**Climat : le rapport du Giec cible les énergies fossiles**
**Le Giec publie ce lundi le dernier volet de son sixième rapport sur le climat. Les experts de l’ONU soulignent que la « réduction substantielle » des combustibles fossiles et le recours aux énergies renouvelables font partie des moyens les plus efficaces pour limiter les dérèglements climatiques.**
C’est le plus long retard jamais enregistré pour la validation de travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) depuis sa création en 1988.
Le premier volet du sixième rapport d’évaluation par les expert·es de l’ONU, publié en août 2021, avait démontré l’amplification sans précédent du réchauffement planétaire, et le deuxième, édité en février, avait détaillé ses impacts de plus en plus irréversibles.
Pour cette ultime partie, publiée lundi 4 avril, 278 auteurs et autrices se sont attelées à explorer les solutions afin de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Cet opus, à la portée plus politique, a été l’objet de nombreuses tractations pour son approbation finale par les 195 pays membres du Giec.
Dans un contexte énergétique inédit à la suite du chamboulement géopolitique créé par la guerre en Ukraine, la finance climatique ou encore la sortie des énergies fossiles ont été des points de blocage pour, respectivement, l’Inde et l’Arabie saoudite.
**Des solutions entre nos mains**
Au-delà de ces négociations intenses, le Giec a voulu insister sur le fait que l’humanité possédait déjà entre ses mains les solutions pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans l’optique de maintenir le réchauffement global à 1,5 °C.
Malgré le fait que la fenêtre de temps pour agir est désormais minime – huit ans d’ici à 2030, soit un trou de souris au vu de la catastrophe climatique déjà en cours –, Hoesung Lee, le président du Giec, s’est montré optimiste : « Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous prenons maintenant peuvent garantir un avenir vivable. Nous disposons des outils et du savoir-faire nécessaires pour limiter le réchauffement. »
L’étude du Giec démontre que, depuis 2010, les coûts de l’énergie solaire et des batteries ont diminué de 85 % et ceux de l’énergie éolienne de 55 %. Les scientifiques insistent sur le fait qu’un nombre croissant de politiques et de lois ont amélioré l’efficacité énergétique, réduit les taux de déforestation et accéléré le déploiement des énergies renouvelables. Au moins 18 pays à travers le globe sont parvenus à réduire leurs émissions pendant plus de 10 ans.
L’agriculture ou la sylviculture peuvent aussi permettre de réduire massivement les émissions et de stocker du carbone à grande échelle. D’après le Giec, la plantation d’arbres ou encore l’agroforesterie pour contrebalancer les gaz à effet de serre difficiles à éliminer seront inévitables si l’on veut atteindre à l’avenir la neutralité carbone.
Mais les chercheurs alertent que ces solutions dites « naturelles », si elles sont déployées à grande échelle et lorsque le régime foncier est précaire, peuvent avoir des impacts socioéconomiques et écologiques négatifs : « Les peuples autochtones, les propriétaires de forêts privées, les agriculteurs et les communautés locales gèrent une part importante des forêts et des terres agricoles mondiales, et jouent un rôle central dans les options d’atténuation basées sur les terres. » Et d’ajouter : « Les terres ne peuvent pas compenser les retards de réductions d’émissions dans d’autres secteurs. »
“*Les énergies solaire et éolienne ont, pour l’horizon 2030, un potentiel de réduction des émissions nettes de CO2 environ 4 fois supérieur à l’énergie atomique.”*
À l’échelle urbaine, le Giec met en lumière que les stratégies permettant aux villes de réaliser d’importantes économies en matière de rejets de CO2 incluent l’amélioration et la rénovation du parc immobilier mais aussi la promotion de la marche, du vélo et des transports publics.
Enfin, les véhicules électriques alimentés par de « l’électricité à faibles émissions » offrent, selon les experts, le plus grand potentiel de décarbonisation pour les transports terrestres.
Une électricité propre qui n’est pas forcément synonyme de plus de centrales nucléaires puisque les travaux du Giec jugent que les énergies solaire et éolienne ont, pour l’horizon 2030, un potentiel de réduction des émissions nettes de CO2 environ 4 fois supérieur à l’énergie atomique.
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**Climat : le rapport du Giec cible les énergies fossiles**
**Le Giec publie ce lundi le dernier volet de son sixième rapport sur le climat. Les experts de l’ONU soulignent que la « réduction substantielle » des combustibles fossiles et le recours aux énergies renouvelables font partie des moyens les plus efficaces pour limiter les dérèglements climatiques.**
C’est le plus long retard jamais enregistré pour la validation de travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) depuis sa création en 1988.
Le premier volet du sixième rapport d’évaluation par les expert·es de l’ONU, publié en août 2021, avait démontré l’amplification sans précédent du réchauffement planétaire, et le deuxième, édité en février, avait détaillé ses impacts de plus en plus irréversibles.
Pour cette ultime partie, publiée lundi 4 avril, 278 auteurs et autrices se sont attelées à explorer les solutions afin de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Cet opus, à la portée plus politique, a été l’objet de nombreuses tractations pour son approbation finale par les 195 pays membres du Giec.
Dans un contexte énergétique inédit à la suite du chamboulement géopolitique créé par la guerre en Ukraine, la finance climatique ou encore la sortie des énergies fossiles ont été des points de blocage pour, respectivement, l’Inde et l’Arabie saoudite.
**Des solutions entre nos mains**
Au-delà de ces négociations intenses, le Giec a voulu insister sur le fait que l’humanité possédait déjà entre ses mains les solutions pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans l’optique de maintenir le réchauffement global à 1,5 °C.
Malgré le fait que la fenêtre de temps pour agir est désormais minime – huit ans d’ici à 2030, soit un trou de souris au vu de la catastrophe climatique déjà en cours –, Hoesung Lee, le président du Giec, s’est montré optimiste : « Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous prenons maintenant peuvent garantir un avenir vivable. Nous disposons des outils et du savoir-faire nécessaires pour limiter le réchauffement. »
L’étude du Giec démontre que, depuis 2010, les coûts de l’énergie solaire et des batteries ont diminué de 85 % et ceux de l’énergie éolienne de 55 %. Les scientifiques insistent sur le fait qu’un nombre croissant de politiques et de lois ont amélioré l’efficacité énergétique, réduit les taux de déforestation et accéléré le déploiement des énergies renouvelables. Au moins 18 pays à travers le globe sont parvenus à réduire leurs émissions pendant plus de 10 ans.
L’agriculture ou la sylviculture peuvent aussi permettre de réduire massivement les émissions et de stocker du carbone à grande échelle. D’après le Giec, la plantation d’arbres ou encore l’agroforesterie pour contrebalancer les gaz à effet de serre difficiles à éliminer seront inévitables si l’on veut atteindre à l’avenir la neutralité carbone.
Mais les chercheurs alertent que ces solutions dites « naturelles », si elles sont déployées à grande échelle et lorsque le régime foncier est précaire, peuvent avoir des impacts socioéconomiques et écologiques négatifs : « Les peuples autochtones, les propriétaires de forêts privées, les agriculteurs et les communautés locales gèrent une part importante des forêts et des terres agricoles mondiales, et jouent un rôle central dans les options d’atténuation basées sur les terres. » Et d’ajouter : « Les terres ne peuvent pas compenser les retards de réductions d’émissions dans d’autres secteurs. »
“*Les énergies solaire et éolienne ont, pour l’horizon 2030, un potentiel de réduction des émissions nettes de CO2 environ 4 fois supérieur à l’énergie atomique.”*
À l’échelle urbaine, le Giec met en lumière que les stratégies permettant aux villes de réaliser d’importantes économies en matière de rejets de CO2 incluent l’amélioration et la rénovation du parc immobilier mais aussi la promotion de la marche, du vélo et des transports publics.
Enfin, les véhicules électriques alimentés par de « l’électricité à faibles émissions » offrent, selon les experts, le plus grand potentiel de décarbonisation pour les transports terrestres.
Une électricité propre qui n’est pas forcément synonyme de plus de centrales nucléaires puisque les travaux du Giec jugent que les énergies solaire et éolienne ont, pour l’horizon 2030, un potentiel de réduction des émissions nettes de CO2 environ 4 fois supérieur à l’énergie atomique.