Les faits se sont déroulés jeudi vers 12h30 au collège-lycée privé Notre-Dame de Toutes-Aides. Un élève armé d’un couteau s’est attaqué à quatre de ses camarades, avant d’être maîtrisé par le corps enseignant et interpellé.

Après s’être rendue dans le lycée en fin d’après-midi aux côtés de son collègue de l’Intérieur Bruno Retailleau, la ministre de l’Education Élisabeth Borne a indiqué qu’il n’y avait « pas de garantie » qu’un des trois jeunes blessés soit « totalement tiré d’affaire ».

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« Le courage de ces professeurs qui sont intervenus, qui ont eu le courage d’affronter un jeune qui était armé et qui venait de blesser et de tuer une élève. »

« Je voudrais à nouveau saluer le courage de ces professeurs qui sont intervenus, qui ont eu le courage d’affronter un jeune qui était armé et qui venait de blesser et de tuer une élève », a déclaré Elisabeth Borne. Selon Bruno Retailleau, qui s’est également rendu à Nantes, cette attaque mortelle n’est « pas un fait divers mais un fait de société », dénonçant « l’ensauvagement » de la société.

« Je pose la question de fond de la santé mentale de nos jeunes »

Emmanuel Macron a aussi réagi à ce drame. « J’adresse mes pensées émues aux familles, aux lycéens et à toute la communauté éducative dont la Nation partage le choc et la peine. Par leur intervention, des professeurs ont sans doute empêché d’autres drames. Leur courage force le respect », a réagi sur X le président de la République.

Sur place à Nantes, la rue menant à l’établissement a longtemps été bouclée par un périmètre de sécurité surveillé par de nombreux policiers et des militaires de Vigipirate.

De source proche du dossier, les cours sont maintenus vendredi pour l’école primaire mais suspendus pour les collégiens et les lycéens, la cellule psychologique restera ouverte au sein du groupe scolaire.

Aux côtés de Bruno Retailleau et Elisabeth Borne, la maire de Nantes Johanna Rolland a dit ne pas vouloir faire de « politique ». « Je suis la maire d’une ville endeuillée. La politique c’est pour un autre moment. Je pose la question de fond de la santé mentale de nos jeunes », a dit l’élue.

De rares précédents

Les meurtres à l’intérieur des établissements scolaires restent rares. En février 2023, un lycéen avait poignardé son enseignante avec un couteau de cuisine dans un établissement privé de Saint-Jean-de-Luz.

Un mail de 13 pages envoyé juste avant pour expliquer son geste
« Le lycéen, les gens le connaissaient comme dépressif, il disait qu’il adorait Hitler. Il a envoyé un mail de 13 pages à tout le monde pour expliquer tous ses problèmes à midi », a expliqué une jeune collégienne.
Dans ce mail, « la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain », l’assaillant revendique une « révolte biologique » pour que « l’équilibre naturel, même cruel » reprenne « sa place ». Contre « l’écocide globalisé » en cours, il plaide en faveur d’une « misanthropie active ».
Une mère de famille raconte que le suspect était dans la même classe que sa fille aînée l’année dernière, ajoutant que ses camarades le décrivaient comme « chelou ». Mais à cet âge-là, nuance-t-elle, être « chelou », « ça concerne un tiers des gamins dans une classe. »

Des portiques à l’entrée des établissements ? C’est « une piste », dit Bayrou
François Bayrou a estimé jeudi, après l’attaque mortelle d’une adolescente dans un lycée de Nantes, que l’installation de portiques à l’entrée des établissements scolaires était « une piste » pour éviter de nouvelles attaques au couteau dans les écoles. « Un couteau, une arme blanche potentiellement dangereuse et même létale […] ces armes-là, elles doivent être bannies, donc elles doivent être pourchassées. »
Le Premier ministre, qui « en appelle à un sursaut collectif » face à la « violence endémique » dans « une partie de notre jeunesse », veut également que « des propositions concrètes en matière de prévention, de réglementation et de répression, lui soient soumises sous quatre semaines » autour des « violences commises par les mineurs avec des armes blanches », a fait savoir Matignon.
En mars, après une rixe qui avait provoqué la mort d’un jeune de 17 ans devant un lycée en Essonne, les ministres de l’Education Elisabeth Borne et de l’Intérieur Bruno Retailleau avaient appelé les préfets et recteurs d’académie à mener « des contrôles aléatoires aux abords des établissements scolaires » d’ici à « la fin de l’année scolaire ». A Paris, peu après l’affaire Elias, décédé le 25 janvier à 14 ans des suites d’une agression avec une machette, un plan de prévention contre le port des armes blanches chez les mineurs a été présenté en mars par le préfet de police de Paris Laurent Nuñez.