Oui le chômage de masse est le premier problème économique de la France qui vient alimenter tout le reste (dont le désordre budgétaire).
Malheureusement pas facile à résoudre : formation continue et initial pertinente, attirer les entreprises par la carotte fiscale….
Cependant, ce problème nous est caché par le modèle social qui rend presque indolore la perte d’emploi (surtout pour les bas revenus). C’est à la fois agréable et terrible : on est politiquement pas intéressé par la création d’emplois (contrairement aux USA)
La grande angoisse du marché du travail est de retour sur le chômage, plutôt.
Solution : partage des richesses.
J’aime beaucoup le témoignage de la nana dans le luxe :
“Je pensais qu’avec les nouveaux budgets, ça allait repartir.”
Bah oui tiens.
La moitié sub si ce n’est plus hurlait qu’il fallait voter le budget Bayrou pour la stabilité du pays, et permettre aux différents secteurs d’employer des gens, et que la France allait cramer si le blocage perdurait.
Ben voilà le résultat. Bravo les champions.
>Article réservé aux abonnés
Oupa
____
**XAVIER LISSILLOUR**
Jordan, 27 ans, est ingénieur en automatismes, « un secteur qui ne connaît jamais la crise ». C’est du moins ce dont il était convaincu lorsqu’il a choisi cette voie. « Après le Covid, il y avait du travail à foison à Lyon. Sans trop exagérer, je pouvais quitter mon job et en retrouver un dans la semaine », raconte le jeune homme, qui, comme les autres demandeurs d’emploi interrogés pour cet article, préfère garder l’anonymat. Sûr de sa bonne étoile, il donne sa démission en décembre 2024. Mais il déchante vite. « Depuis, mes recherches ont fait chou blanc. Je propose aussi des missions de consultant dans ma spécialité, mais je ne trouve rien », déplore Jordan, inquiet pour l’avenir.
A Paris, Elisa est chargée de production dans le luxe, un secteur où, pensait-elle, la crise ne passerait pas. Et pourtant. Inscrite à France Travail depuis août 2023, la trentenaire enchaîne les missions ponctuelles. « J’attendais avec impatience la reprise de janvier, espérant qu’avec les nouveaux budgets, les offres d’emploi suivraient, confie-t-elle. Cela a été le cas sur une courte période, mais les annonces se font à nouveau plus rares. » Elle ne compte guère sur l’opérateur public pour trouver une planche de salut. « Je n’ai presque aucun contact avec mon conseiller France Travail, déplore-t-elle. On m’a dit : “Si vous acceptiez de travailler dans l’industrie agroalimentaire, ce serait plus facile.” Mais dois-je renoncer à mes dix ans d’expérience dans mon métier ? »
Crise, dégradation, retournement : les expressions ne manquent pas pour décrire ce que l’on observe depuis quelques mois sur le marché du travail. Entre 2014 et 2024, la France avait créé près de 2 millions d’emplois. Un record. Les tensions nées après la crise sanitaire due au Covid-19 ont ouvert les vannes : dans la foulée, des dizaines de milliers de personnes ont été embauchées dans les collectivités locales, la santé, le secteur médico-social. Les entreprises privées, confrontées à une pénurie de main-d’œuvre inédite, ont recruté plus qu’il n’était nécessaire pour s’assurer de disposer des bons effectifs « au cas où ».
Seulement voilà : depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la motion de censure à l’automne, puis les turbulences commerciales suivant le retour au pouvoir de Donald Trump, ainsi que la dégradation de la conjoncture, les bonnes nouvelles ont connu un coup d’arrêt. « Les incertitudes et l’absence de budget [adopté par l’Assemblée début février seulement] font que nos clients se sont mis en position d’attente, sur les investissements comme sur les recrutements », constate Benoît Derigny, président de ManpowerGroup France.
#Record de faillites en 2024
Le groupe Hellowork, acteur majeur sur le marché de la formation et du recrutement, a diffusé 2,7 millions d’offres d’emploi au premier trimestre 2025, soit 4,7 % de moins qu’au premier trimestre 2024. Sur les trois derniers mois de 2024, la baisse avait atteint 8 %. « En 2024, la dynamique de l’emploi s’est nettement tassée », confirme l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans sa note de prévision publiée mercredi 9 avril. Au quatrième trimestre, la trajectoire a même décroché : plus de 90 000 emplois nets ont été détruits. Un chiffre inédit depuis dix ans.
Partout en France, les plans sociaux se multiplient à mesure que la conjoncture se dégrade. La CGT en dénombrait environ 220 fin 2024, avec quelque 200 000 emplois menacés. Et la liste s’allonge tous les jours. Dans le seul département du Gard, trois acteurs industriels majeurs préparent des plans de sauvegarde : Perrier (164 personnes), Owen-Illinois, qui possède la Verrerie du Languedoc (316 personnes), et Royal Canin (118 personnes).
Ces prochains mois, nombre de territoires industriels risquent de connaître les mêmes difficultés. Les faillites ont atteint un record en 2024. Leur nombre reste à un niveau très élevé depuis le début de l’année 2025, et elles menacent plus de 70 000 emplois – du jamais-vu depuis la crise financière de 2008-2009. Et rien ne permet d’espérer un retournement de tendance : la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis fait craindre, en dépit des volte-face de la Maison Blanche sur les droits de douane (ils sont aujourd’hui de 10 % sur les produits européens, et de 25 % sur l’acier, l’aluminium et les automobiles du Vieux Continent), une nouvelle hémorragie dans l’industrie.
Les équipementiers automobiles évaluent ainsi que des droits de douane de 20 % pourraient détruire quelque 10 000 emplois dans leurs entreprises. Patrick Martin, le président du Medef, a évoqué sur LCI, le 3 avril, « des centaines de milliers d’emplois menacés » par la politique américaine. Un chiffre certes imprécis, car la guerre commerciale prend chaque jour un autre visage, mais qui démontre l’inquiétude des milieux d’affaires.
Attention, pâté de rant!
Je suis au chômage depuis deux semaines. J’étais contente de savoir que j’allais pouvoir toucher l’allocation, jusqu’à ce que j’apprenne que je n’aurai rien avant un mois et sept jours. Et en plus l’allocation ne permet pas de vivre. Heureusement, j’avais enfin réussi à mettre un petit peu de côté. C’est bien, je vais tout perdre. Je ne demandais qu’un mois ou deux de répit quoi… La recherche s’annonce compliquée et là c’est la course et l’angoisse latente… Je vois bien que le but est que les gens se bougent le cul pour retrouver un travail rapidement afin de ne pas avoir à leur donner du pognon mais quand-même, c’est maintenant que j’ai besoin d’aide, pas dans deux mois… Et une aide de merde, pardon. J’ai jamais touché l’allocation avant, je me suis toujours débrouillée pour trouver du travail, mais voilà, aujourd’hui c’est différent. Bordel…
Fin du rant.
Je me rappelle pas avoir vecu un jour sans cette angoisse.
Merci la filiere litteraire.
Du coup c’était bien le moment de détruire l’assurance chômage à coup de masse, histoire de bien plonger les gens dans la précarité
Sans emploi depuis la sortie de mon deuxième master y’a 8 mois ☝️
bah l’économie va mal, qu’est-ce que vous pensez qui se passe quand ça devient instable
Le plus dingue c’est que d’un côté sans travail tu arrive même pas a survivre (alors que c’est le but de notre protection sociale) , et d’un autre au travail c’est pas la panacée non plus pour des millions de français (ce taper 2H de trajets, des horaires a rallonge et métier fatiguant pour 1.2 SMIC max ?) , tout ça dans une économie qui dépend que les gens ai de l’énergie, du moral et de l’argent pour consommer.
On va droit dans le mur depuis des décennies, c’est pas des simples économies a droite a gauche qui vont changer la donne.
Chaque gouvernement annonce de nouvelles économies, et a chaque fois les mêmes rapaces attendent la crise pour faire payer toujours les mêmes.
Le contexte difficile est une aubaine pour les managers toxiques français a la Didier Lombard, aux charognards d’ESN, en passant par les escrocs pur et dur (fausse offre d’emploi)… Et quand le contexte ce bonifie , on gagne des clopinettes en +, bcp préfèrent attendre le retour de la crise pour nous éponger encore +.
Malheureusement, de nombreux patrons et manager bienveillant souffrent de ce contexte, amplifiant la peur du chômage : les bons employeurs n’ont plus les moyens d’embaucher et les mauvais attendent que ça pour vous transformer en nuggets.
Le plus dur pour ceux qui subissent le chômage , étant en plus de la perte de revenu réel malgré nos cotisations bien cher, c’est le regard des autres.
Je leur souhaite bien du courage en espérant retrouver un travail vite en dehors des profiteurs de la misère
“est de retour”
Comment ça, “de retour”, ptdr?
Quand ma femme a été licenciée, elle a attendu 6 mois pour toucher son chômage. Elle a dû refaire son dossier deux fois.
Si je n’avais pas été en cdi, je ne sais pas comment on aurait fait….
14 comments
parce que cette angoisse était parti ?
Oui le chômage de masse est le premier problème économique de la France qui vient alimenter tout le reste (dont le désordre budgétaire).
Malheureusement pas facile à résoudre : formation continue et initial pertinente, attirer les entreprises par la carotte fiscale….
Cependant, ce problème nous est caché par le modèle social qui rend presque indolore la perte d’emploi (surtout pour les bas revenus). C’est à la fois agréable et terrible : on est politiquement pas intéressé par la création d’emplois (contrairement aux USA)
La grande angoisse du marché du travail est de retour sur le chômage, plutôt.
Solution : partage des richesses.
J’aime beaucoup le témoignage de la nana dans le luxe :
“Je pensais qu’avec les nouveaux budgets, ça allait repartir.”
Bah oui tiens.
La moitié sub si ce n’est plus hurlait qu’il fallait voter le budget Bayrou pour la stabilité du pays, et permettre aux différents secteurs d’employer des gens, et que la France allait cramer si le blocage perdurait.
Ben voilà le résultat. Bravo les champions.
>Article réservé aux abonnés
Oupa
____
**XAVIER LISSILLOUR**
Jordan, 27 ans, est ingénieur en automatismes, « un secteur qui ne connaît jamais la crise ». C’est du moins ce dont il était convaincu lorsqu’il a choisi cette voie. « Après le Covid, il y avait du travail à foison à Lyon. Sans trop exagérer, je pouvais quitter mon job et en retrouver un dans la semaine », raconte le jeune homme, qui, comme les autres demandeurs d’emploi interrogés pour cet article, préfère garder l’anonymat. Sûr de sa bonne étoile, il donne sa démission en décembre 2024. Mais il déchante vite. « Depuis, mes recherches ont fait chou blanc. Je propose aussi des missions de consultant dans ma spécialité, mais je ne trouve rien », déplore Jordan, inquiet pour l’avenir.
A Paris, Elisa est chargée de production dans le luxe, un secteur où, pensait-elle, la crise ne passerait pas. Et pourtant. Inscrite à France Travail depuis août 2023, la trentenaire enchaîne les missions ponctuelles. « J’attendais avec impatience la reprise de janvier, espérant qu’avec les nouveaux budgets, les offres d’emploi suivraient, confie-t-elle. Cela a été le cas sur une courte période, mais les annonces se font à nouveau plus rares. » Elle ne compte guère sur l’opérateur public pour trouver une planche de salut. « Je n’ai presque aucun contact avec mon conseiller France Travail, déplore-t-elle. On m’a dit : “Si vous acceptiez de travailler dans l’industrie agroalimentaire, ce serait plus facile.” Mais dois-je renoncer à mes dix ans d’expérience dans mon métier ? »
Crise, dégradation, retournement : les expressions ne manquent pas pour décrire ce que l’on observe depuis quelques mois sur le marché du travail. Entre 2014 et 2024, la France avait créé près de 2 millions d’emplois. Un record. Les tensions nées après la crise sanitaire due au Covid-19 ont ouvert les vannes : dans la foulée, des dizaines de milliers de personnes ont été embauchées dans les collectivités locales, la santé, le secteur médico-social. Les entreprises privées, confrontées à une pénurie de main-d’œuvre inédite, ont recruté plus qu’il n’était nécessaire pour s’assurer de disposer des bons effectifs « au cas où ».
Seulement voilà : depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la motion de censure à l’automne, puis les turbulences commerciales suivant le retour au pouvoir de Donald Trump, ainsi que la dégradation de la conjoncture, les bonnes nouvelles ont connu un coup d’arrêt. « Les incertitudes et l’absence de budget [adopté par l’Assemblée début février seulement] font que nos clients se sont mis en position d’attente, sur les investissements comme sur les recrutements », constate Benoît Derigny, président de ManpowerGroup France.
#Record de faillites en 2024
Le groupe Hellowork, acteur majeur sur le marché de la formation et du recrutement, a diffusé 2,7 millions d’offres d’emploi au premier trimestre 2025, soit 4,7 % de moins qu’au premier trimestre 2024. Sur les trois derniers mois de 2024, la baisse avait atteint 8 %. « En 2024, la dynamique de l’emploi s’est nettement tassée », confirme l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans sa note de prévision publiée mercredi 9 avril. Au quatrième trimestre, la trajectoire a même décroché : plus de 90 000 emplois nets ont été détruits. Un chiffre inédit depuis dix ans.
Partout en France, les plans sociaux se multiplient à mesure que la conjoncture se dégrade. La CGT en dénombrait environ 220 fin 2024, avec quelque 200 000 emplois menacés. Et la liste s’allonge tous les jours. Dans le seul département du Gard, trois acteurs industriels majeurs préparent des plans de sauvegarde : Perrier (164 personnes), Owen-Illinois, qui possède la Verrerie du Languedoc (316 personnes), et Royal Canin (118 personnes).
Ces prochains mois, nombre de territoires industriels risquent de connaître les mêmes difficultés. Les faillites ont atteint un record en 2024. Leur nombre reste à un niveau très élevé depuis le début de l’année 2025, et elles menacent plus de 70 000 emplois – du jamais-vu depuis la crise financière de 2008-2009. Et rien ne permet d’espérer un retournement de tendance : la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis fait craindre, en dépit des volte-face de la Maison Blanche sur les droits de douane (ils sont aujourd’hui de 10 % sur les produits européens, et de 25 % sur l’acier, l’aluminium et les automobiles du Vieux Continent), une nouvelle hémorragie dans l’industrie.
Les équipementiers automobiles évaluent ainsi que des droits de douane de 20 % pourraient détruire quelque 10 000 emplois dans leurs entreprises. Patrick Martin, le président du Medef, a évoqué sur LCI, le 3 avril, « des centaines de milliers d’emplois menacés » par la politique américaine. Un chiffre certes imprécis, car la guerre commerciale prend chaque jour un autre visage, mais qui démontre l’inquiétude des milieux d’affaires.
Attention, pâté de rant!
Je suis au chômage depuis deux semaines. J’étais contente de savoir que j’allais pouvoir toucher l’allocation, jusqu’à ce que j’apprenne que je n’aurai rien avant un mois et sept jours. Et en plus l’allocation ne permet pas de vivre. Heureusement, j’avais enfin réussi à mettre un petit peu de côté. C’est bien, je vais tout perdre. Je ne demandais qu’un mois ou deux de répit quoi… La recherche s’annonce compliquée et là c’est la course et l’angoisse latente… Je vois bien que le but est que les gens se bougent le cul pour retrouver un travail rapidement afin de ne pas avoir à leur donner du pognon mais quand-même, c’est maintenant que j’ai besoin d’aide, pas dans deux mois… Et une aide de merde, pardon. J’ai jamais touché l’allocation avant, je me suis toujours débrouillée pour trouver du travail, mais voilà, aujourd’hui c’est différent. Bordel…
Fin du rant.
Je me rappelle pas avoir vecu un jour sans cette angoisse.
Merci la filiere litteraire.
Du coup c’était bien le moment de détruire l’assurance chômage à coup de masse, histoire de bien plonger les gens dans la précarité
Sans emploi depuis la sortie de mon deuxième master y’a 8 mois ☝️
bah l’économie va mal, qu’est-ce que vous pensez qui se passe quand ça devient instable
Le plus dingue c’est que d’un côté sans travail tu arrive même pas a survivre (alors que c’est le but de notre protection sociale) , et d’un autre au travail c’est pas la panacée non plus pour des millions de français (ce taper 2H de trajets, des horaires a rallonge et métier fatiguant pour 1.2 SMIC max ?) , tout ça dans une économie qui dépend que les gens ai de l’énergie, du moral et de l’argent pour consommer.
On va droit dans le mur depuis des décennies, c’est pas des simples économies a droite a gauche qui vont changer la donne.
Chaque gouvernement annonce de nouvelles économies, et a chaque fois les mêmes rapaces attendent la crise pour faire payer toujours les mêmes.
Le contexte difficile est une aubaine pour les managers toxiques français a la Didier Lombard, aux charognards d’ESN, en passant par les escrocs pur et dur (fausse offre d’emploi)… Et quand le contexte ce bonifie , on gagne des clopinettes en +, bcp préfèrent attendre le retour de la crise pour nous éponger encore +.
Malheureusement, de nombreux patrons et manager bienveillant souffrent de ce contexte, amplifiant la peur du chômage : les bons employeurs n’ont plus les moyens d’embaucher et les mauvais attendent que ça pour vous transformer en nuggets.
Le plus dur pour ceux qui subissent le chômage , étant en plus de la perte de revenu réel malgré nos cotisations bien cher, c’est le regard des autres.
Je leur souhaite bien du courage en espérant retrouver un travail vite en dehors des profiteurs de la misère
“est de retour”
Comment ça, “de retour”, ptdr?
Quand ma femme a été licenciée, elle a attendu 6 mois pour toucher son chômage. Elle a dû refaire son dossier deux fois.
Si je n’avais pas été en cdi, je ne sais pas comment on aurait fait….
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