La pression internationale va-t-elle contraindre Israël à ouvrir les portes de Gaza en grand à l’aide humanitaire ? Ce mercredi matin, c’est le pape Léon XIV qui, à son tour, lance un appel pour “une aide humanitaire décente”. Pour l’instant, les camions n’entrent qu’au compte-gouttes dans l’enclave, alerte Médecins sans frontières, qui accuse Israël de ne laisser entrer à Gaza qu’une aide “ridiculement insuffisante” face aux besoins du territoire, seulement pour ne pas être accusé “de famine imposée à la population”.

“Ici, tout le monde a faim, tout le monde a besoin de médicaments, tout le monde a besoin de produits d’hygiène, tout le monde a simplement besoin de survivre”, s’alarme Pascale Coissard, coordinatrice des urgences MSF à Khan Younis. “Donc, on n’est pas du tout dans l’ouverture de l’aide humanitaire à Gaza. On est dans une instrumentalisation de l’aide, c’est juste un écran de fumée. Ce n’est pas ces camions-là qui vont changer la faim à Gaza. C’est juste pour pouvoir dire qu’on a fait rentrer donc c’est un outil au service des objectifs militaires pour pouvoir continuer les objectifs militaires à Gaza.”

Une aide très limitée

Pour l’instant, cette aide humanitaire arrive de manière chaotique et très transitoire. D’après nos informations, le gros des camions est toujours bloqué dans le sud de l’enclave. D’abord, il y a les contraintes qui sont imposées par les Israéliens et qui restent incompatibles avec la distribution. Ensuite, la route pour acheminer l’aide n’est pas sécurisée. Et de toute façon, cette ouverture à l’ONU est transitoire pour quatre jours au total, jusqu’à vendredi inclus, en attendant la mise en place d’un nouveau dispositif de distribution validé par Israël et les États-Unis.

Cette nouvelle architecture sera gérée par une ONG qui est enregistrée en Suisse, qui est soutenue par le gouvernement Trump. Elle doit commencer la distribution exclusive de l’aide humanitaire ce samedi sur cinq sites qui ressemblent à des fortins entourés par de hauts murs de sable et de terre, d’après des images satellites qui ont été diffusées par la BBC.

L’acheminement de cette aide va se faire par des véhicules blindés. La sécurité du site sera assurée par une compagnie de sécurité privée. Une partie seulement de la population aura accès à cette nourriture. Et c’est la critique principale de l’ONU et des acteurs traditionnels de l’humanitaire. Ce dispositif ne permet pas d’atteindre les plus vulnérables. C’est aussi perçu comme une militarisation du soutien. Mais Israël considère que c’est une réponse appropriée pour empêcher le Hamas de mettre la main sur l’aide humanitaire.