Une pluie d’or ruisselle sur les PDG du CAC 40

14 comments
  1. **Une pluie d’or ruisselle sur les PDG du CAC 40**

    **Malgré la crise, les années Macron ont été très fastes pour les grands patrons français. C’est ce que révèlent les bilans des groupes du CAC 40 pour 2021. Rémunérations fixes, variables, actions de performance, indemnités multiples : notre enquête révèle les pactoles indécents qui ont été distribués, avec la bénédiction du pouvoir.**

    Les uns après les autres, les plus grands groupes industriels et financiers français, ceux qui sont cotés au CAC 40, ont publié ces derniers jours leur « document universel d’enregistrement », qui présente leurs résultats financiers pour l’année 2021, et les rares qui ne l’ont pas encore fait vont s’acquitter de cette obligation réglementaire d’ici peu. On dispose donc dès à présent d’innombrables données toutes fraîches sur les évolutions les plus récentes du capitalisme français, et tout particulièrement sur les rémunérations stupéfiantes qu’il accorde aux grands patrons qui le servent.

    Le dépouillement de ces rémunérations, auquel Mediapart a procédé, est doublement instructif. D’abord, il vient confirmer que si la grande majorité des Françaises et des Français a payé un très lourd tribut à la crise sanitaire et économique de ces dernières années – et maintenant à l’onde de choc de la guerre en Ukraine –, les cercles dominants de la vie des affaires sont parfaitement insensibles à cette conjoncture déprimée et accumulent des fortunes.

    Et puis, cette photographie est aussi celle d’un quinquennat qui s’achève. Elle dit beaucoup de ce qu’ont été les années Macron. Car si ces rémunérations exorbitantes ont commencé à défrayer la chronique dans le courant des années 1990-2000, quand le capitalisme français a cherché à mimer l’anglo-saxon, les années Macron ont été particulièrement fastes pour les milieux d’affaires ; et le gouvernement a fortement appuyé ces évolutions, au lieu d’essayer de les freiner.

    C’est sans doute le trait d’union majeur entre Emmanuel Macron et ces milieux d’affaires qu’il connaît si bien : même quand les temps dangereux qui se profilent justifieraient un peu moins de morgue, le pouvoir politique comme les pouvoirs financiers s’en montrent incapables et profitent de leur toute-puissance jusqu’à l’ultime limite.

    S’il est donc encore un peu tôt pour dresser un bilan 2021 définitif, on peut, grâce à ces « documents universels d’enregistrement », faire au moins une première promenade dans les allées obscures de ce capitalisme si accommodant envers les plus grandes fortunes. Une promenade qui réserve des surprises à couper le souffle, à cause des montants des rémunérations ; à cause aussi des acteurs que l’on croise, dont beaucoup font partie de la petite oligarchie issue de Bercy, celle-là même dont Emmanuel Macron est le champion.

  2. C’est bientôt fini ! /s

    Le programme de Macron 2022 indique:

    > Faire dépendre obligatoirement
    la rémunération des dirigeants
    des grandes entreprises du respect
    des objectifs environnementaux
    et sociaux de l’entreprise.

  3. C’est reparti pour cinq ans répétez après moi !
    “Actionnaires ! Dividendes ! CAC 40 !”

    C’est leur seuls mots de vocabulaire mais par contre quand on en parle ça fait les sourdes oreilles, en attendant on a des millions de français qui se sont résignés à se chauffer.

  4. Mais vraiment je ne comprend pas pourquoi les gens détestent Macron… Non vraiment. Je suis abasourdi. Le questionnement m’assaille de toute part.

  5. Aja que le gouvernement décide des rémunérations des patrons du CAC40. Non mais franchement, Mediapart ont beaucoup de bons papiers mais là on voit clairement qu’il ne maîtrise pas grand chose à ce sujet.

    Tout d’abord, le marché pour des dirigeants de groupes comme ceux mentionnés dans l’article est mondial, bien qu’en France les rémunérations soient souvent en deçà des niveaux qu’on peut trouver à l’étranger, il faut bien s’aligner un minimum pour recruter des profils de ce niveau. Ensuite, c’est une bonne pratique que d’avoir une grosse part de variable et surtout une grosse partie versée sous forme d’actions/mandats/options tout simplement parce que ça permet d’aligner les intérêts des dirigeants avec ceux des actionnaires. Si une société du CAC40 veut attirer des investisseurs étrangers, il faut qu’elle ait des dirigeants de la même envergure que les concurrents (et donc une rémunération cash comparable), et que son DG ait un peu de « skin in the game ».

    Alors la baisse de rémunération « en trompe l’oeil » de 2020, c’est évidemment du d’une part à l’incertitude posée par le covid et l’année difficile sur le marché actions tandis que le rebond de 2021 reflète simplement celui du Cac40 qui a fait une année exceptionnelle.

    Bref, beaucoup de méconnaissance de ces milieux et un peu de mauvaise foi. Et même si ça fait sourciller, 1m€ de fixe pour diriger un groupe de cette taille, c’est bas par rapport au reste du monde. Et puis les actionnaires peuvent voter sur la rémunération des dirigeants, s’ils pensaient que cet argent n’est pas alloué de manière efficace ils voteraient non ou investiraient ailleurs. L’outrage porn avec en sous-titre « regardez Macron a augmenté les salaires des ultra-riches », on est plus dans l’objectif .

  6. La France en 2017: 3 partis de droite (au sens large) en tête après le premier tour.

    La France en 2022: pourquoi l’économie est libérale?!

  7. Si je comprends bien le TLDR c’est “le pays va mal mais les gros actionnaires vont bien” ?

    Si oui, c’est pas uniquement français ça. On a remarqué que la bourse mondiale a complètement skyrocket pendant les années Covid, non? Pas étonnant que le CAC40 soit lui-aussi affecté du coup.

    Ca montre plutôt le désaccord profond entre les cours des actions et l’économie réelle

  8. Le ruissellement limité aux ultra riches. Cela porte un nom. Ce phénomène connu depuis plusieurs siècles s’appelle l’Effet Cantillon.

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