Sollicité par Yannick Bru, manager de l’Union Bordeaux-Bègles, dès le stage d’avant-saison dans les Pyrénées, le spécialiste a été clair : « Je veux comprendre où on a merdé », lui a lancé Bru, selon un article publié par Ici Bordeaux.

« Yannick (Bru, ndlr) a eu l’audace de me confier le cerveau de ses leaders », dit Eric Blondeau.

Une approche directe, incisive, mais bienveillante, assure Blondeau : « Mon intervention a fait grincer des dents, elle a secoué, elle a pris les égos à contre-pied. Mais c’était nécessaire. » Selon lui, l’UBB, encore jeune en termes de maturité comportementale, avait besoin d’un déclic pour grandir.

Voici le portrait que nous lui avions consacré, le 4 mai 2023 sous la plume d’Armel Le Ny, lorsque l’ancien joueur du SCA avait accepté d’être le parrain des Etoiles de l’Economie, organisées par Charente Libre.

“L’anecdote racontée par Yannick Bestaven, sur la ligne d’arrivée du dernier Vendée Globe qu’il venait à peine de franchir en vainqueur, résume à elle toute seule l’influence qu’Eric Blondeau peut avoir sur ses « clients ». Pendant sa préparation, le marin avait dû choisir, pour des raisons budgétaires, entre un jeu de voiles neuves ou l’assistance de ce préparateur mental. « Eric m’a appris à faire face à moi-même, à savoir déléguer les tâches et à gérer une équipe pour préparer un challenge en solitaire. Évidemment, il a été un atout majeur dans ma victoire », témoigne le champion aventurier dans le dernier livre de son coach (1).

C’est vous dire si on est fier à Charente Libre qu’Eric Blondeau ait accepté spontanément d’être le parrain de notre soirée des Etoiles de l’économie 2022, le 1er juin prochain à 19h à l’Espace Carat. Beaucoup par tropisme charentais. Sa famille est d’Angoulême, où il a passé une partie de son enfance. Et il a porté les couleurs du SCA, à la grande époque des Colclough, Barry, Vilquin, Ocard, etc. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire du rugby, après des études avortées, qu’il a réussi sa première vie professionnelle, franchissant tous les échelons hiérarchiques chez Rémy-Cointreau, en Asie et en Australie, avant de revenir à Cognac, à la tête d’une filiale du groupe, la tonnellerie Seguin-Moreau. Puis de fonder sa propre entreprise. Avant de partir, après le décès de son épouse, sur la voie encore quasi inexplorée de coach mental. « J’ai écrit un modèle sur la prise de décision à forts enjeux. Je voulais aller là où personne n’était allé », résume ce précurseur, qui fut aussi un pionnier de la professionnalisation du rugby, aux côtés du mythique entraîneur australien Bob Dywer et du magnat de la presse Kerry Packer. Quelques-unes des rencontres incroyables qui ont guidé sa vie.

Sportifs, diplomates, chefs d’entreprise

« Mon métier, c’est d’aider les gens à concrétiser leurs rêves », résume Eric Blondeau. Souvent, ça marche. Après avoir buté dix fois en finale, c’est avec lui que les rugbymen de Clermont ont fini par décrocher le bouclier de Brennus. Aujourd’hui, c’est la jeune astronaute Sophie Adenot qu’il accompagne vers les étoiles. « Être épaulé par Éric, c’est un bonheur. C’est aussi la garantie de plusieurs grands moments où se mêlent surprise, étonnement, déboussolement, car il met des mots sur des mécanismes de fonctionnement interne qui peuvent limiter notre potentiel. Ensuite, on construit littéralement autour… et, littéralement, la performance s’envole », s’enthousiasme celle qui marche sur les traces de Thomas Pesquet. Car le coach ne prépare pas que des sportifs, loin de là. Officier de réserve du GIGN, il forme les diplomates et les troupes d’élite la négociation en milieu très hostiles, pour le Ministère Français des Affaires Etrangères ou pour la police de Hong Kong, par exemple.

L’autre spécialité d’Eric Blondeau, celle qui intéressera d’abord son auditoire lors de notre soirée des Etoiles de l’économie, ce sont les chefs d’entreprise. Et pas n’importe lesquels : les dirigeants du groupe Danone, de l’Oreal, d’UBS, d’Yves Rocher, des fromageries Bel ou de la banque de Monaco. Qu’est-ce que les big boss des plus grandes boîtes, qui sont passés par les plus grandes écoles et qui ont déjà beaucoup réussi, vont chercher auprès de ce « spécialiste de la mécanique comportementale » ? « On ne leur a jamais enseigné l’art et la science du questionnement, répond Eric Blondeau. Aujourd’hui, le pilotage ne se fait plus du haut vers le bas. Le rapport à l’autorité s’est inversé. On ne peut plus motiver, en jouant sur l’amour de sa boîte, de son club ou de son pays », insiste-t-il, à des années-lumière de la méthode Camozzi, son entraîneur au SCA, quand les piliers se chauffaient à coups de tronches dans les murs des vestiaires. « On peut en revanche influencer ».

C’est le terrain de la négociation. Tout le temps. Avec son patron, ses employés, son conjoint, ses enfants, son banquier ou son inspecteur des impôts. Avec ses freins : l’ego, la peur. Et ses leviers indispensables, qu’Eric Blondeau compte au nombre de six : « L’authenticité, la loyauté, la compétence, la disponibilité, la cohérence et l’ouverture au changement ». Pour aboutir sur la confiance et le courage. Et un outil indispensable pour piloter les négociations complexes : l’art du questionnement. Sans garantie néanmoins, pas plus que pour une mayonnaise réussie, avec laquelle ce cuisinier de cerveau aime faire l’analogie : « Quelle que soit la précision du dosage des ingrédients, il est possible que la mayonnaise de la relation avec l’Autre ne prenne pas » prévient-il dans son livre. A l’Espace Carat le 1er juin, on est prêt à parier qu’elle prendra. Et qu’on va se régaler.

(1) Qu’oseriez-vous négocier si vous n’aviez pas peur ? Editions Plon. Eric Blondeau dédicacera son ouvrage à l’issue de la cérémonie.