Face à l’annulation des visas d’une délégation d’élus français de gauche par les autorités israéliennes, Raquel Garrido, ancienne porte-parole de La France Insoumise, est montée au créneau sur le plateau d’i24NEWS. 

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Des élus de gauche persona non grata en Israël

Une délégation sous haute tension

“Le but de cette visite en Israël et Palestine était évidemment de venir sur place pour s’intéresser à une situation qui concerne bien entendu les Israéliens, les Palestiniens, mais aussi les Français, l’humanité toute entière,” a expliqué Raquel Garrido.

La délégation, composée de 27 élus, parlementaires et représentants associatifs français – dont Alexis Corbière et François Ruffin – devait se rendre en Israël à l’invitation, selon elle, “du Consul de France à Jérusalem”. Un programme chargé les attendait : briefing par les autorités françaises, rencontres avec des organisations pacifistes comme “Standing Together”, visites de mairies, et même une dimension solidaire avec “des instruments de musique pour des conservatoires”. Mais l’affaire a pris une tournure diplomatique lorsque, 48 heures avant le départ, les visas de la délégation ont été révoqués par les autorités israéliennes.

Le démenti catégorique d’un lien avec l’AFPS

Face aux justifications des autorités israéliennes, qui ont évoqué un lien entre cette délégation et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), accusée de promouvoir le boycott d’Israël, Raquel Garrido a été formelle : “C’est totalement faux, et vraiment cela me surprend que le niveau de renseignement des autorités israéliennes soit à ce point faible.”

“La FPS n’a rien à voir avec ce déplacement, rien à voir,” a-t-elle martelé, précisant que “aucun membre de la délégation n’est membre de la FPS.” Une erreur de renseignement selon elle, qui masque des motivations plus politiques.

“Rendre visible le camp de la paix”

Pour l’ancienne députée, cette interdiction traduit une volonté de censurer une réalité dérangeante pour le gouvernement israélien actuel : l’existence d’un “camp de la paix” en Israël. “Ce qui est intéressant quand une délégation telle que celle-ci visite Israël et Palestine, c’est de bien montrer et rendre visible le fait qu’il n’y a pas que des partisans de la guerre en Israël et en Palestine,” a-t-elle souligné avec conviction.

“Et c’est peut-être cela qui a été refusé de la part des autorités, parce que la visite évidemment de personnalités telles qu’Alexis Corbière, François Ruffin, Soumya Bourouaha et d’autres parlementaires et d’autres élus, rend visible aussi ce camp de la paix en Israël.”

Une tension palpable sur le plateau

L’échange avec les journalistes d’i24NEWS a parfois tourné à la joute verbale, notamment lorsque la question du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) a été évoquée. “Attendez, pardon, mais là je pense que le sujet, voyez comment il y a une habileté… Le sujet c’est : est-ce que nous les Français, on peut parler à la société israélienne sans d’abord passer par les fourches caudines d’un soutien à Netanyahou ?” a rétorqué Garrido, refusant de se laisser entraîner sur ce terrain.

L’ancienne élue a également battu en brèche l’idée qu’il s’agissait d’une délégation hostile à Israël : “Cette délégation n’est pas dans une logique de boycott d’Israël, puisque c’est très clair que la fonction de ce voyage, c’était de parler avec les Israéliens.”

“Ne pas confondre la société israélienne avec le massacre de Gaza”

Dans sa conclusion, Raquel Garrido a livré ce qui semble être le cœur de son message : la nécessité de distinguer entre le gouvernement israélien et la société civile.

“Aujourd’hui l’important c’est que la société israélienne ne soit pas tout entière confondue avec le massacre de Gaza tel qu’il est organisé par l’extrême droite israélienne qui est au pouvoir,” a-t-elle déclaré, dans une formulation qui n’a pas manqué de faire réagir.

Elle a également évoqué le soutien de l’organisation israélienne Standing Together, qui selon elle “dénonce ce refus et demande à ce que les visas puissent être donnés pour les Français qui viennent reconnaître ce camp de la paix en Israël.”