l’essentiel
Les députés de La France insoumise ont rejeté ce mardi 6 mai une résolution symbolique de l’Assemblée nationale appelant à la libération immédiate de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie.
L’Assemblée nationale a adopté ce mardi 6 mai une résolution européenne appelant à la libération de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien condamné à cinq ans de prison en Algérie. Mais les 28 députés de La France insoumise (LFI) – Nouveau Front populaire s’y sont opposés.
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Le texte, sans valeur contraignante, a été voté à 307 voix pour, contre 28 voix toutes issues de LFI, dont celles de Mathilde Panot, Manuel Bompard, Louis Boyard, David Guiraud ou Gabriel Amard.
Boualem Sansal, 80 ans, est détenu depuis novembre. Il a été condamné pour “atteinte à l’unité nationale”, “outrage à corps constitué” et “détention de publications menaçant la sécurité du pays”.
“La honte”
Le vote de LFI a suscité de vives réactions. “La honte”, a ainsi écrit le ministre de l’Europe Benjamin Haddad sur les réseaux sociaux, en assurant que La France insoumise fait « un pas de plus dans l’indigne. »
La honte.
LFI vote contre la résolution de @ConstanceLeGrip appelant à la libération de notre compatriote Boualem Sansal.
Notre représentation nationale aurait pu envoyer un message unanime, mais LFI fait un pas de plus dans l’indigne. pic.twitter.com/CgckVb3UMh
— Benjamin Haddad (@benjaminhaddad) May 6, 2025
Gabriel Attal a dénoncé une “position honteuse”, estimant que “la liberté d’expression est prise en otage”.
Depuis de longs mois, notre compatriote Boualem Sansal est retenu prisonnier par le régime autoritaire d’Alger. À travers l’homme, c’est la liberté d’expression qui est emprisonnée et les valeurs de la France prises en otage.
Mobilisés depuis le premier jour avec les…
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) May 6, 2025
De son côté, Bruno Retailleau a accusé LFI de “sombrer dans l’indignité”.
En votant contre la résolution adoptée par l’assemblée nationale demandant la libération de Boualem Sansal, LFI sombre une fois de plus dans l’indignité et le déshonneur. Honte.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) May 6, 2025
“On n’obtient rien avec le chantage”
À la tribune, le député LFI Éric Coquerel a justifié ce vote en dénonçant “l’instrumentalisation” de Sansal dans une logique de confrontation avec Alger. “On n’obtient rien avec le chantage”, a-t-il déclaré, salué par son groupe.
Dans un communiqué, La France Insoumise accuse en effet le texte de remettre “en cause la poursuite de tout partenariat entre l’Algérie, la France et l’Europe” au risque de compromettre “toute possibilité d’obtenir la libération de Boualem Sansal”, et de “nourrir la surenchère médiatique et politique”.
Et le député Bastien Lachaud de rappeler sur X : “Boualem Sansal doit être libéré. Nous combattons ses opinions, proches de l’extrême-droite xénophobe et islamophobe. Mais rien ne justifie qu’un écrivain soit emprisonné pour des propos, des écrits.”
Boualem Sansal doit être libéré. Nous combattons ses opinions, proches de l’extrême-droite xénophobe et islamophobe. Mais rien ne justifie qu’un écrivain soit emprisonné pour des propos, des écrits.
Mais le débat posé par les macronistes n’a rien à voir avec la défense des… pic.twitter.com/CanpJhwX6I
— Bastien Lachaud (@LachaudB) May 6, 2025
L’affaire Sansal a mobilisé largement en France. Fin mars, un rassemblement de soutien avait réuni plusieurs centaines de personnes, dont Yaël Braun-Pivet, Gérard Larcher et Bruno Retailleau.