Douche froide pour Emmanuel Carroz, adjoint à la Mémoire, aux Migrations, à l’International et à l’Europe, et Annabelle Bretton, adjointe à l’Éducation populaire et la Jeunesse. Faute de visas, ces deux élus, membres d’une délégation de 50 collectivités présidée par Cité unies France et invitée par le consulat général de France à Jérusalem, ne pourront pas se rendre en Israël, a fait savoir la Ville de Grenoble dans un communiqué daté du 28 avril 2025.
Les élus s’apprêtaient à partir pour l’État juif afin de célébrer l’anniversaire des 30 ans de la coopération décentralisée franco-palestinienne qui auront lieu du 30 avril au 4 mai 2025. Mais « les autorités israéliennes ont décidé, trois jours avant le départ, unilatéralement et sans donner d’explication d’annuler les visas des participants », explique la Ville.
De quoi stupéfier les membres de la mission car « ce déplacement était un événement symbolique fort. Il constituait une occasion de plaidoyer pour la paix, un cessez-le-feu et la libération des otages », poursuit la municipalité. Il visait aussi à valoriser les coopérations décentralisées franco-palestiniennes dans le contexte extrêmement sensible qui touche actuellement le Proche Orient, précise-t-elle encore.
« Un signal désastreux pour la démocratie et le droit international »
Cette mission devait aussi relancer les coopérations existantes avec les collectivités palestiniennes de Cisjordanie […] « qui soutiennent des projets en faveur de la jeunesse, du développement local et de la promotion des valeurs universelles de paix et de solidarité », ce malgré les entraves imposées par l’occupation militaire, souligne la Ville.
Cette dernière rappelle, en outre, que Grenoble et Bethléem, villes jumelles, entretiennent des relations depuis près de quinze ans, formalisées par la signature d’une convention de coopération en 2009. La Ville fait également mention de l’organisation, en juin 2023, du Mois de la Palestine pour découvrir les richesses du territoire et du patrimoine palestinien.

Emmanuel Carroz, adjoint à la Mémoire, Migrations et Coopérations internationales, Europe. © Joël Kermabon – Place Gre’net
« Nous sommes convaincus que les actions des collectivités françaises dont Grenoble en faveur de la jeunesse, du sport, de la culture ou encore de la promotion de valeurs de paix et de solidarité, permettent à des milliers de Palestinien-nes d’espérer un avenir apaisé, loin des persécutions », plaide Emmanuel Carroz.
« Les autorités israéliennes, en refusant l’entrée de parlementaires puis de représentant-es des collectivités françaises œuvrant pour la paix dans la région, envoient un signal désastreux pour la démocratie et le droit international », s’inquiète l’élu grenoblois.
