« Ce ne serait pas très élégant que des pays orthodoxes discutent en terre catholique de questions relatives à l’élimination des causes profondes » du conflit en Ukraine, a indiqué Sergueï Lavrov, ajoutant que « le Vatican lui-même ne serait pas très à l’aise dans ces conditions pour accueillir les délégations de deux pays orthodoxes ».

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ensuite affirmé que « pour l’instant, aucune décision ni accord n’a été pris concernant le prochain lieu des négociations ».

Kiev et Moscou ont tenu en Turquie la semaine dernière leurs premiers pourparlers depuis 2022, année du début de l’assaut russe à grande échelle contre l’Ukraine.

La réunion avait une forte portée symbolique mais elle n’a pas permis d’obtenir un cessez-le-feu, notamment réclamé par Washington et Kiev, ni d’autres avancées majeures. La possibilité d’une deuxième réunion fait depuis l’objet d’intenses spéculations, même si sa tenue n’a pas été confirmée.

Selon le quotidien américain « Wall Street Journal » mercredi, Donald Trump a dit aux dirigeants européens le 19 mai que les prochains pourparlers de paix entre Russes et Ukrainiens auraient lieu au Vatican.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a assuré mardi que le pape Léon XIV lui avait confirmé être prêt à accueillir au Vatican des négociations sur l’Ukraine.

Interrogé par l’AFP jeudi sur cette possibilité, le porte-parole de la présidence ukrainienne Serguiï Nykyforov s’était refusé à tout commentaire.

Échange de prisonniers

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dit lundi que Kiev « étudiait toutes les possibilités » concernant le lieu pour une nouvelle rencontre bilatérale avec les Russes, notamment « la Turquie, le Vatican, la Suisse ».

La Russie et l’Ukraine avaient notamment prévenu qu’elles souhaitaient la mise en œuvre de l’échange de prisonniers « 1. 000 contre 1 000 » annoncé vendredi dernier en Turquie avant d’envisager de poursuivre les discussions.

Depuis l’offensive russe en Ukraine début 2022, le Saint-Siège est en froid avec le patriarche orthodoxe russe Kirill, qui soutient ardemment cet assaut et le président Vladimir Poutine.