Lors d’un appel avec les dirigeants européens, Donald Trump a reconnu que Vladimir Poutine ne voulait pas la paix en Ukraine, persuadé de pouvoir encore gagner la guerre. Mais il a exclu toute nouvelle sanction contre Moscou. Au cours de l’échange, Emmanuel Macron aurait recadré son homologue après des propos jugés insultants sur les politiques migratoires européennes.

Les négociations sur la guerre en Ukraine s’enchaînent sans résultat tangible. Le 19 mai, Donald Trump a participé à une visioconférence avec plusieurs dirigeants européens. À cette occasion, il a reconnu que Vladimir Poutine ne cherchait pas la paix, convaincu de pouvoir encore remporter la guerre rapporte le Wall Street Journal ce jeudi 22 mai.

L’appel réunissait notamment Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Ursula von der Leyen, Antonio Costa et Volodymyr Zelensky. Quelques heures plus tôt, Trump s’était longuement entretenu avec Vladimir Poutine, sans avancées sur un éventuel cessez-le-feu.

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Selon plusieurs sources citées par le WSJ, les Européens ont été frappés par le discours de Trump, jugé étonnamment conciliant à l’issue son échange avec Poutine.

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Pourparlers au Vatican

S’il a reconnu que le Kremlin n’avait aucune intention de mettre fin à la guerre, il a immédiatement précisé qu’il n’envisageait pas d’accroître la pression sur Moscou. À la place, il a de nouveau soutenu l’idée de relancer des négociations entre Ukrainiens et Russes au Vatican. Les pourparlers envisagés devraient débuter à la mi-juin.

Ce recul de Trump sur d’éventuelles nouvelles sanctions a douché les espoirs européens. Lors d’un précédent entretien téléphonique le dimanche 18 mai, le milliardaire avait pourtant évoqué la possibilité d’un durcissement des sanctions si Poutine persistait à rejeter le cessez-le-feu.

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Face à la position attentiste de Washington, les Européens s’attendent désormais à devoir assumer seuls une grande partie du soutien militaire à l’Ukraine. Selon plusieurs participants à l’échange, Trump ne s’opposerait pas à la poursuite des livraisons d’armes américaines tant que celles-ci sont intégralement financées par Kiev ou ses partenaires.

« Tu ne peux pas insulter nos nations, Donald. »

Le Wall Street Journal rapporte également un moment de tension durant l’échange. Fidèle à son style, Donald Trump aurait mêlé compliments déplacés et propos polémiques.

Il aurait salué « l’excellent anglais » du chancelier Merz, « encore plus charmant avec l’accent allemand », avant de s’en prendre vivement aux politiques migratoires européennes, accusées de mener les pays du continent au « bord de l’effondrement ». Emmanuel Macron aurait alors réagi sèchement : « Tu ne peux pas insulter nos nations, Donald. »