Invité sur le plateau de C à vous, jeudi 22 mai, l’acteur Roschdy Zem a ravivé un souvenir marquant de sa carrière lié au film Indigènes, présenté à Cannes en 2006. Dans un moment d’émotion, il est revenu sur la projection du film à l’Élysée, en présence du président Jacques Chirac, profondément bouleversé par le destin des tirailleurs coloniaux dépeint à l’écran. “Après Cannes, on a montré le film au président de la République, Jacques Chirac. En voyant le film, il a eu une telle émotion qu’il a décidé de débloquer les pensions (des anciens combattants issus des colonies françaises, ndlr) qui étaient cristallisées depuis une cinquantaine d’années. On se pose souvent la question ”Est-ce que le cinéma peut changer les choses ?’ Indigènes a changé réellement les choses”, a-t-il expliqué.
Depuis la décolonisation, ces vétérans, venus d’Afrique du Nord et subsaharienne, touchaient des retraites largement inférieures à celles de leurs homologues français. Malgré une condamnation du Conseil d’État en 2001, la situation stagnait. C’est la sortie d’Indigènes qui a changé la donne. Jacques Chirac, touché par le film, a engagé son gouvernement à corriger cette injustice, déclenchant une série de réunions ministérielles qui ont abouti à l’annonce officielle de la décristallisation le 27 septembre 2006, jour de la sortie nationale du long-métrage.
“Parmi ces hommes, il y avait mon grand-père”
Le film de Rachid Bouchareb, salué par un prix d’interprétation collectif à Cannes, a permis bien plus qu’un succès critique et public. Il a lancé un véritable débat de société et conduit à un tournant historique : environ 80 000 anciens combattants issus de l’empire colonial français ont vu leurs pensions alignées sur celles des anciens soldats métropolitains.
Présente dans l’émission, la comédienne Lyna Khoudri a elle aussi souligné l’impact personnel de cette réparation : “Je suis très émue quand je vois ces images. Ça fait partie des films qui nous ont permis de rêver de faire du cinéma. Indigènes, c’est un grand film qui a permis de débloquer ces pensions, que ces hommes n’avaient pas. Et parmi ces hommes, il y avait mon grand-père.”