La décontraction dont semble faire preuve la pilier du Stade Bordelais Yllana Brosseau (24 ans, 20 sélections) sera peut-être l’une des meilleures armes pour disputer le match plein d’enjeux et de pression que représente le Angleterre-France de ce samedi (17 h 45). Twickenham accueille la finale du Tournoi des Six-Nations féminin 2025 et verra si, en cette année de Coupe du monde, les Anglaises remportent leur sixième Grand Chelem de rang ou si les Françaises signent leur premier carton plein depuis 2018.
Avant cela, la première ligne bordelaise analyse les différentes dimensions de l’immense défi qui attend le XV de France face à la meilleure nation du monde.
1 Défi physique
« On l’a beaucoup répété mais c’est une équipe plus dense et plus physique que nous. Cette semaine, on a donc beaucoup travaillé sur les phases de combat, défense, mêlée et ballons portés en mettant l’accent sur notre technique dans chacun de ces domaines. Dans le jeu, je pense qu’on a une plus grande capacité à courir, enchaîner, se déplacer. On a aussi un collectif fort qui nous sert beaucoup dans les moments où on subit. On arrive à faire le dos rond, rattraper le plaquage manqué de la copine et garder la tête froide pour ne rien lâcher, même si l’adversaire arrive à 1 mètre de la ligne. En mêlée, nous avons insisté sur notre tempo commun et sur les ballons portés, nous avons retravaillé les connexions et le placement parce qu’on avait laissé des failles et trop d’espaces à l’adversaire pour s’enrouler autour de nous. »

La pilier bordelaise a débuté tous les matchs de ce Tournoi au poste de pilier gauche.
AFP
2 Défi mental
« Le groupe est jeune, composé de filles qui n’ont pas connu les nombreuses défaites face aux Anglaises, et même de joueuses qui ne les ont carrément pas encore affrontées. Il y a donc moins d’antécédents négatifs dans l’équipe qui sera sur la pelouse et on s’en est servies pour préparer le match. On a gagné ensemble depuis le début de ce Tournoi et on a emmagasiné de la confiance. On s’est aussi resserrée cette semaine en travaillant fort et en se donnant beaucoup d’énergie entre nous donc on vient à Twickenham avec rien à perdre et pour tout donner. On reste consciente du constat que c’est une très grosse équipe, mais on a aussi nos forces. »
3 Défi stratégique
« On a poursuivi les efforts entamés depuis le début du Tournoi sur le perfectionnement de nos techniques individuelles et collectives. Comme je le disais, le déplacement dont on est capables et la précision que l’on a encore travaillée cette semaine devront nous permettre de mettre en place notre jeu. Le but est de réussir à être au maximum de l’engagement tout en restant dans le cadre. On est en fin de compétition, donc il y a aussi eu de la gestion de la fatigue et des petits pépins donc moins d’entraînements. Ils n’ont été pas moins intensifs, vu ce qui nous attend, mais le but était de garder de la fraîcheur pour samedi. »
« En championnat, je la vois souvent traverser le terrain, c’est une pilier attaquante et moi plutôt défensive donc je l’attends ! »4 Défi personnel
« Je connais un peu Maud Muir (23 ans, 35 sélections et pilier droite de l’équipe type du Tournoi 2024, NDLR) pour la suivre sur la Premiership anglaise et pour avoir regardé en détail ses matchs sur cette compétition (2 fois titulaire, 2 fois remplaçante). Je sais qu’elle est très puissante mais aussi très active, qu’elle se propose beaucoup. En championnat, je la vois souvent traverser le terrain. C’est une pilier attaquante et moi plutôt défensive, donc je l’attends. Je vais essayer de lui couper l’herbe sous le pied dans ses avancées mais je suis confiante. Et vu l’énergie de cette semaine, je pense que le groupe aussi. On sait d’où on part, ce qu’on a travaillé pour être là aujourd’hui. Je sais que je pars à la guerre avec 22 filles et j’ai hâte de jouer ce match. »