Avec la transition écologique, les métaux stratégiques comme le lithium, le cuivre ou le cobalt sont devenus indispensables à la fabrication des batteries, panneaux solaires ou éoliennes. Pour réduire sa dépendance aux importations, en particulier vis-à-vis de la Chine, l’Union européenne a lancé une stratégie de relance minière. Le Critical Raw Materials Act, adopté en 2024, prévoit l’ouverture de nouvelles mines, ainsi que le développement du traitement et du recyclage des matières premières critiques. En mars 2025, 47 projets ont été sélectionnés dans 13 pays européens, dont huit en France. Cette relocalisation vise à sécuriser l’approvisionnement industriel et à renforcer la souveraineté énergétique. Elle s’accompagne de procédures accélérées pour les autorisations, mais aussi de débats sur les impacts environnementaux, la gestion des anciens sites pollués et l’acceptabilité sociale de nouveaux projets extractifs. Certains acteurs défendent une extraction européenne plus encadrée, quand d’autres alertent sur les risques de pollution et appellent à privilégier la sobriété, le recyclage ou la transformation des usages. Au-delà des choix techniques, la question touche à des enjeux plus larges : quels besoins souhaite-t-on satisfaire ? Peut-on concilier développement industriel, exigences environnementales et participation citoyenne ?