Les familles des 59 otages encore détenus à Gaza depuis 562 jours se sont rassemblées dimanche matin près du kibboutz Nir Oz pour faire entendre leurs voix. Équipées d’amplificateurs puissants, elles ont crié des messages à l’attention de leurs proches captifs. “Nimrod, mon enfant chéri, c’est maman. Si tu m’entends, je veux te dire combien je t’aime. Tu nous manques tellement”, a lancé Vicki Cohen, mère du soldat enlevé. “Ta chambre t’attend, tes amis, nous tous. Ne perds pas espoir.” En entretien, Mme Cohen a dénoncé l’attitude du gouvernement : “C’est inimaginable qu’hier, pendant que 59 otages croupissent en captivité et que des soldats meurent, le gouvernement célébrait la Mimouna. Ils n’ont ni morale ni conscience.”

Ilana Gritzewsky, ex-otage libérée en novembre dernier dont le compagnon Matan Tzangauker est toujours captif, a crié : “Matan ! Tu m’entends ? C’est Ilana. Je suis vivante. Je suis avec toi. Je sais ce que tu traverses parce que j’y étais aussi. J’en ai assez de me réveiller dans un lit vide. Je ne peux pas me reconstruire sans toi.” Varda Ben Baruch, grand-mère d’Idan Alexander, qui possède la nationalité américaine, était également présente : “Nous sommes venus crier notre détresse et faire entendre leur voix. Il a un cœur en or. Des otages libérés nous ont raconté qu’Idan les a aidés et réconfortés.”

La veille, le Premier ministre Netanyahou avait confirmé le rejet par le Hamas de la dernière proposition israélienne de cessez-le-feu, déclarant : “Je ne céderai pas aux meurtriers qui ont commis le massacre le plus horrible depuis la Shoah.” Allon Nimrodi, père d’un soldat captif, a critiqué la gestion de la crise : “Je ne crois pas au Hamas, mais je ne crois pas non plus à Bibi Netanyahou. La division entre les familles d’otages, sous l’égide du gouvernement israélien, existe presque depuis le premier jour. Netanyahou choisit de parler à certaines familles d’otages, c’est tout simplement scandaleux.”