Fondées en 1950, en pleine guerre froide, Radio Free Europe et Radio Liberty, diffusées vers l’URSS et ses pays satellites, ont poursuivi leur mission d’information après la chute du mur de Berlin. Le 14 mars, Donald Trump signait un décret les rangeant parmi les « éléments inutiles de la bureaucratie fédérale », mettant fin à leur financement.
Derrière le rideau de fer, écouter Radio Free Europe (RFE) et Radio Liberty (RL), dûment brouillées par les autorités, était un acte courageux, car puni si cela était découvert. Parmi ceux qui se remémorent ce temps heureusement révolu, l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski : « Quand j’étais adolescent, je me souviens que mon père écoutait Radio Free Europe sur une vieille radio. C’est ainsi que nous apprenions ce qui se passait dans notre propre pays, alors que la propagande communiste était si étroitement contrôlée. Et ces institutions continuent à faire ce travail utile dans les autocraties. » L’écrivaine ukrainienne Oksana Zabuzhko renchérit : « Ce sont ces “voix ennemies”, après Tchernobyl, qui nous ont appris, à nous, habitants de Kiev, les mesures de base antiradiations. On pouvait distinguer, en marchant dans la rue, qui était antisoviétique et qui était soviétique : ceux qui “écoutaient” avaient les fenêtres bien closes ! »