La libération du soldat américano-israélien Edan Alexander par le Hamas, après 584 jours de captivité, n’a pas résulté d’un accord avec Israël, mais d’une manœuvre diplomatique en direction des États-Unis. Selon un haut responsable du mouvement islamiste cité par l’agence AP, après cinq jours de pourparlers avec l’Égypte, le Qatar et des représentants américains, le Hamas a été conseillé par les médiateurs de “donner un cadeau au président américain Donald Trump et de recevoir en retour une meilleure contrepartie”.
Selon une source palestinienne, le Qatar aurait demandé au Hamas cette libération sans condition pour “plaider la cause du mouvement auprès de Trump” et renforcer la pression sur Israël. Des négociations directes ont eu lieu entre trois responsables du Hamas – Khalil al-Hayya, Mohammed Darwish et Moussa Abou Marzouk – et des représentants américains. Ces derniers auraient suggéré qu’une libération d’Alexander inciterait Trump à “persuader Israël d’accepter un cessez-le-feu temporaire”. Le Hamas espère maintenant que Washington annoncera “la fin du conflit et un accord pour la libération d’autres otages”.
Pour la première fois, ce n’est pas un représentant israélien mais l’émissaire américain Steve Witkoff qui a été le premier à entrer en contact avec le soldat libéré, ce qui souligne la centralité du rôle joué par l’administration Trump dans cette opération.
Israël, de son côté, affirme n’avoir accepté aucune concession ni libération de prisonniers, se contentant d’assurer un couloir sécurisé pour permettre le transfert du soldat. Cette libération pourrait cependant ouvrir la voie à des discussions plus larges sur le sort d’autres captifs, selon un cadre déjà validé par Israël mais refusé jusqu’ici par le Hamas.