Écrit par manale makhchoun
Ce samedi 10 mai, près de 200 habitants et commerçants de l’avenue Charras à Clermont-Ferrand ont manifesté pour exiger plus de sécurité. Le quartier, proche du centre-ville, a été secoué par plusieurs violences sur fond de trafic de drogue.
Face à l’augmentation des violences liées au trafic de drogue, les habitants du quartier de l’avenue Charras, près du centre-ville de Clermont-Ferrand ont décidé de se faire entendre.
Ce samedi 10 mai, près de 200 personnes, habitants et commerçants, ont répondu à l’appel d’un collectif du quartier pour une marche silencieuse. Leur objectif : exiger davantage de sécurité dans un quartier où les fusillades et les bagarres se multiplient.
“Les dealers ont pris d’assaut l’avenue Charras. Ça déborde de partout !”, déclare Xavier Gibold, pharmacien et président du Comité de quartier La gare-Delille-Les Carmes. Cette marche intervient trois semaine après qu’un homme a été abattu par balle dans ce quartier tristement connu pour être un point de deal important. “Nous ne pouvons plus vivre tranquillement ici. Nous avons averti qu’il y aurait un drame, et malheureusement, on a alerté, et on a eu un tué par balles, et depuis Pâques, des bagarres éclatent chaque week-end.”
Une marche qui a eu lieu dans le silence. Xavier Gibold explique le choix de ce mode de protestation : “Nous avons choisi le silence comme réponse aux bruits incessants que génèrent les trafics de drogue. Toute la nuit, les dealers crient, mettent la musique à fond et perturbent la tranquillité du quartier. Cela fait plusieurs années que cette situation perdure, mais depuis un an, elle est devenue intolérable. Le but de cette marche silencieuse est de marquer notre opposition à ce phénomène de nuisances sonores”.
Pour les habitants, la menace n’est plus un simple sentiment d’insécurité : elle est devenue une réalité quotidienne. Hélène, une habitante, explique : “Ils ne se cachent même plus. On les voit dealer en pleine rue. J’ai déjà entendu des coups de feu. Je passe dans cette avenue uniquement quand c’est nécessaire, je n’y vais plus en dehors.”
Nadine, une autre habitante, raconte : “En 27 ans de vie dans le quartier, je n’avais jamais connu ça. En six mois, il y a eu deux cambriolages dans le quartier. Un en janvier et un autre la semaine dernière, une tentative d’effraction dans un appartement d’étudiants. On se sent démunis. On ne sait plus quoi faire.”
En 27 ans de vie dans le quartier, je n’avais jamais connu ça.
une habitante de l’avenue Charras
D’autres, comme Tiago, évoquent des violences physiques : “J’ai été agressé le 12 janvier. Trois individus m’ont attaqué. Depuis, je ne peux plus sortir sans avoir peur. J’ai des nuits blanches, je suis constamment sur mes gardes. C’est insupportable.”
Cette marche silencieuse était avant tout un appel aux autorités pour réagir face à cette montée de violences, selon Xavier Gibold. “Il faut plus de policiers sur le terrain”, insiste-t-il. “La police fait des patrouilles, mais elles durent seulement un quart d’heure. C’est une pause café pour eux quoi ! Les dealers savent très bien qu’ils peuvent recommencer après. Ce n’est pas suffisant. Nous voulons plus de moyens pour sécuriser notre quartier.”
En attendant des moyens plus importants, la vente d’alcool sera interdite à partir de 20 heures et les épiceries devront fermer la nuit, dès ce lundi 12 mai.
Témoignages recueillis par Marie-Lys Pariot pour France 3 Auvergne.