Quand le calvaire des Palestiniens va-t-il enfin cesser ? L’Organisation mondiale de la santé a mis des mots terribles…
Quand le calvaire des Palestiniens va-t-il enfin cesser ? L’Organisation mondiale de la santé a mis des mots terribles sur ce qu’ils vivent : selon elle, près de deux millions cent mille personnes sont « en danger de mort imminente », et ce vendredi, le chef de l’OMS a exhorté Israël à « avoir pitié de Gaza ». « Un appel en faveur de la paix est dans le meilleur intérêt d’Israël lui-même. La guerre nuit à Israël et n’apportera pas de solution durable », a-t-il ajouté. « Ce serait bon pour vous et bon pour les Palestiniens. Ce serait bon pour l’humanité. »
Les Européens aussi élèvent enfin la voix. En annonçant lundi son intention de prendre le contrôle de la bande de Gaza, Netanyahou a déclenché une réaction en chaîne. Dans une déclaration commune, le président français Emmanuel Macron et les Premiers ministres britannique et canadien ont prévenu qu’ils ne resteraient « pas les bras croisés » face aux « actions scandaleuses » du gouvernement israélien dans la bande de Gaza, menaçant de « mesures concrètes » s’il ne cesse pas « le massacre qui se déroule actuellement ».
Pour le Conseil de l’Europe, ce n’est rien de moins qu’« un nettoyage ethnique et un génocide »
C’est une « immense tragédie causée par l’homme et pour l’humanité tout entière, car nous laissons [ce massacre] se dérouler sous nos yeux sans intervenir », a aussi déclaré la rapporteure du Conseil de l’Europe sur la situation humanitaire à Gaza.
Initiative sans précédent, l’Union européenne va réexaminer son accord de commerce et de coopération avec Israël. Cette décision a été approuvée par 17 des 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE. Et pour cause : l’article 2 de cet accord est fondé sur le respect des droits de l’homme. Et ce respect est bafoué par le blocus humanitaire de l’enclave palestinienne. « Nous allons lancer ce réexamen et, dans l’intervalle, il appartient à Israël de débloquer davantage d’aide humanitaire [pour les Gazaouis] », a commenté la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères.
Autre atteinte caractérisée des droits humains, les opérations de l’armée israélienne visant à réduire de plus en plus la portion de terre où s’entassent les Gazaouis. Pour le Conseil de l’Europe, ce n’est rien de moins qu’« un nettoyage ethnique et un génocide ».
Benyamin Netanyahou a-t-il dépassé un point de non-retour ? Celui qui précipiterait Israël, non pas dans la victoire totale sur le Hamas qu’il prétend viser depuis le pogrom du 7 octobre 2023, mais dans l’isolement stratégique et moral ? D’autant qu’en Israël même, la société est de plus en plus divisée. En témoigne l’ancien chef d’état-major Yaïr Golan pour qui « un pays sain ne fait pas la guerre à des civils, n’a pas pour passe-temps de tuer des bébés, et ne se fixe pas pour objectif d’expulser des populations », dans une allusion au plan d’« émigration volontaire » des Palestiniens de Gaza soutenu par le gouvernement.
Est-ce l’effet de ces protestations internationales et intérieures ? Une centaine de camions d’aide humanitaire sont entrés jeudi dans la bande de Gaza. Il faut maintenir la pression.