
J’avais commencé par regarder la vidéo de Balade Mentale [Les FUTURS LOINTAINS, un voyage en direction de l’éternité](https://www.youtube.com/watch?v=yd3tQFt2QUY) mais je crois que [TIMELAPSE OF THE FUTURE: A Journey to the End of Time](https://www.youtube.com/watch?v=uD4izuDMUQA) m’a plus parlé. Dans les deux, un voyage vers la fin des temps, au sens propre. On ne parle plus en milliards d’années mais à des échelles de dix puissance dix puissance dix puissance beaucoup d’années. Des milliards de milliards de milliards de milliards d’années… et bien plus.
​
Ca m’a laissé pensif. La fin de chaque vidéo émet comme hypothèse possible – enfin à ce niveau de sont des conjectures – la possibilité que ça se finisse par la naissance de nouveaux univers multiples. Evidemment, on pensera à [Aurélien Barreau et à son boulot sur les multivers](https://www.youtube.com/watch?v=sKsiJgYUG50) (attention elle est raide celle-là, mais dès qu’on tape “multivers” dans youtube… voilà quoi :). J’aime bien la façon de voir de la seconde vidéo : une forme de darwinisme à l’échelle de l’univers, dans laquelle seuls les univers viables survivent et donnent naissance à d’autres univers.
​
Ca m’a rappelé (attention spoiler pour ceux qui n’ont pas encore lu ! ) le postulat final de la série de bouquins de Liu Cixin (Le problème à 3 corps – j’ai eu du mal à me mettre dedans mais ça valait le coup). >!Des civilisations par millions qui se bastonnent dans la “forêt sombre” et au final, la découverte que les constantes de l’univers sont juste des variables via lesquelles des civilisations hyper avancées se tabassent avec au sommet de la chaîne une en particulier qui veut provoquer le big crunch pour repartir à 0. L’idée que l’univers ait été à beaucoup plus de dimensions, avec une vitesse de la lumière qui n’est en fait pas vraiment une constante… bon je passe sur la pseudo-héroine qui plante l’humanité hein :)!<
​
La création de sous-univers par des civilisations ultra-avancées à des échelles de temps incalculables, que y’ait eu un truc avant nos 13.7 milliards d’années et qu’il y aura peut-être un truc après la fin des trous noirs eux-mêmes, à des échelles de temps au bout desquelles on ne sait même pas si les atomes survivront…
​
D’un autre côté, du côté de l’espace plus précisément, l’idée même que la plus grosse majorité de l’univers nous soit cachée à jamais (cf. [la très bonne vidéo de Balade mentale à ce sujet](https://www.youtube.com/watch?v=66HgM5z0MBc)) me fascine.
​
Bref, entre l’espace insondable et le temps incalculable… même se dire [qu’on est de la poussière d’étoiles](https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/espace-dit-on-nous-sommes-faits-poussieres-etoiles-91699/), c’est bien mais la durée de vie même des étoiles fait qu’elles ne sont même pas une goutte d’eau dans les dimensions de temps et d’espace de l’univers.
​
Voilà, c’était la divagation du dimanche matin. Je ne sais pas si y’a un nom pour la mélancolie que l’on peut ressentir quand on se rend compte que rien n’a d’importance au fond. Le temps a à peine commencé à s’écouler dans l’univers et on ne peut même pas remonter à plus de quelques milliards d’années [sans se prendre un mur](https://fr.wikiversity.org/wiki/Mur_de_Planck/Introduction). Même dans la trilogie de Liu Cixin, on n’en est pas à des échelles de temps super longues au final.
Quelque part, dans un univers quelconque, y’a sans doute une civilisation infiniment plus avancée qui voyage à des vitesses supra-luminiques dans des dimensions supérieures et on n’en saura jamais rien.
​
edit : merci pour les liens, réflexions et poème(s) ! Ca prolonge la baffe métaphysique 🙂
9 comments
T’as pas besoin de champi pour t’ouvrir l’esprit toi
Faut se méfier de la vulga scientifique qui émet des hypothèses séduisantes mais invérifiables (et donc à l’intérêt scientifique à peu près nul). Y compris quand ces hypothèses sont faites par des chercheurs ayant un peu trop fumé de moquette ou en quête d’une reconnaissance publique faute d’en avoir une au sein de leur communauté.
À la limite on peut en faire un chouette bouquin de SF hard science mais il ne faut surtout pas croire que cela correspond en quoi que ce soit à de la recherche telle qu’elle est vraiment pratiquée.
Cela ne devrait pas t’inspirer de la mélancolie. Tous pleins d’autres sentiments, mais pas de la mélancolie.
De l’enthousiasme : …devant l’énormité de ce qu’il reste aux Humains à découvrir, et mieux à toi de le découvrir. Vas-y commence, on attend … enfin nos réincarnations, car une seule vie n’y suffira pas. 🙂
Du désespoir : … devant l’ampleur de la tâche dont tu as été désigné volontaire à l’unanimité d’un jury totalement impartial constitué de moi-même. 🙂
De la rage : car bon sang de bonsoir, avec tout ce temps perdu à écrire, tu n’es même pas encore habillé, pour aller … aux champignons, et que c’est la saison . 🙂
De la philosophie : “Carpe Diem et advienne que pourra” 🙂
Du mysticisme : car “tu es poussière, et tu redeviendras poussière…” 🙂
De l’impuissance : “J’suis certain, qu’avec la chance que j’ai, cette civilisation infiniment plus avancée, parlera l’Anglois”. 🙂
Et bien plus encore, mais pas de la mélancolie ! Il y a surement autre chose derrière ton état.
ça me fait penser à Lao Tseu, le grand philosophe chinois en 500 avant notre ère (!), qui en à fait un très beau poème sans connaître rien de tout cela et sur lequel j’étais tombé l’autre jour, je trouve que ça traduit bien le sentiment dont tu parles, la science explique mais l’art est un moyen efficace de ressentir l’univers et la poésie excelle à cet exercice :
Il existe un tunnel obscur dans la Lumière Infinie.
On l’appelle «Temps».
Lorsqu’un humain entre dans ce tunnel,
On appelle cela «naître».
Lorsqu’un humain marche au long de ce tunnel,
On appelle cela «vivre».
Lorsqu’un humain sort de ce tunnel,
On appelle cela «mourir».
Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce tunnel obscur,
Cela s’appelle «illusion».
Percer des trous dans ce tunnel obscur
Cela s’appelle, «science».
Savoir que la Lumière est autour du tunnel,
Cela s’appelle «Foi».
Voir la Lumière dans le tunnel obscur,
Cela s’appelle «Amour».
Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,
Cela s’appelle «Sagesse».
Eclairer le tunnel obscur de sa propre Lumière,
Cela s’appelle «Sainteté».
Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,
Cela est au-delà des mots.
T’es tombé dans un puit d’infini et t’as pris une grosse gifle métaphysique. Ca arrive.
Je t’envie : une fois de temps en temps partir loin comme ça, ça fait du bien. Super cool de partager. Bon dimanche.
Je viens justement de retrouver ce film de 1977 qui nous fait voyager dans le monde macro / microscopique et qui montre comme c’est déjà difficile d’imaginer tout ça (pour un seul instant) 🙂
[https://peertube.heraut.eu/w/4oiGp8DWWsMV9vzdYdmthF](https://peertube.heraut.eu/w/4oiGp8DWWsMV9vzdYdmthF)
Tiens, une autre pour la route
[https://www.youtube.com/watch?v=Zb5qTdb6LbM](https://www.youtube.com/watch?v=Zb5qTdb6LbM)
Évidemment sur la fin c’est hypothétique, ça dépend de l’existence de la désintégration du proton et autres.
Ben, euh, le temps s’écoule pareil quelque soit l’échelle du repère d’espace, non ?
Tu devrais aimer ces bouquins :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tau_Z%C3%A9ro
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Derniers_et_les_Premiers
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ateur_d%27%C3%A9toiles