Monsieur l’Ambassadeur,

Ma délégation remercie la Slovénie, l’Algérie, le Panama et la Sierra Leone d’avoir organisé cette réunion. Je remercie également les intervenants pour leur présentation.

1/ D’abord, les infrastructures liées à l’eau et à l’assainissement sont trop souvent prises pour cibles dans les conflits armés ou détournées à des fins militaires. Le droit international humanitaire leur accorde pourtant une protection particulière. Les attaques visant ces infrastructures civiles essentielles peuvent entraver l’accès des civils à l’eau potable. Elles peuvent provoquer la pollution et la contamination de l’eau et de l’environnement, qui est protégé en vertu du droit international humanitaire. Elles peuvent nuire au droit à l’eau, au droit à la santé et aux droits de l’Homme qui y sont liés.

Tout cela emporte des conséquences dramatiques pour les civils comme cela a été détaillé dans les briefings : souffrances, maladies, déplacements forcés, impossibilité de cultiver la terre pour se nourrir, pour ne citer que ces conséquences.

En Ukraine, les frappes délibérées de la Russie ont provoqué des dommages considérables aux infrastructures hydrauliques, menaçant l’approvisionnement en eau d’un grand nombre de foyers. La destruction partielle du barrage de Kakhovka le 6 juin 2023 a inondé près de 80 localités ukrainiennes, avec un coût humain, économique et écologique considérable. A Gaza, les obstacles israéliens à l’acheminement de l’aide humanitaire entravent l’accès à l’eau potable des populations. La suspension de l’approvisionnement en électricité et en carburant a mis quasiment à l’arrêt les usines de désalinisation.

Les parties à un conflits sont toujours tenues de respecter le droit international humanitaire.

La communauté internationale doit agir pour mettre un terme à ces violations. Nous appelons donc tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre l’Initiative mondiale lancée par le CICR aux côtés de six Etats dont la France. Un groupe de travail porte d’ailleurs spécifiquement sur les infrastructures civiles.

Les résolutions du Conseil de sécurité, dont la résolution 2417 et 2573 doivent aussi être mises en œuvre.

2/ Deuxièmement, de nombreux pays touchés par des conflits sont de surcroît confrontés au changement climatique et aux catastrophes qui y sont liées. C’est le cas du Yémen ou de la République démocratique du Congo. En outre, les phénomènes météorologiques extrêmes dus au changement climatique contribuent à l’insécurité alimentaire. Au Soudan du Sud, les inondations et la sécheresse accentuent les difficultés humanitaires et sécuritaires auxquelles sont confrontées la population. En Somalie, les effets conjugués des crises sécuritaires et climatiques ont aggravé la crise humanitaire.

Face à ce constat, la France et ses partenaires agissent. Et la France appelle la communauté internationale à l’action.

En 2023, nous avons signé l’appel à l’action de la WASH Roadmap afin d’accroître notre action en matière d’accès à l’eau, d’assainissement et d’hygiène dans les environnements de fragilité, de conflit et de violence. L’un des objectifs de cet appel était la création d’un envoyé spécial de l’ONU pour l’eau qui est maintenant chose faite. Nous nous réjouissons de travailler avec Mme Retno Marsudi et de poursuivre la coopération avec le Rapporteur spécial pour le droit à l’eau et le droit à l’assainissement.

La France souhaite également un renforcement de la gouvernance mondiale de l’eau, dans la perspective de la conférence des Nations unies sur l’eau qui se tiendra en 2026 pour une prise en compte cohérente de l’ensemble des enjeux liés à l’eau, y compris les risques qui pèsent sur les populations les plus vulnérables face aux crises comme face au changement climatique. Le Président de la République française l’a rappelé lors du One Water Summit à Riyad en décembre dernier.

La question de l’eau mobilise donc à la hauteur des enjeux pour que le droit à l’eau soit être assuré partout et pour tous.

Nous avons une responsabilité collective d’agir pour assurer la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. La France se mobilise en ce sens.

Je vous remercie.