appui feu sur le champ de bataille”, explique à Ouest-France Stéphane Audrand, consultant en risques internationaux.

Brouillage GPS

Or, ce qui faisait leur redoutable efficacité semble aujourd’hui mis en échec. Plusieurs observateurs assurent en effet que l’armée ukrainienne aurait réussi à brouiller les signaux GPS guidant ces bombes. Conséquence : leur précision diminue, et leur capacité de destruction est fortement réduite.

A lire aussi :
Elle avait pris position pour que la guerre entre la Russie et l’Ukraine “prenne fin” : une joueuse russe change de nationalité sportive

Le 7 février dernier, Yuriy Ihnat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, a ainsi affirmé auprès de l’agence de presse RBC-Ukraine qu’une de ces bombes planantes avait été détruite en plein vol, dans la région de Zaporijia. “Ce n’est pas la première fois qu’une telle bombe aérienne guidée est abattue”, a assuré le porte-parole. “Une approche globale est nécessaire pour contrer cette menace, en utilisant à la fois des systèmes de défense antiaérienne basés au sol et des composants aéronautiques pour éloigner le plus possible les porteurs de ces bombes”, a-t-il ajouté.

Malgré ces avancées, la neutralisation des bombes planantes n’est pas non plus “un game-changer”, explique le général Jérôme Pellistrandi. Ces munitions lourdes restent dangereuses, mais leur effet est désormais plus limité. Ce développement illustre surtout, selon l’expert militaire, “à quel point la technologie joue un rôle essentiel” dans le conflit.