DAYTON, OHIO – Les Alliés doivent soutenir les efforts déployés pour contrer la désinformation chinoise et les cyberattaques dirigées contre les élections et les écosystèmes démocratiques car elles menacent les démocraties et la sécurité alliées, ont déclaré, samedi, les législateurs de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN).

Les avant-projets de rapport examinés par la commission de l’AP-OTAN sur la démocratie et la sécurité (CDS) demandent que des actions soient prises pour lutter contre l’accélération de la propagation des fausses informations et l’intensification des cyberattaques dirigées contre les infrastructures électorales et les écosystèmes démocratiques.

Dans son avant-projet de rapport, le législateur grec Dimitrios Kairidis attire l’attention sur le fait que des acteurs malveillants cherchent à mettre en péril les processus électoraux, à entamer la confiance du public et à « faciliter le développement de sentiments antidémocratiques ainsi que les ingérences étrangères ».

« Des élections crédibles et sécurisées sont importantes pour la stabilité nationale et par là même pour la résilience collective ; aussi est-il impératif de contrer ces menaces », affirme avec force M. Kairidis.

Des évaluations exhaustives de la cybersécurité, des plans de gestion de crise et de continuité, ainsi que des cadres juridiques et réglementaires mieux définis sont nécessaires, ajoute-t-il dans son avant-projet de rapport. Les infrastructures électorales doivent être qualifiées d’« infrastructures critiques » afin de prévenir et d’atténuer les risques qui pèsent à leur encontre.

M. Kairidis engage aussi les Alliés à renforcer leur résilience démocratique, à multiplier les mesures de lutte contre les cyberattaques et à accroître leur coopération au sein de l’OTAN ainsi qu’avec les pays partenaires animés du même esprit.

La CDS a également examiné l’avant-projet de rapport de la parlementaire belge Viviane Teitelbaum, laquelle demande que des mesures d’urgence soient prises pour lutter contre les opérations chinoises de désinformation de plus en plus nombreuses qui visent les sociétés alliées.

« [L]a désinformation chinoise cherche désormais à déstabiliser et à décrédibiliser les pays de l’OTAN », prévient Mme Teitelbaum dans son avant-projet de rapport. « Entre innovations technologiques rapides, infiltration des écosystèmes médiatiques locaux et synergies croissantes avec la Russie, la désinformation chinoise se propage de plus en plus loin et de plus en plus rapidement. »

L’avant-projet de rapport appelle au renforcement des actions de sensibilisation dans le cadre d’une surveillance, à des stratégies de communication proactives et à l’éducation du public. La rapporteure engage également les Alliés à empêcher la propagation de la désinformation chinoise et à consolider la résilience de leurs institutions en procédant au renforcement de leurs législations nationales, des cadres réglementaires et de leurs capacités de lutte.

Ces deux avant-projets de rapport recommandent d’établir un centre pour la résilience démocratique au siège de l’OTAN et d’approfondir la collaboration avec les pays partenaires confrontés aux mêmes menaces.

Dans un autre avant-projet de rapport, examiné cette fois par la commission de la défense et de la sécurité (DSC), le parlementaire grec Spyridon Kyriakis souligne que la coopération s’intensifie entre l’OTAN et ses partenaires dans la région indo-pacifique, en particulier avec ses quatre partenaires de l’Indo-Pacifique (IP4) que sont l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et la Nouvelle-Zélande.

« Cette évolution du partenariat qui lie l’OTAN aux IP4 […] tient à une prise de conscience des défis croissants en matière de sécurité interrégionale induits par le rapprochement entre la Chine, la Corée du Nord et la Russie », note M. Kyriakis dans son avant-projet de rapport.

Les Alliés doivent consolider leur coopération stratégique avec les IP4, et envisager pour ce faire un renforcement de leur coopération dans le domaine de l’industrie de défense (y compris des normes communes) ; ils doivent aussi dégager une interopérabilité plus poussée de leurs forces armées respectives, favoriser l’innovation dans le secteur des technologies de pointe et mettre celles-ci en commun, et conclure des accords de production conjointe, recommande le rapporteur.

M. Kyriakis propose en outre de multiplier les exercices et les missions OTAN-IP4, que soit rendue régulière la présence des Alliés dans les bases qu’ils ont établies dans la région, et que soient coordonnées les stratégies globales de communication visant à contrer la désinformation croissante au sujet du rapprochement que l’OTAN a opéré sous le signe de la sécurité coopérative avec les pays de la région.

Les législateurs ont également dénoncé les dangers de la fragmentation géo-économique, arguant que les différends commerciaux pourraient voir s’opposer les Alliés, étant donné les débats actuels sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et l’utilisation des droits de douane.

Dans son avant-projet de rapport que la commission de l’économie et de la sécurité (ESC) a examiné, le parlementaire néerlandais Bart Kroon recommande aux pays de l’Alliance et à leurs partenaires de se garder de recourir à des guerres tarifaires.

Il prévient que de telles divisions « ne feront qu’offrir de nouvelles possibilités à des pays puissants comme la Chine, qui ne partagent pas les valeurs fondamentales de la démocratie et du libéralisme commercial ».

Il rappelle que la Chine et la Russie exercent déjà une influence considérable dans des secteurs clés et qu’elles « apport[ent déjà] la preuve de [leur] volonté de tirer parti de cette position à des fins politiques ».

M. Kroon préconise un renforcement de la coopération avec les pays partenaires et le secteur privé aux fins de réduire notre dépendance stratégique dans des domaines critiques comme l’énergie, la sécurité alimentaire et les technologies.

« Les Alliés devraient s’efforcer de promouvoir une plus grande ouverture les uns vis-à-vis des autres afin de recueillir des gains économiques des activités d’échange et d’investissement, de renforcer la solidarité, de promouvoir l’interopérabilité, de coopérer dans le domaine du développement technologique et de l’élaboration commune des politiques », ajoute-t-il.

Dans son avant-projet de rapport, M. Kroon insiste sur la nécessité de rechercher l’équilibre entre sécurité et ouverture économique, de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et de défendre la mise en place de normes communes pour éviter une fragmentation, laquelle ne pourrait être que préjudiciable.

Enfin, la commission sur la démocratie et la sécurité (CDS) a examiné l’avant-projet de rapport spécial de la parlementaire turque Süreyya Önes Derici sur le programme « Femmes, paix et sécurité » (FPS), les Nations unies devant fêter cette année le 25e anniversaire de l’adoption, par le Conseil de sécurité, de la résolution 1325.

À l’heure où certains pays membres revoient leurs priorités et révisent leurs budgets, la parlementaire a appelé les Alliés à continuer d’appuyer politiquement et financièrement le programme FPS.

L’avant-projet de rapport souligne que ce programme FPS contribue aux priorités de sécurité nationale des Alliés et permet à l’OTAN de poursuivre ses tâches essentielles. « S’agissant de la dissuasion et de la défense, le programme FPS peut aider à dégager un avantage stratégique sur des adversaires potentiels », ajoute Mme Önes Derici.

« Le programme FPS permet aux Alliés de tirer pleinement parti du potentiel de leurs citoyens, hommes et femmes pareillement, et de renforcer ainsi la légitimité et l’efficacité de leurs institutions politiques ainsi que la capacité opérationnelle et la résilience de leurs forces armées. » 

L’Assemblée parlementaire, quoiqu’institutionnellement distincte de l’OTAN, constitue un lien essentiel entre cette dernière et les parlements des pays membres de l’Alliance. Elle assure une plus grande transparence des politiques de l’Organisation et permet aux législateurs et aux citoyens des pays membres de mieux comprendre ses objectifs et ses missions. En 2025, l’Assemblée célèbre 70 ans de diplomatie parlementaire

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