Olivier Faure, lors du 2ᵉ congrès national des Jeunes socialistes à Nancy, 18 mai 2025. Olivier Faure, lors du 2ᵉ congrès national des Jeunes socialistes à Nancy, 18 mai 2025. ALEXANDRE MARCHI/PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Le Parti socialiste (PS) a affirmé, vendredi 6 juin à l’aube, qu’Olivier Faure avait remporté le duel qui l’opposait à Nicolas Mayer-Rossignol, pour décrocher un quatrième mandat comme premier secrétaire du parti. Bien que les résultats de certaines fédérations soient encore attendus, ils ne pourront plus inverser le résultat du scrutin, a fait savoir le PS qui crédite M. Faure de 50, 9 % des voix, contre 49,1 % pour le maire de Rouen.

« Jeudi 5 juin, à l’issue d’un scrutin serré, Olivier Faure a été réélu premier secrétaire du Parti socialiste », annonce un communiqué du PS. Une commission de récolement, destinée à valider les résultats, a commencé dans la nuit entre des membres des différents camps. Des chiffres définitifs sont attendus dans la journée de vendredi. Les résultats définitifs seront ratifiés lors du congrès prévu à Nancy (Meurthe-et-Moselle) du 13 au 15 juin.

« Merci aux militantes et militants qui me renouvellent, ce soir, leur confiance, a affirmé le premier secrétaire sur X. Dès demain, nous poursuivrons le travail commencé en 2018 pour amplifier la dynamique, avec un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche. »

Dans la nuit, l’entourage d’Olivier Faure avait évoqué un score d’environ 52 % à son avantage, avec un écart de près de 500 voix, non rattrapables selon eux. En face, les proches de Nicolas Mayer-Rossignol avaient récusé ces affirmations, estimant qu’il était encore trop tôt pour désigner un vainqueur.

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Soutien de Boris Vallaud à Olivier Faure

De 17 heures à 22 heures, jeudi, les quelque 40 000 adhérents du PS étaient appelés à trancher pour élire le numéro un de la formation de gauche entre Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol, comme en 2023.

Le député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, est arrivé en tête du premier tour (42,21 %) devant le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol (40,38 %). Au premier tour, 24 701 militants avaient voté. Le premier secrétaire sortant est partisan d’une large union de la gauche non-mélenchoniste pour la présidentielle de 2027, du dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann au député de la Somme François Ruffin, en vue d’une candidature commune.

Boris Vallaud – arrivé troisième du premier tour avec 17,41 % des voix –, en phase avec cette ligne stratégique, avait dit dans un entretien au Monde qu’il voterait pour lui à titre personnel mais n’a pas donné de consigne de vote à ses troupes. Et il a prévenu que son choix n’était « ni un chèque en blanc ni une ardoise magique » pour celui qui tient les rênes du parti depuis 2018, à qui il reproche un manque de travail interne et la division du parti.

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Le député des Landes dit avoir obtenu « des engagements fermes » du premier secrétaire pour remettre le parti au travail, instaurer une gouvernance élargie et reprendre plusieurs de ses propositions, comme la création d’un institut de formation.

Gestion « clanique »

« Boris Vallaud disait qu’il voulait le changement, et il choisit Faure. Où est la cohérence ? », s’est interrogé un opposant au premier secrétaire. Nicolas Mayer-Rossignol prône pour 2027 « un grand parti socialiste » réunissant les socialistes et ceux qui gravitent autour, comme Raphaël Glucksmann – aussi – ou Bernard Cazeneuve.

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Il a rassemblé autour de lui une coalition d’anti-Faure – il récuse ce terme –, de la maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, à la présidente d’Occitanie, Carole Delga, en passant par le député de l’Eure Philippe Brun et le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane.

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Tous accusent Olivier Faure d’une gestion « clanique » du parti, et d’« ambiguïté » vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et des « insoumis », même si le premier secrétaire sortant s’est détaché depuis plusieurs mois de celui avec qui il avait fait alliance en 2022 au sein de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) puis en 2024 avec le Nouveau Front populaire (NFP).

« Je n’ai aucun regret sur ce que nous avons fait », a répondu Olivier Faure, soulignant que, lorsque que le NFP est arrivé en tête des législatives anticipées en 2024, « Nicolas Mayer-Rossignol ne le considérait pas comme une ineptie ».

Le maire de Rouen lui reproche aussi de se servir du congrès comme d’un tremplin pour la présidentielle. « Ce congrès n’a pas vocation à désigner un candidat pour 2027 », a répondu Olivier Faure. Il y a deux ans, le congrès à Marseille avait fracturé le parti à la rose sur fond d’accusations de fraude lors du vote entre les deux mêmes candidats.

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Le Monde avec AFP

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