Le porte-parole du Kremlin s’est exprimé pour son brief quotidien avant le rendez-vous téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Dmitri Peskov a assuré que la “conversation tiendra compte des résultats des négociations russo-ukrainiennes qui se sont tenues la semaine dernière à Istanbul”. Il a ajouté qu’aux yeux du Kremlin il est “préférable” d’atteindre les objectifs russes “par des moyens politiques et diplomatiques” et a souhaité que la “médiation des Etats-Unis” aide la Russie a avancé dans cette voie. Concernant une rencontre entre les présidents américain et russe, le porte-parole a indiqué qu’elle devait être bien préparée et productive, et que les chefs d’Etat en fixeraient eux-mêmes la date en temps voulu.
Vladimir Poutine estime aborder l’entretien avec Donald Trump en position de force selon l’agence Bloomberg. Le président russe juge les forces russes en capacité de percer les défenses ukrainiennes d’ici à la fin de la semaine et de prendre le contrôle de la totalité des quatre régions annexées par la Russie. Il ne serait donc, logiquement, pas question pour Vladimir Poutine d’utiliser son entretien avec Donald Trump comme un accélérateur des négociations, ni de couper court à tout pourparlers durant l’échange. Selon Sergueï Markov, un politologue russe qui a des liens étroits avec le Kremlin, le président russe “ne cherche pas un effondrement des pourparlers. Il essaie de manœuvrer pour que ces négociations se poursuivent parallèlement à l’offensive militaire” comme le rapporte Le Monde.
L’absence de toute avancée dans les négociations sur la paix en Ukraine, en partie liée à la position de la Russie, commence à agacer les Etats-Unis et à décrédibiliser leur image. Lors d’une interview sur CBS, hier, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a expliqué qu’il avait eu un entretien téléphonique avec son homologue russe, Sergueï Lavrov pour connaître “son point de vue sur la manière dont les pourparlers se sont déroulés”. Interrogé sur la possibilité que la Russie “mène [Washington] en bateau”, Marco Rubio a indiqué que “nous le saurons très bientôt” en référence à la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Le secrétaire d’Etat américain a expliqué la situation délicate des Etats-Unis dans ces négociations, tout en exprimant un agacement et de l’impatience : “D’une part, nous essayons d’atteindre la paix et de mettre fin à une guerre très sanglante, coûteuse et destructive. Il faut donc faire preuve d’un peu de patience. D’autre part, nous n’avons pas de temps à perdre. Il se passe beaucoup d’autres choses dans le monde auxquelles nous devons également prêter attention.” Il a même évoqué un paquet de sanctions en préparation par le Congrès américain.
Un échange téléphonique est prévu entre Donald Trump et Vladimir Poutine ce lundi 19 mai pour évoquer les négociations et un accord de cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Le président américain “est déterminé à obtenir des résultats” a déclaré son envoyé spécial Steve Witkoff, avant d’ajouter que “si lui n’y parvient pas, alors personne ne le pourra”. Un discours qui décrit cet entretien comme l’une des possibles dernières chances laissées à la Russie d’oeuvre à une trêve en Ukraine. Depuis plusieurs jours, Donald Trump d’abord conciliant avec son homologue russe montre des signes d’impatience face aux positions du Kremlin qui poursuit les affrontements, mais refuse de revoir ses conditions à un cessez-le-feu.