L’accord d’association UE/Israël en ligne de mire

En ligne de mire, l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, qui va être réexaminé ainsi que l’application de sanctions. « Nous devons durcir notre position parce que c’est aujourd’hui une nécessité, mais j’ai encore l’espoir que le gouvernement d’Israël infléchira la sienne et que nous aurons enfin une réponse humanitaire », a-t-il ajouté.

Dans l’enclave palestinienne, la situation humanitaire reste désastreuse même si les livraisons d’aide ont partiellement repris dans le territoire après un blocus de deux mois et demi imposé par Israël, dans le but affiché de prendre le contrôle de la totalité de la bande de Gaza, d’anéantir le Hamas et de libérer les derniers otages enlevés lors de l’attaque du 7-Octobre.

Si les Occidentaux « abandonnent Gaza » et « laissent faire Israël », ils risquent de « perdre toute crédibilité à l’égard du reste du monde », a ensuite mis en garde Emmanuel Macron dans un discours devant le forum sur la défense Shangri-La Dialogue à Singapour.

«La reconnaissance d’un État palestinien n’est pas simplement un devoir moral, mais une exigence politique.»

Le ministère des Affaires étrangères a accusé vendredi le Président français d’être « en croisade contre l’État juif ». « Au lieu de faire pression sur les terroristes jihadistes, Macron veut les récompenser en leur donnant un État palestinien. Il ne fait aucun doute que sa fête nationale sera le 7 octobre », a-t-il ajouté en référence au 7-octobre 2023, jour de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Macron a estimé vendredi que la reconnaissance d’un État palestinien n’était « pas simplement un devoir moral, mais une exigence politique ». Le chef de l’État français n’a pas dit clairement s’il reconnaîtrait un État palestinien à l’occasion d’une conférence internationale sur la solution dite à deux États, israélien et palestinien, à l’ONU, à New York, coprésidée par la France et l’Arabie saoudite et à laquelle il participera le 18 juin.

État Palestinien: quelles conditions à la reconnaissance?

Il a toutefois énuméré des conditions à une telle reconnaissance : « libération des otages » détenus par le Hamas, « démilitarisation » du mouvement islamiste palestinien, sa « non-participation » à la gouvernance de cet État, une « réforme de l’Autorité palestinienne », la reconnaissance, par le futur État, d’Israël et de « son droit à vivre en sécurité », et la « création d’une architecture de sécurité dans toute la région ».

«Le papier sera jeté à la poubelle de l’histoire et l’État d’Israël prospérera et fleurira.»

Pour Israël, il n’est pas question de laisser advenir un État palestinien en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 et où il compte « construire l’État juif ». Marquant sa défiance, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, s’est rendu à l’avant-poste de colonisation de Sa-Nur, dans le nord de la Cisjordanie, au lendemain de l’annonce par le gouvernement israélien d’un projet majeur d’expansion de la colonisation juive en Cisjordanie.

«C’est […] un message clair à Macron et à ses amis : ils reconnaîtront un État palestinien sur le papier, et nous construirons ici l’État juif israélien sur le terrain », a-t-il lancé : « Le papier sera jeté à la poubelle de l’histoire et l’État d’Israël prospérera et fleurira ».

Le Hamas sommé de choisir: la proposition US ou «être anéanti»
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a sommé vendredi le Hamas d’accepter la proposition américaine d’accord de trêve dans la bande de Gaza et de libération des otages ou alors d’« être anéanti », en référence à la proposition de trêve de l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, au sujet de laquelle le mouvement islamiste palestinien a émis des réserves. Un accord pour un cessez-le-feu à Gaza est “tout proche”, a affirmé de son côté Donald Trump.