Il fallait être naïf, et je le fus, pour souscrire à l’idée que la mondialisation allait nous apporter un bien-être supplémentaire et la paix entre les peuples. Or, elle n’est qu’un concept de nouveau monde établi sur la souveraineté illimitée des flux de marchandises, des capitaux, des personnes et des droits individuels. L’Europe ne serait que le laboratoire expérimental d’une future gouvernance mondiale, espérée et souhaitée depuis longtemps par une élite inféodée à la finance. En 1919, est créée la Société des Nations, dont l’un des buts était le business planétaire par-dessus les souverainetés à l’ancienne. Ce fut un échec. Il y eut ensuite la CECA, en 1951, et Le traité de Rome, en 1957. Il fallait faire l’Europe à tout prix pour avancer vers la mondialisation et la gouvernance mondiale. Aujourd’hui, la pilule de l’échec est amère. Il était évident que cette politique qui a conduit à la désindustrialisation de la France, à qui on prit soin d’enlever sa souveraineté (traité de Maastricht), ne pouvait conduire qu’à l’appauvrissement du pays. Aujourd’hui, la classe politique ne parle que de retrouver la souveraineté et de réindustrialisation le pays. C’est un peu tard.