À l’image de la société, la consommation de cocaïne dans le rugby, pro comme amateur, s’est banalisée. Un recours qui peut s’expliquer par un besoin de décompresser mais aussi d’absorber les chocs et la rudesse de ce sport.
« Personne ne se cache », dit un joueur pro. Il assure en avoir vu, des coéquipiers, quitter la piste de danse pour les toilettes de la boîte de nuit du coin ou la salle de bains de l’appartement. « La cocaïne est devenue banale », prétend l’un de ses confrères. « Quand j’ai commencé, certains fumaient leur petit bédo de cannabis, poursuit-il. Ça a été remplacé par la cocaïne. » Une pratique banale, ou plutôt commune dans le rugby d’aujourd’hui ? « Réveillez-vous, ça fait un moment qu’elle circule, depuis que le rugby est devenu professionnel… » Bernard Dusfour, ancien président de la commission médicale de la Ligue nationale de rugby (LNR), a le ton badin lorsqu’il évoque cette drogue dure.
Vingt ans que « la coke » fait partie du paysage, à l’écouter. Le contrôle positif à la cocaïne, le 27 février, de la star australienne du rugby à XIII James Maloney, ancien des Dragons Catalans, aujourd’hui sous le maillot de Lézignan (le demi d’ouverture a été suspendu provisoirement et mis à pied à titre conservatoire par son club dans l’attente de la fin de la procédure engagée par l’AFLD) est l’exemple le plus récent : « Oui, ça circule », confie un ancien international, fraîchement retraité.
Il a arrêté, lui, de consommer, et donc de contacter ses fournisseurs, ceux de monsieur et madame Tout-le-Monde. « En soirée, à la cité… », explique-t-on ici et là. « Quand on sort, vraiment, ce n’est pas très compliqué », lance un autre pro. Plus facile en tout cas que d’en parler. Discuter cocaïne avec les joueurs revient à raviver le souvenir de plusieurs anciens : l’ex-pilier international français Pieter de Villiers, positif en 2002 après un contrôle inopiné, frappé ensuite de nullité pour vice de forme ; ou les stars néo-zélandaise Ali Williams (77 sélections) et australienne James O’Connor (59 sélections), arrêtées en possession de cocaïne en février 2017 à proximité d’une boîte de nuit de l’ouest parisien.
Convoqué devant le tribunal pour « achat de stupéfiants », le premier avait été condamné à une amende de 1 500 euros puis licencié par son club, le Racing 92. Lors de sa comparution, il avait plaidé coupable. Le Toulonnais James O’Connor s’était, lui, vu notifier une amende pour « usage » dans le cadre d’une ordonnance pénale. « J’ai vraiment l’impression, et ça n’engage que moi, que dans beaucoup de clubs, la cocaïne s’est un peu invitée dans le milieu festif », racontait alors Mourad Boudjellal, l’ex-président du RC Toulon.
« Des joueurs du Top 14, actuellement en activité, en tapent »
Un joueur pro toujours en activité
C’est aussi s’ouvrir à quelques rumeurs que de questionner la cocaïne auprès des rugbymen actuels. Un ancien champion de France, dont le palmarès commence à dater, est cité. Il le reconnaît d’emblée : il a franchi la ligne blanche. « J’en ai pris de la coke, et alors ? Je n’ai rien à cacher. Ça n’a rien d’exceptionnel. Tout le monde en consomme dans le milieu. Des joueurs du Top 14, actuellement en activité, en tapent », assure-t-il. Et de poursuivre, tantôt agressif, tantôt rigolard : « Comme par hasard, c’est à moi que vous posez ces questions… » Le propos est décousu, l’entretien, très tendu : il se terminera d’ailleurs par un « va te faire foutre ! » L’interview est entrecoupée de rires sardoniques, d’insultes et de moqueries. Mais aussi d’un début d’explication.
> Comment la cocaïne gangrène le monde ~~du rugby~~
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Comment la cocaïne gangrène le monde du rugby
À l’image de la société, la consommation de cocaïne dans le rugby, pro comme amateur, s’est banalisée. Un recours qui peut s’expliquer par un besoin de décompresser mais aussi d’absorber les chocs et la rudesse de ce sport.
« Personne ne se cache », dit un joueur pro. Il assure en avoir vu, des coéquipiers, quitter la piste de danse pour les toilettes de la boîte de nuit du coin ou la salle de bains de l’appartement. « La cocaïne est devenue banale », prétend l’un de ses confrères. « Quand j’ai commencé, certains fumaient leur petit bédo de cannabis, poursuit-il. Ça a été remplacé par la cocaïne. » Une pratique banale, ou plutôt commune dans le rugby d’aujourd’hui ? « Réveillez-vous, ça fait un moment qu’elle circule, depuis que le rugby est devenu professionnel… » Bernard Dusfour, ancien président de la commission médicale de la Ligue nationale de rugby (LNR), a le ton badin lorsqu’il évoque cette drogue dure.
Vingt ans que « la coke » fait partie du paysage, à l’écouter. Le contrôle positif à la cocaïne, le 27 février, de la star australienne du rugby à XIII James Maloney, ancien des Dragons Catalans, aujourd’hui sous le maillot de Lézignan (le demi d’ouverture a été suspendu provisoirement et mis à pied à titre conservatoire par son club dans l’attente de la fin de la procédure engagée par l’AFLD) est l’exemple le plus récent : « Oui, ça circule », confie un ancien international, fraîchement retraité.
Il a arrêté, lui, de consommer, et donc de contacter ses fournisseurs, ceux de monsieur et madame Tout-le-Monde. « En soirée, à la cité… », explique-t-on ici et là. « Quand on sort, vraiment, ce n’est pas très compliqué », lance un autre pro. Plus facile en tout cas que d’en parler. Discuter cocaïne avec les joueurs revient à raviver le souvenir de plusieurs anciens : l’ex-pilier international français Pieter de Villiers, positif en 2002 après un contrôle inopiné, frappé ensuite de nullité pour vice de forme ; ou les stars néo-zélandaise Ali Williams (77 sélections) et australienne James O’Connor (59 sélections), arrêtées en possession de cocaïne en février 2017 à proximité d’une boîte de nuit de l’ouest parisien.
Convoqué devant le tribunal pour « achat de stupéfiants », le premier avait été condamné à une amende de 1 500 euros puis licencié par son club, le Racing 92. Lors de sa comparution, il avait plaidé coupable. Le Toulonnais James O’Connor s’était, lui, vu notifier une amende pour « usage » dans le cadre d’une ordonnance pénale. « J’ai vraiment l’impression, et ça n’engage que moi, que dans beaucoup de clubs, la cocaïne s’est un peu invitée dans le milieu festif », racontait alors Mourad Boudjellal, l’ex-président du RC Toulon.
« Des joueurs du Top 14, actuellement en activité, en tapent »
Un joueur pro toujours en activité
C’est aussi s’ouvrir à quelques rumeurs que de questionner la cocaïne auprès des rugbymen actuels. Un ancien champion de France, dont le palmarès commence à dater, est cité. Il le reconnaît d’emblée : il a franchi la ligne blanche. « J’en ai pris de la coke, et alors ? Je n’ai rien à cacher. Ça n’a rien d’exceptionnel. Tout le monde en consomme dans le milieu. Des joueurs du Top 14, actuellement en activité, en tapent », assure-t-il. Et de poursuivre, tantôt agressif, tantôt rigolard : « Comme par hasard, c’est à moi que vous posez ces questions… » Le propos est décousu, l’entretien, très tendu : il se terminera d’ailleurs par un « va te faire foutre ! » L’interview est entrecoupée de rires sardoniques, d’insultes et de moqueries. Mais aussi d’un début d’explication.
> Comment la cocaïne gangrène le monde ~~du rugby~~
cçpt