“HPI n’est pas une maladie” : le cri d’alarme de chercheurs, professionnels de santé mentale et associations

by Feretto700

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  1. Extraits :

    Les témoignages de victimes recueillis via la pétition illustrent l’ampleur des dégâts. “On m’a attribué mes crises d’angoisse et mes idées suicidaires au HPI, alors que je vivais un trauma non diagnostiqué. J’ai finalement découvert que j’étais autiste et TDAH à 19 ans, après des années d’errance”, raconte une anonyme. Comme elle, nombreux sont ceux dont les troubles réels – troubles du spectre autistique, TDAH, stress post-traumatique – ont été ignorés au profit d’un pseudo-diagnostic de HPI. C’est le cas de cette graphiste de 42 ans, qui partage un parcours similaire : “Pendant des années, on m’a dit que mes difficultés sociales venaient de mon QI. En réalité, j’étais autiste. Le diagnostic tardif m’a coûté des burn-out et une carrière chaotique”.

    Ces dramatiques expériences ne sont pas isolées. Notre collectif est composé de personnes et d’associations présentes sur le terrain et sur les réseaux sociaux qui constatent cet état de fait. “On ne compte plus les témoignages relatant le même type de parcours, ces errances qui peuvent durer des dizaines d’années, et les situations tragiques qui auraient pu être évitées, explique Raphaël Rodriguez, co-initiateur du collectif et créateur d’un média sur les HPI et neuroatypies. Il n’y a aucune étude qui ait quantifié ce phénomène, mais on pourrait l’évaluer à plusieurs dizaines de milliers de personnes sur vingt ans, au minimum”. Le problème ne se retrouve pas uniquement dans le privé : certains services publics contribuent aussi à la mésinformation. Comme ce jeune homme qui évoque une consultation dans un Centre de Ressources Autisme (CRA) : “On m’a ‘diagnostiqué’ un HPI… plutôt que de reconnaître mon autisme”.

  2. Extrait :

    Des croyances qui touchent principalement la santé mentale

    Les chercheurs en sciences cognitives et co-signataires de notre appel, Nicolas Gauvrit et Franck Ramus (également chroniqueur à L’Express), dénoncent depuis longtemps cette “légende noire”. Les données issues de leurs différentes études sur la cohorte française Eden montrent que les enfants à haut QI n’ont pas plus de symptômes anxieux ou de troubles du comportement que les autres. Et contrairement aux idées reçues, un HPI n’entraîne ni hypersensibilité invalidante, ni risque accru d’échec scolaire. “Aucune étude scientifique au monde, que ce soit chez les enfants ou les adultes, n’a prouvé que le HPI pouvait être associé à une plus grande intensité émotionnelle ou à de plus grandes difficultés de régulation émotionnelle”, rappelle la psychologue et chercheuse Nathalie Boisselier, elle aussi co-signataire de la pétition.

    Une étude menée en 2018 par les chercheurs Guez, Peyre et collaborateurs sur une cohorte de 16 000 élèves français passant le brevet des collèges montre que les résultats augmentent avec le QI. Aucun élève à haut QI n’échoue à ce rite de passage vers le lycée général. D’autres études pointent vers les mêmes résultats. On se demande alors pourquoi tant d’associations de parents continuent de diffuser le chiffre alarmant de 30 % d’élèves HPI en échec scolaire ? “Ce mythe n’en finit pas de ressurgir, il fait partie des ‘idées zombies’ : on a beau les tuer, elles reviennent sans cesse”, déplore Franck Ramus.

  3. Mon expérience avec le HPI, c’est que c’est un moyen de dire aux parents CSP+ que leur gamin est autiste, sans vexer leurs ego, et avoir plein de consultations psychologue faciles à faire pour le praticien pourri. Le tout en oubliant totalement le bien-être de l’enfant.

  4. Est-ce que le concept même de HPI ne devrait pas être remis en question scientifiquement ?

    Je trouve ce concept d’autant plus douteux que le critère pour être considéré comme tel (QI à 130+) est assez arbitraire (pourquoi le seuil à 130 spécifiquement ? qu’en est-il d’un QI général de 128 ? etc.)

  5. De quoi? Comment? Que dit-on?!?

    Tout ça dans le pays qui s’en balek des troubles liés à l’autisme depuis des décennies au point de forcer des familles à placer leurs gamins dans des pays étrangers pour espérer une meilleure prise en charge?!?

    Le choc est immense. La surprise incommensurable.

  6. Il y a beaucoup de gens agacés par le concept de surdouance. On parle de haut potentiel comme d’un truc qu’on donne aux enfants de bourgeois.

    C’est un peu malhonnête je trouve. Le QI est fait à la base pour repérer les inadaptés, dans un sens ou dans l’autre.

    Évidemment qu’il y a des diagnostics complaisants. Mais la surdouance est une forme de neuroatypie, comme l’autisme. Ça veut dire que ça demande des adaptations pour vivre normalement, et ne pas souffrir dans son rapport aux autres.

    C’est un peu dommage qu’un concept fait pour permettre à certaines personnes de mieux vivre soit transformé en chose anecdotique comme ça. Suffit de lire Redeit pour comprendre que beaucoup d’anciens enfants vraiment doués souffrent beaucoup.

    Ça serait cool qu’on arrête un peu les clichés et qu’on fasse une place à ceux qui sont différents, plutôt que de juste faire comme si tout le monde était pareil.

  7. les parents sont complètement matrixé avec cela et cherche a expliqué tout et n’importe quoi a coup de ” il est hpi c’est pour ca qu’il fait ca ” , alors non marie thérése ton gosse n’est pas hpi mais juste casse couille , impose lui des règles et arrête de lui trouver des excuses et si tu pense qu’il est HPI alors consulte et prouve le

  8. Je ne sais plus qui avait dit ça, mais les personnes neuro atypiques ne sont pas malade, elles sont une autre façon d’être au monde

  9. Depuis la sortie de la série sur TF1 j’ai l’impression que tous le monde pense que son gamin est HPI…

  10. Pour le coup une de mes filles est diagnostiquée HPI et je trouve que ça l’a beaucoup aidé. Elle a appris à lire presque toute seule, est visiblement douée à l’école, mais socialement c’est super compliqué

    Reconnaître qu’elle a plus de mal que les autres à gérer ses émotions et demander à son entourage d’être plus patiente avec elle, et de l’accompagner au lieu de tout le temps la punir, ne fait pas de nous des mauvais parents bobo CSP++

  11. Au final, je me retrouve pas mal dans l’article… et là encore, on peut vite vouloir ne prendre que ce qu’on veut (biais de confirmation) et le mésinterpréter.

    En tout cas, je comprends ce qu’ils posent après un diag commencé à 35 ans, passage pas le CRA qui suspecte une douance, puis diag en ville avec un duo de neuropsy qui les amène à suspecter un TDAH (ma réaction : “*hyperactif? Je suis pas un gamin américain à qui on donne trop de sucre*), confirmé par un test… validé par les équipes de l’hôpital psychiatrique du CHU de ma ville… 6 ans plus tard. Ça me fait sourire quand j’entends des autodiags ou des diags fait sur base d’un seul test / praticien.

    Après le diag de HP, j’ai pu mettre un mot sur mon hypersensibilité sensorielle, le doute constant & le manque de confiance en soi (franchement, on peut argumenter sur le caractère *handicapant* sur ce point)… et en même temps… « et alors!! »… ça n’expliquait pas les difficultés… Ce qu’a fait le diag TDAH et le suivi plus tard en ville sur la cyclotimie.

    Bref, utiliser le HPI pour excuser un comportement: Bullshit !

    Mais le comprendre pour aider à s’adapter, c’est utile (alors que les hpi sont paradoxalement de vrais caméléons) : la franchise, le besoin de feedback clair, l’intuition inexplicable… pas facile en entreprise !

  12. Difficile que ça soit une maladie vu que ça existe pas.

  13. De mon expérience propre :

    J’ai été envoyé en CMPP au milieu des années 90. On ne parlait pas à l’époque de TDAH, seulement d’hyperactivité. Ca n’a pas loupé, mes parents n’en sont ressortis qu’avec un diag d’enfant précoce (le vocable pour HPI à l’époque). Ils étaient des petits fonctionnaires, il n’y avait aucune démarche d’auto-valorisation de leur enfant.

    J’ai du donc tenter de me construire avec un double stigmate que l’on me renvoyait tous les jours :

    – Celui de mon inadaptation émotionnelle à ce qui était attendu de moi : concentration fuyante, impulsivité, impatience, maladresse, oublis constants, désorganisation etc etc etc sans constat médical associé ;

    – Et du coup, le fameux ‘tu te gâches’, asséné année après année par les professeurs, les amis, les oncles, les grands parents etc.

    Donc ce diag HPI a fini davantage par jouer comme un boulet enchaîné aux pieds. J’ai fini par me mettre en démission scolaire, comme si j’essayais d’effacer ce que je considérais comme une maladie. Au plus profond de moi, j’avais honte qu’on m’ait considéré comme un précoce, qu’on m’ait fait sauter des classes alors que j’étais à ce point incapable.

    Si j’avais été correctement diag TDAH, je pense que ce cercle vicieux ne se serait jamais enclenché, et qu’au contraire, mes parents et moi aurions appris à apprivoiser cette donnée d’entrée un peu plus complexe que pour les autres enfants. Tant de souffrances, de culpabilité, de sensation d’échec, d’inadéquation auraient peut être été évitées. A la place elles n’ont fait qu’être enflammées par ce “statut” de HPI.

    Je crois que quand je suis finalement allé me faire diagnostiquer l’an dernier par un psy, et enfin reconnaître comme TDAH, mes parents étaient presque plus heureux et soulagés que moi ; eux aussi s’étaient sentis impuissants, et incapables d’être de bons parents capables de permettre à leur enfant de s’épanouir.

  14. Dans ce thread, des gens qui n’ont jamais eu affaire au sujet évoqué par l’article, et qui lâchent des takes de zinzin sans même trembler la voix.

    Même si aujourd’hui la notion d’HPI est utilisée à tort et à travers par des parents en quête de reconnaissance sociale, c’est un “””diagnostic””” qui est extrêmement important pour un enfant, AVANT MÊME le diagnostic TDAH.

    Pour avoir été moi même détecté au tout début des années 2000 (c’était zèbre ou surdoué à l’époque le terme), ca a changé ma vie pour le mieux. J’ai été orienté vers des écoles permettant d’exploiter au maximum mes capacités, et mes instits ont pu adapter leur enseignement, allant même jusqu’à tordre le monde du possible pour m’accomoder. Dans les statistiques de l’état, je suis inscrit en tant qu’élève en difficulté d’apprentissage du français, alors que j’ai finalement 2 ans d’avance scolairement. Mon instit de l’époque avait utilisé ce système pour me faire suivre les cours de français de la classe “normale” de mon âge, tout en me faisant suivre les cours de maths/science de la classe supérieure.

    Je reconnais que j’ai été chanceux d’avoir rencontré toutes ces personnes qui ont tant donné pour moi, mais ca n’aurait pas été possible si ma doc généraliste n’avait pas détecté ce HPI/Surdouisme/Whatever.
    Il aurait été impossible de me diagnostiquer un TDAH même pas entré en maternelle. Aucun symptôme évident, j’étais un pitchoune sage en classe, social, et très curieux.

    J’ai eu droit à une consultation avec test de QI auprès d’un psy pour enfants, dont les résultats n’ont jamais été révelés à mes parents (dont je suis le premier enfant, d’un milieu classe moyenne): probablement pour éviter ce fameux phénomène du “moi mon enfant il a 150 de QI, nah”.

    Ce n’était donc pas une manière de “dire aux parents CSP+ que leur gamin est autiste” comme vu ici. C’était pour moi la seule manière de m’épargner un supplice intellectuel pendant ma scolarité.

    Donc par pitié, arrêtez de donner du buzz aux parents qui clament que leur gamin est HPI. S’ils le disent à voix haute, c’est qu’il ne l’est probablement pas. Mais par pitié, donnez du buzz aux gamins qui le sont, et arrêtez de vouloir associer HPI et autisme/TDAH. S’ils sont réellement HPI, alors oui, peut-être qu’il y a de l’autisme ou un TDAH. Si oui très probablement qu’il est indétectable au moment du développement de l’enfant, et qu’il ne se révèlera que plus tard, mais surtout TROP tard.

  15. Hostoire d’ajouter mon grain de sel.
    Fin des années 60 j’ai été diagnostiquée ‘surdouée’ et on m’a fait sauter deux classes.

    En fait le système scolaire n’était pas du tout adapté pour ce genre de chose.
    Tu as deux ans de moins que les autres, tu es considéré comme le bébé de la classe.
    Les performances sportives ne suivent pas, principalement en athlétisme (tu es plus petit donc tu cours moins vite, tu sautes moins haut etc).
    Les autres de ta classe deviennent des ados (puberté) alors qu’à ce niveau-là tu es encore dans l’enfance.
    Tu n’as pas forcément les mêmes centres d’intérêt que les autres, ce qui te met à part.
    Sans oublier le fait que tu t’ennuies parce que tu as fini les exercices donnés par l’enseignant avant tout le monde.
    Et qu’éventuellement tes parents te ‘poussent’ car ils voient en toi une future bête à concours.
    Je me suis construite en opposition à ce que mes parents voulaient et pas en fonction de mes goûts et aspirations personnels dont j’étais bien en peine de savoir ce qu’ils étaient réellement.
    La fac a été une délivrance, ayant réussi à échapper à la prépa.

    J’espère que ça c’est amélioré.

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