Le choix du président de la République, Emmanuel Macron, de participer à une longue émission sur TF1 témoigne de sa volonté de revenir sur le devant de la scène à tout prix, alors que les deux têtes de l’exécutif sont engagées dans un rapport de force permanent, comme l’a laissé transparaître, ces derniers jours, une série d’annonces à donner le tournis.
Le 2 mai, l’Elysée faisait savoir que le chef de l’Etat lancerait en juin une convention citoyenne sur « les temps de l’enfant ». Sujet de politique intérieure s’il en est. Deux jours plus tard, le premier ministre proposait un référendum sur un retour à l’équilibre des finances publiques, dont il endosserait la responsabilité en cas d’échec. Prérogative présidentielle par excellence. Dès le lendemain, l’entourage du président contrecarrait l’initiative du premier ministre en laissant entendre à une poignée d’éditorialistes qu’il pourrait annoncer sur TF1 la tenue d’un référendum.
Loin de songer à démissionner, le président Emmanuel Macron, flatté par le timide regain de confiance dans l’opinion depuis le début de l’année, entrevoit, avec le référendum, la possibilité de se légitimer une nouvelle fois auprès des Français. Un espoir fou d’un retour en grâce perçu, au sein du gouvernement, comme un « déni total » de la part du président.
Par Mariama Darame, Nathalie Segaunes
Quelle plus belle image, pour signifier l’harmonie entre le président de la République et son premier ministre, que cette cérémonie de commémoration du 80e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945 ? Sous l’Arc de Triomphe pavoisé du drapeau tricolore, jeudi 8 mai, Emmanuel Macron, torse bombé, teint hâlé et sourire aux lèvres, savoure un Chant des partisans vigoureusement entonné par le chœur de l’Armée française. A quelques pas de là, parmi les mines graves des invités, François Bayrou chante à gorge déployée l’hymne de la Résistance française durant l’occupation par l’Allemagne nazie.