Parfois, quand on demande aux Rochelais s’ils gardent en tête le passé au moment de retrouver un adversaire, ils assurent que ce n’est pas le cas. Cela ne s’est pas passé ainsi, jeudi 24 avril, lorsque l’on a évoqué avec eux le 34-14 subi à Chaban-Delmas il y a près d’un an, le 11 mai 2024. Tawera Kerr-Barlow n’était pas sur la feuille quand son équipe avait été balayée dans des proportions que ne dit pas le score, pourtant, « je n’oublierai jamais ça, glisse le demi de mêlée néo-zélandais. On a beaucoup de motivation, d’ambition. »

Et un peu plus de souffle, peut-être. En 2024, il avait fallu attendre cette claque girondine pour voir les Jaune et Noir pousser les curseurs de l’intensité à l’entraînement, ce qui leur avait permis de finir en trombe. Un an plus tard, le déclic est intervenu plus tôt, dans la foulée de l’élimination en Champions Cup face au Munster. La nécessité d’en passer par des désillusions pour corriger le tir interroge ? « Ce n’est peut-être pas la perception de beaucoup, mais je sais que les avants sont super ‘’fit’’ (en forme, NDLR) ici. Le problème, c’est juste leur capacité à enchaîner les phases. Ce n’est pas lié à la forme, mais à la précision. Il y a une grande différence », pointe Ronan O’Gara.

« Souffrir ensemble »

Pourtant, le manager rochelais espère dans le même temps que le travail physique effectué au Cap Ferret, un peu plus de deux semaines plus tôt, porte ses fruits : « C’est le but d’un bon stage. Mais c’est aussi lié à la capacité de souffrir ensemble. C’est nécessaire de souffrir parce que, avec un peu de recul, peut-être qu’il y a eu des mois où le travail n’était pas fait. Je vous promets que maintenant, il y a un gros focus sur le ‘’fitness’’, et les joueurs sont intéressés par le fait d’avoir plus de ‘’ball in play’’ (temps de jeu effectif, NDLR). On est une équipe différente avec du tempo. »

« Avec un peu de recul, peut-être qu’il y a eu des mois où le travail n’était pas fait »

« Ce n’est pas le stage qui, physiquement, nous a transformés mais, en tout cas, on a travaillé dur et je pense qu’il y a eu un petit déclic mental pour tout le monde, complète Grégory Alldritt. Le stage et surtout cette défaite contre le Munster l’ont amené, c’est là-dessus que ça nous a fait évoluer. » Sera-ce suffisant pour faire mieux que la saison passée à Chaban-Delmas ? « On avait été ultra-dominés devant. À nous, d’être un peu plus costauds devant et au moins d’avoir le visage d’une équipe qui donne tout pour le maillot sur le terrain », souligne en tout cas le capitaine, qui n’a lui non plus pas oublié que son équipe avait « mal vécu » cette déroute.