**Ces voix africaines qui soutiennent la guerre russe en Ukraine**
**Considérer que Kyiv a gagné la bataille de la communication face à la Russie est un point de vue très européen. Sur le continent africain, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre les positions de Moscou – et elles ne sont pas toutes des « trolls » créés par les services russes.**
Un vote a fait éclater le malentendu au grand jour. Le 2 mars, l’Assemblée générale de l’ONU examinait une résolution condamnant « l’agression de la Russie contre l’Ukraine ». Son adoption par une large majorité d’États (141 sur 193) a été presque immédiatement suivie de questions, en Europe et aux États-Unis, sur le vote des pays africains.
Si vingt-huit d’entre eux ont voté pour la résolution, dix-sept se sont abstenus et huit n’ont pas pris part au vote – un a voté contre, l’Érythrée. Des positions finalement assez proches de celles de 2014, lorsqu’il s’agissait de condamner l’annexion de la Crimée, mais qui ont surpris le reste du monde.
Dans une pluie d’articles parus les jours suivants, diplomates et chercheurs en relations internationales ont été pressés de commenter cette « exception africaine ». Parmi les explications pointées : les liens historiques de certains de ces pays avec Moscou, ceux noués plus récemment autour de partenariats militaires (comme au Mali et en République centrafricaine), la tradition de « non-alignement » de certaines diplomaties du continent, ou encore des formes de dépendance économiques (aux exportations de blé et d’armes russes, notamment).
Toutes comportent certainement une part de vérité. Mais au-delà de leurs gouvernements, que sait-on des perceptions de la guerre en Afrique ? Elles sont, par définition, très compliquées à sonder. Le continent est vaste, les enquêtes d’opinion pas plus fiables qu’ailleurs.
Une certitude se dégage, toutefois : depuis le début du conflit, les voix qui s’élèvent pour soutenir Moscou y sont indéniablement plus nombreuses qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Et elles ne sont pas uniquement le fait de « trolls » ou le fruit d’opérations de désinformation dont le Kremlin et ses sous-traitants se sont fait une spécialité.
Les écouter nous rappelle que l’idée que l’Ukraine aurait « gagné la bataille de la communication » est un point de vue très européen.
Osef
La mésinformation fait des ravages autant en “Afrique” qu’ailleurs (je mets des guillemets parce que bon quand on en est à parler d’Afrique on fait des généralisations telles que tout ce qu’on dit n’a plus trop de sens).
> [toutes les quotes de Patrick Mulemera]
Lui il a pas oublié d’être un gros batard.
A mon avis, plus une manifestation d’anti-France que de pro-Russie. Mais j’en sais rien, c’est juste un sentiment.
Très intéressant partage, merci. Les problématiques de bulle informationelle, de légitimité morale et de décolonisation sont au coeur de la place de l’Occident dans le monde.
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**Ces voix africaines qui soutiennent la guerre russe en Ukraine**
**Considérer que Kyiv a gagné la bataille de la communication face à la Russie est un point de vue très européen. Sur le continent africain, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre les positions de Moscou – et elles ne sont pas toutes des « trolls » créés par les services russes.**
Un vote a fait éclater le malentendu au grand jour. Le 2 mars, l’Assemblée générale de l’ONU examinait une résolution condamnant « l’agression de la Russie contre l’Ukraine ». Son adoption par une large majorité d’États (141 sur 193) a été presque immédiatement suivie de questions, en Europe et aux États-Unis, sur le vote des pays africains.
Si vingt-huit d’entre eux ont voté pour la résolution, dix-sept se sont abstenus et huit n’ont pas pris part au vote – un a voté contre, l’Érythrée. Des positions finalement assez proches de celles de 2014, lorsqu’il s’agissait de condamner l’annexion de la Crimée, mais qui ont surpris le reste du monde.
Dans une pluie d’articles parus les jours suivants, diplomates et chercheurs en relations internationales ont été pressés de commenter cette « exception africaine ». Parmi les explications pointées : les liens historiques de certains de ces pays avec Moscou, ceux noués plus récemment autour de partenariats militaires (comme au Mali et en République centrafricaine), la tradition de « non-alignement » de certaines diplomaties du continent, ou encore des formes de dépendance économiques (aux exportations de blé et d’armes russes, notamment).
Toutes comportent certainement une part de vérité. Mais au-delà de leurs gouvernements, que sait-on des perceptions de la guerre en Afrique ? Elles sont, par définition, très compliquées à sonder. Le continent est vaste, les enquêtes d’opinion pas plus fiables qu’ailleurs.
Une certitude se dégage, toutefois : depuis le début du conflit, les voix qui s’élèvent pour soutenir Moscou y sont indéniablement plus nombreuses qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Et elles ne sont pas uniquement le fait de « trolls » ou le fruit d’opérations de désinformation dont le Kremlin et ses sous-traitants se sont fait une spécialité.
Les écouter nous rappelle que l’idée que l’Ukraine aurait « gagné la bataille de la communication » est un point de vue très européen.
Osef
La mésinformation fait des ravages autant en “Afrique” qu’ailleurs (je mets des guillemets parce que bon quand on en est à parler d’Afrique on fait des généralisations telles que tout ce qu’on dit n’a plus trop de sens).
> [toutes les quotes de Patrick Mulemera]
Lui il a pas oublié d’être un gros batard.
A mon avis, plus une manifestation d’anti-France que de pro-Russie. Mais j’en sais rien, c’est juste un sentiment.
Très intéressant partage, merci. Les problématiques de bulle informationelle, de légitimité morale et de décolonisation sont au coeur de la place de l’Occident dans le monde.